Wesley Sneijder s'était imposé comme le grand artisan du formidable parcours des Pays-Bas en Afrique du Sud. Ses performances inspirées lui avaient valu de remporter le Ballon d'Argent adidas. Depuis quatre ans, le milieu de terrain de Galatasaray est obsédé par l'idée de franchir l'ultime palier, celui qui permettrait aux Oranje de remiser leur costume d'éternels seconds pour devenir champions du monde. Pourtant, le meneur de jeu a bien failli passer à côté de la chance de sa vie.

Ses rapports difficiles avec Louis van Gaal ont plombé sa carrière internationale ces deux dernières années, au point qu'il se demandait même s'il serait du voyage au Brésil. Dès son arrivée aux commandes, le nouveau sélectionneur s'est empressé de lui retirer le brassard de capitaine, critiquant au passage sa condition physique et son état de forme général. "J'ai l'impression qu'il n'est plus dans le coup", avait justifié Van Gaal.

Aujourd'hui, Sneijder a reconquis ses galons de titulaire, au point de redevenir un rouage essentiel de la machine oranje qui a tout renversé sur son passage depuis le début du tournoi. Réconcilié avec Van Gaal, l'ancien joueur de l'Inter Milan a récemment honoré sa 100ème sélection. Sous son impulsion, les Pays-Bas se sont brillamment sortis de l'un des groupes les plus relevés de la compétition. Interrogé par la FIFA, Sneijder ne fait pas mystère des ambitions de son équipe.

Wesley Sneijder, les Pays-Bas ont gagné leurs trois premiers matches. Dans quel état d'esprit abordez-vous les huitièmes de finale ?
Quand on gagne, le moral est toujours au beau fixe. Nous étions dans un groupe très difficile et avant le tournoi, beaucoup de gens disaient que nous ne passerions pas le premier tour. Mais nous avons toujours cru en nous-mêmes et juste avant la Coupe du Monde nous avons essayé un nouveau système. Depuis, nous avons pris confiance. Sortir premier d'un groupe avec l'Espagne, le Chili et l'Australie avec trois victoires et dix buts inscrits, ça veut dire quelque chose. Personne ne nous pensait capables d'un tel exploit mais nous, nous y avons cru depuis le premier jour. Quand on participe à une compétition, il faut toujours avoir l'ambition d'aller au bout. C'est ce que nous avons fait. Tout le monde a pu voir la motivation qui nous animait sur le terrain. Ça en dit long sur cette équipe.  

Votre remarque vaut-elle également pour Louis van Gaal ?
Évidemment. Le sélectionneur est responsable de l'équipe. C'est lui qui définit notre style de jeu. Certains n'étaient pas habitués à ce nouveau système. Nous avons dû endosser des rôles que nous ne connaissions pas. Il a donc fallu travailler. Nous avons étudié ce système à l'entraînement et nous l'avons appliqué pendant les matches amicaux. Quand on concède si peu d'occasions contre l'Espagne, le Chili et l'Australie, ça prouve qu'on a la bonne méthode. C'est un succès pour le sélectionneur, car il est à l'origine de cette évolution. Mais c'est aussi un exploit à mettre au crédit des joueurs, car ils sont responsables de l'application de ce système. Chacun sait ce qu'il a à faire. Nous savons donc qu'en contre-attaque, nous sommes particulièrement dangereux.

Vous semblez également capables de vous adapter au cours du match, en modifiant votre schéma de jeu. Les remplaçants contribuent-ils également à votre succès ?
Oui, c'est important. En Coupe du Monde, il faut pouvoir compter sur tout le monde. C'est un cliché, mais personne ne peut gagner une compétition de ce niveau avec 11 joueurs. C'est impossible. Ceux qui débutent sur le banc doivent donc être prêts à participer. À chaque fois que nos remplaçants sont entrés en jeu, ils ont réussi un grand match. Ils s'entraînent dur et ils sont très optimistes. C'est important pour le groupe.  

Grâce à votre première place, vous bénéficiez d'un jour de repos supplémentaire. Cela peut-il faire la différence ?
Chaque jour de repos compte. Nous sommes en fin de saison, tout le monde a beaucoup joué. Ces trois matches étaient très intenses. Nous avons joué sur un rythme très élevé. Cette journée supplémentaire va nous faire du bien, ça ne fait aucun doute. Nous l'avons utilisée au mieux, en nous vidant l'esprit. Maintenant, nous sommes tous totalement concentrés sur la préparation du match contre le Mexique.

Votre échec en finale d'Afrique du Sud 2010 a-t-il renforcé votre motivation ?
Quand je participe à une compétition, c'est toujours dans l'espoir de la gagner. Bien entendu, certaines sont plus faciles à remporter que d'autres. Il y a quatre ans, nous nous sommes retrouvés face à un vrai défi, mais le groupe était bon. Tout a fonctionné comme nous l'espérions. Puis nous sommes arrivés en finale et nous avons perdu. C'était l'un des moments les plus douloureux de ma carrière. Mais en football, on a toujours une chance de se rattraper. Quatre ans plus tard, nous sommes de retour. Qui dit que nous ne gagnerons pas cette année ? Je pense que nous avons une belle équipe, avec un excellent état d'esprit. Nous allons donc tout faire pour aller au bout.