Ce 1er juillet, les 51 227 spectateurs de l'Arena Fonte Nova ont assisté à un match exceptionnel entre la Belgique et les États-Unis, qui n'a livré son verdict qu'à l'issue de la prolongation, et la victoire est finalement revenue aux Diables Rouges.

"Quel match", confie le sélectionneur américain Jürgen Klinsmann au micro de FIFA.com. "Les Belges ont eu plus d'occasions que nous. Tim Howard nous a permis de continuer à y croire. Au fil des minutes, nous nous sommes procuré de plus en plus de situations intéressantes. Même à 2:0, nous avions le sentiment de pouvoir revenir. Nous avons effectivement réduit l'écart. Dans les dernières minutes, nous avons encore eu plusieurs opportunités d'égaliser. Dans ces cas-là, il faut un petit coup de pouce du destin. Malheureusement, la chance n'était pas de notre côté aujourd'hui. Il ne nous reste plus qu'à féliciter nos adversaires", poursuit l'ancien attaquant allemand avec un sourire détendu, au milieu de l'agitation ambiante.

Le sélectionneur américain a pourtant fait preuve d'une certaine inspiration dans ses changements. Il a ainsi fait entrer à la 105ème minute le jeune Julian Green, auteur de l'unique but des Stars and Stripes sur l'un de ses premiers ballons.
"Julian est l'un de nos plus grands espoirs. Il l'a prouvé durant les 15 minutes qu'il a passées sur le terrain", assure Klinsi. "Naturellement, il a encore besoin de progresser. On ne devient pas un grand champion du jour au lendemain. Nous avons quelques joueurs comme lui, qui nous donnent des raisons de croire en l'avenir de cette sélection américaine. Nous avons de la chance de pouvoir compter dans nos rangs des footballeurs de la trempe de Julian."

Investir pour l'avenir
"Ce tournoi était fabuleux pour nous", souligne encore le sélectionneur américain. "Nous sommes sortis d'un groupe extrêmement relevé, au sein duquel figuraient également l'Allemagne, le Ghana et le Portugal. Ensuite, nous avons tenu tête à la Belgique pendant 120 minutes. Mes joueurs méritent d'être félicités pour leurs efforts. Toutes ces expériences nous serons très utiles pour la suite", espère le technicien.

Si les Américains ont dû se résoudre à accepter la défaite face aux Belges, le football a remporté une victoire capitale aux États-Unis. Les stars du baseball, du basket, du football américain et même de grands noms d'Hollywood ont suivi avec enthousiasme le parcours de cette équipe. "Le football est sur la bonne voie. J'ai vu à la télévision quelques images des bars et des stades aux États-Unis. Beaucoup de gens ont suivi la compétition. La Coupe du Monde va faire bouger les choses chez nous", estime Green, le visage marqué par cette élimination douloureuse. "En voyant le ballon au fond des filets, je me suis dit que tout était encore possible, que nous pouvions revenir. Malheureusement, nous n'avons pas pu inverser la tendance."

Même si la réussite n'a pas été au bout, les États-Unis ont fait l'unanimité par leur qualité de jeu. "Nous avons fait une belle Coupe du Monde. Les équipes qui ne comptaient pas trop sur nous ont pu constater que nous donnions toujours 100 %, à chacune de nos sorties. Le groupe est jeune et, maintenant, les plus expérimentés doivent montrer l'exemple. La défaite fait partie du sport. Aujourd'hui, nous sommes déçus mais nous reviendrons. J'en suis convaincu", lance Jermaine Jones dans les couloirs du stade. "J'espère que l'image du football a changé. Nous avions déjà suscité un vif intérêt il y a quatre ans, en Afrique du Sud. Nous avons toujours dit que cette équipe avait les moyens de conquérir les cœurs des supporters."

C'est exactement ce qui s'est passé. Tout un pays s'est retrouvé derrière sa sélection. À voir les joueurs américains, on ne les imaginerait pas une seconde dans le rôle des perdants. "Maintenant, je suis à fond pour l'Allemagne. J'espère qu'elle va ramener le trophée", glisse Jones en guise de conclusion. Il faut dire que le milieu de terrain est né et a grandi au pays des triples champions du monde. Après 15 ans passés en Bundesliga, il n'a pas eu à chercher bien loin pour trouver sa deuxième équipe.