Pour Lionel Messi pas de larmes, mais pas de consolation non plus, pas même le Ballon d'Or adidas, qui récompense le meilleur joueur du tournoi. Le capitaine argentin vient de recevoir le prix, mais son visage est plus triste que jamais après la défaite 1:0 contre l'Allemagne en prolongation de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

Messi accepte toutefois les accolades de ses adversaires, à l'image de Bastian Schweinsteiger, venu le serrer dans ses bras, et monte chercher son trophée. Sur le podium, il salue Manuel Neuer, pose pour la photo de rigueur et descend rejoindre ses coéquipiers. Aussitôt, l'Argentine traverse la haie d'honneur formée par les Allemands et arpente l'escalier afin d'aller recevoir la médaille qui récompense les vice-champions du monde.

Messi procède lentement, à l'image de sa colère. Après avoir passé pratiquement une heure dans les vestiaires, on le retrouve en plein cœur du Maracanã, à côté de la zone mixte où attendent les journalistes. Il accepte de se faire photographier aux côtés de Mario Götze, bourreau de l'Argentine. Puis il parle... "Dans ces moments-là, plus rien ne m'importe. Ni la récompense, ni quoi que ce soit", estime Messi. "La seule chose qui nous intéressait était de soulever la Coupe et de la ramener en Argentine pour faire la fête avec notre peuple. Nous méritions un peu plus après le match que nous avons fait. C'est très douloureux de perdre de cette façon", ajoute le capitaine albiceleste.

"Notre faute, à nous les attaquants"
Désireux de quitter le lieu de son malheur au plus vite, il poursuit toutefois son analyse. "Ils ont peut-être eu la maîtrise du ballon, mais c'est nous qui avons eu les situations les plus dangereuses. C'est notre faute, à nous les attaquants, car nous avons eu trois occasions nettes : la mienne, celle de Gonzalo Higuaín et celle de Rodrigo Palacio. Mais nous n'en avons mis aucune au fond", poursuit Messi qui, après avoir marqué quatre buts lors des trois premières sorties de l'Argentine dans la compétition, n'a plus trouvé le chemin des filets dans la phase à élimination directe.

Il ne s'agit évidemment pas d'analyser la pénurie du joueur du FC Barcelone dans la finition. Face à la Suisse, Messi a été passeur décisif sur le but victorieux d'Ángel Di María. Contre la Belgique, il a joué un rôle crucial dans la conservation du ballon, permettant à ses coéquipiers de souffler, comme l'a rappelé Alejandro Sabella. Devant les Pays-Bas en demi-finale, il a converti sa tentative dans la série des tirs au but, ce qui n'est pas rien au vu de la pression qui pèse constamment sur ses épaules.

En finale, grâce à sa vitesse et à son habileté, il a posé des problèmes à la défense allemande pendant toute la première mi-temps, surtout sur le côté droit de l'attaque, à l'image de son débordement, qui a pris à défaut Jerome Boateng. En début de deuxième période, Messi a été l'auteur d'un magnifique slalom qui lui a permis de repiquer du flanc droit en direction de l'axe. Arrivé à proximité de la surface, il a déclenché une frappe qui a finalement été déviée en corner. Malgré la fatigue, il n'a jamais baissé les bras.

Messi préfère retenir le tableau d'ensemble. "Ça faisait longtemps que l'Argentine n'avait plus dépassé les quarts de finale. Nous avons atteint la finale, et ce n'est pas rien, mais cela n'enlève rien à la déception de ne pas avoir gagné cette finale, surtout au vu du match que nous avons fait. C'est de là que vient notre colère, mais l'heure est venue de regarder devant", conclut le maestro argentin, avant de s'éloigner avec toute la douleur du monde à ses côté sur ses épaules.