Les pieds solidement ancrés dans la pelouse. Les yeux rivés sur le brazuca. Un, deux, trois, quatre pas en arrière. 60 000 personnes à l’affût du moindre geste dans le stade et des millions devant leur poste de télévision. Un pays entier priant pour que l’histoire ait enfin une fin heureuse. C’est parti pour la course d’élan... Le temps s’arrête pendant une fraction de seconde et le cri monte dans les gorges. Buuuuuuuuuuuuuuut ! Un but qui envoie tout un peuple au paradis.

C’est ainsi que Georgios Samaras a vécu les derniers instants de Grèce - Côte d’Ivoire. Son penalty, tiré avec assurance à la gauche du gardien, a propulsé les Hellènes au deuxième tour d’une Coupe du Monde de la FIFA™ pour la première fois de leur histoire. La pression, pour l'attaquant du Celtic, cela relevait de la routine. "Ce que j’ai senti au moment d’y aller ? Rien, absolument rien. J’ai pris le ballon, je l’ai posé sur le point de penalty. Il n’y avait plus que moi et le gardien", raconte le héros au micro de FIFA.com. "Faire le vide, se concentrer et tenter de l’envoyer au fond des filets. Je l’ai déjà fait des milliers de fois à l’entraînement, parfois même en match. Qu’il y ait une seule personne à la fin d’un entraînement ou des milliers dans un stade, ça ne change rien".

Cela pourrait être difficile à croire si l’homme ne dégageait pas une telle sérénité, une telle assurance. L'attaquant confie également qu'il savait parfaitement ce qu'il allait faire dès le coup de sifflet de l’arbitre. "Avant même de prendre mon élan, je savais où j’allais la mettre. C’était très clair dans mon esprit. Donc je n’avais plus qu’à concrétiser mon intention", précise-t-il.

Quel aplomb ! Non seulement le sien, mais également celui de tous ses coéquipiers, qui ont continué de se battre alors que tout le monde les croyait éliminés. "Nous n’avons jamais perdu espoir et nous nous sommes battus jusqu’à la dernière seconde. Nous connaissons tous des histoires de matches qui ont basculé sur la dernière action", assure Samaras. "Cela arrive aussi pour de gros matches où il y a encore deux buts d’écart. C’est pourquoi il faut toujours continuer de se battre jusqu’au coup de sifflet final", estime le buteur grec.

Changement d’approche
Il s’agit du résultat le plus important du football grec depuis l’incroyable exploit réussi à l’UEFA EURO 2004. Depuis, l’équipe hellénique traîne une réputation d’équipe ultra-défensive. Selon Samaras, la version 2014 est déterminée à faire évoluer cela. "Lors de cette Coupe du Monde, nous n’avons pas été défensifs", martèle le joueur du Celtic Glasgow. "Nous avons perdu 3:0 lors du premier match, mais nous avons essayé d’attaquer. Face au Japon, nous n’avons pas eu d’autre choix parce nous avons été réduits à 10, mais même dans ces conditions, nous avons essayé d’exploiter les occasions de contre", ajoute l'attaquant. "Aujourd’hui, nous avons contrôlé le match. Notre défense a bien joué et nous avons réussi à marquer dans les moments importants. À vrai dire, à 1:0 nous aurions dû tuer le match, mais nous avons trouvé les poteaux à trois reprises."

L'adversaire suivant est le Costa Rica, une équipe que la Grèce n’a jamais affrontée mais que ses joueurs ont pu découvrir au fil des derniers jours. Samaras prouve qu’au-delà de sa volonté inébranlable, il sait aussi prendre du recul et rire de tout, en particulier de sa ressemblance physique avec la star des Ticos Bryan Ruiz ! "Moi j’ai de la barbe et pas lui ! Il ne va pas avoir le temps de la faire pousser, donc on ne va pas nous confondre !", rigole-t-il. "C’est un super joueur qui réussit une belle carrière aux Pays-Bas. Nous allons les prendre très au sérieux." Et nous battre jusqu'au coup de sifflet final, serait-on tenté d'ajouter...