Il y a fort à parier que le Brésil n’avait pas encore réussi à évacuer les séquelles du KO reçu quatre jours plus tôt au moment d’affronter le match pour la troisième place de la Coupe du Monde de la FIFA 2014, qui l’opposait à des Pays-Bas invaincus. Comme si cela ne suffisait pas, elle a reçu d’entrée de jeu un méchant uppercut, de ceux qui vous empêchent d’aborder le combat dans les meilleures conditions. Dès la troisième minute, Robin van Persie a envoyé au fond des filets un penalty sifflé après une faute de Thiago Silva sur Arjen Robben.

Mise d’emblée sur le reculoir devant son public de Brasília, la Seleçao s’est relevée tant bien que mal et a tenté de rendre des coups, mais elle a quitté l’épreuve sur une nouvelle déception. C’est comme si sa défaite avait commencé à Belo Horizonte, face à l’Allemagne, et s’était terminée aujourd’hui, 180 minutes plus tard…

Après avoir salué l’Estádio Nacional Mané Garrincha, qui avait accueilli le succès 4:1 sur le Cameroun, les Auriverdes ont tenté de trouver des réponses, de tirer des leçons, de rechercher un quelconque réconfort. L’explication commençait systématiquement par la défaite 7:1 de Belo Horizonte. Malgré les titularisations de Maxwell, Willian, Ramires et Jô, le groupe avait encore en tête cet incroyable score, le plus lourd jamais subi par cette Seleção quintuple championne du monde. Aujourd’hui, ce fardeau aura été trop lourd à porter.

"Toutes nos erreurs de la demi-finale nous ont complètement minés et, aujourd’hui, on n’était pas prêts. On avait réussi un très bon parcours, le groupe progressait match après match, le succès sur le Chili nous avait galvanisés et celui sur la Colombie nous avait confortés dans notre jeu. Mais d’un coup, cette panne totale nous a totalement anéantis. Le rêve a été brisé et il a été impossible de se relever", explique à la FIFA David Luiz, le capitaine de la demi-finale. "Aujourd’hui, on avait des ambitions mais on a pris un but dès les premières minutes. D’un coup, tous les mauvais souvenirs ont afflué… On a essayé de réagir, on a parfois dominé les Pays-Bas, mais le but n’est jamais venu", complète le nouveau joueur du Paris Saint-Germain.

Dix buts en deux matches
Titulaire pendant toute la campagne, Hulk a été lancé en seconde mi-temps face aux Pays-Bas et a quitté la pelouse la tête basse, incapable de percer les raisons profondes de ces deux défaites. "C’est inexplicable d’encaisser dix buts en deux matches !", dit-il, avant de lancer un message d’espoir aux supporters. "On est conscients de ce qui est arrivé, mais on est des êtres humains et on fait des erreurs. On va continuer à travailler. La Seleção va encore offrir de bons moments aux Brésiliens."

Paulinho cherche ses mots. Ses phrases sont entrecoupées de pauses. Titulaire au début de la Coupe du Monde, le milieu de terrain a perdu sa place au profit de Fernandinho. De retour dans le onze de départ, il ne parvient toujours pas expliquer ce qui est arrivé à son équipe. "C’est trop tôt, c’est très récent, mais c’est le football. C’est vrai qu’on voulait être champions du monde chez nous, mais le football en a décidé autrement", regrette-t-il en quittant la pelouse de Brasília. "C’est triste, c’est sûr. La défaite contre l’Allemagne va nous poursuivre pendant de nombreuses années, mais on ne doit pas se laisser abattre."

Autre titulaire à avoir perdu sa place pendant l’épreuve, Dani Alves propose une explication similaire. "On n’a pas su se relever. C’était un coup très dur. On n’avait pas envie de finir la Coupe du Monde de cette façon, mais il faut savoir accepter ce qui arrive et en tirer les leçons pour devenir plus forts", estime le latéral. "Globalement, il y a eu de bonnes choses et des choses un peu moins bonnes. Il faut parvenir à analyser ce qui n’a pas marché pour aborder la prochaine épreuve avec plus d’expérience et de maturité."

Pour une équipe habituée aux victoires et à l'or, il n’est jamais facile de quitter une Coupe du Monde avant l’heure. A fortiori devant un public, le sien, qui n’a pas hésité à la couvrir de huées en guise d’au revoir. Il ne sera pas facile d’effacer des mémoires cette désillusion face à l’Allemagne. Reste maintenant à la Seleção à faire le bilan, préparer des réponses et imaginer la manière de se construire un nouvel horizon.