Le discours était unanimement positif après la qualification de la Belgique pour les quarts de finale, au bout de la souffrance et de la prolongation contre les Etats-Unis. Au delà de la victoire, le football champagne proposé par les Diables Rouges et le feu d'artifice d'occasions a de quoi donner le sourire. S'ils ont décroché haut la main leur ticket pour les huitièmes avec trois victoires en trois matches dans le Groupe H, ils peuvent enfin confesser qu'ils n’étaient à l’aise avec leur jeu. "La manière n’y était vraiment pas. Nous étions trop tendus. Nous n’avons pas trouvé nos sensations faces aux blocs compacts que nous avons affrontés", avoue à FIFA.com Kevin Mirallas, auteur d’une entrée remarquée à l’heure de jeu contre les USA.

Ce mardi 1er juillet à Salvador, Divock Origi a donné le ton dès la première minute, à la conclusion d’une action collective. Tim Horward aussi, en remportant avec brio ce face-à-face, le premier d’une longue série. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 38 tirs dont 27 cadrés. Vincent Kompany n’en revient toujours pas. "Nous avons été impressionnants offensivement. Le gardien a bien retardé l’échéance", souligne pour la FIFA le défenseur et capitaine, qui sait que le visage offensif qu'a souvent affiché son équipe suscite des attentes et que de nombreux spectateurs sont restés sur leur faim lors des trois premières sorties. "Il faut deux équipes pour produire un match spectaculaire. Les Américains ont voulu jouer offensivement. On ne demandait que ça. Les deux équipes voulaient la même chose aujourd'hui."

Au bord des larmes
Kevin de Bruyne, également interrogé par la FIFA, renchérit : "Les Etats-Unis ont plus cherché à gagner qu’à éviter la défaite. Nous avons pu profiter des espaces." Celui qui a débloqué la situation en début prolongation (93') avoue qu'il s’est amusé, avec Eden Hazard en particulier. Leur complicité a enfin éclaté au grand jour brésilien. "Quel plaisir de pouvoir jouer sans avoir le frein à main", sourit-il. Du haut de son expérience, Daniel Van Buyten regrette tout de même le manque d’efficacité devant le but. "Nous aurions dû mettre fin au suspense tôt dans la partie", tempère pour la FIFA le défenseur qui a souffert de voir ses attaquants tourner autour du pot. Néanmoins, il savoure lui aussi le jeu produit : "La Belgique a pu montrer qu’elle savait jouer au football. Cette fois, nous n’avons pas été contraints de livrer une guerre des nerfs. Cela s’est plus joué au niveau physique et technique."

Romelu Lukaku avait rasé les murs en avalant sa frustration après ses premières sorties brésiliennes face l’Algérie puis la Russie, lors desquelles le colosse n’avait jamais trouvé l’inspiration. Marc Wilmots avait ensuite décidé de se passer de ses services en lui rappelant qu’il ne devait pas être obsédé par sa propre performance. Touché au vif, l’attaquant a pu prendre sa revanche lors de son entrée en jeu à la place d'Origi. Cela valait sans doute la peine, à l'entendre revenir pour la FIFA sur ses émotions après avoir doublé la mise (105') : "J’ai failli pleurer après mon but. Je viens de vivre le meilleur moment de ma vie. A 21 ans, je marque en Coupe du Monde. Je me suis entraîné toutes ces années pour vivre une telle émotion."

Quant au prochain match, c'est au capitaine que revient l'honneur de l'évoquer : "Nous avons une belle à carte à jouer contre l’Argentine en quart de finale, s’ils jouent avec la volonté d’aller vers le but adverse", espère Kompany. Cela tombe bien. Ce n’est pas dans les habitudes de la bande à Lionel Messi de faire autrement…