LE FILM DE LA JOURNÉE - Les deux derniers huitièmes de finale n’ont pas mis à mal la logique sportive, l’Argentine et la Belgique ayant scellé le carton plein des huit vainqueurs de groupes. Pourtant, si les affiches des quarts sont conformes aux attentes, la manière dont elles se sont dessinées a déjoué les prévisions.

De toutes les nations qualifiées, seule la Colombie a vraiment convaincu. Dans les autres camps, le soulagement a pris le pas sur l’extase. L’Argentine a suivi cette tendance ce 1er juillet, elle qui s’est cassée les dents sur une Suisse bien en place jusqu’au but d’Angel Di Maria sur un service de Lionel Messi à la 118ème minute. Il a fallu également recourir à la prolongation pour désigner le vainqueur de la franche empoignade entre la Belgique et les États-Unis, qui n’a bizarrement accouché d’aucun but en 90 minutes. Malgré une prestation héroïque des Américains et en particulier de leur gardien, Tim Howard, les Diables Rouges se sont imposés 2:1 grâce à des buts de Kevin de Bruyne et de Romelu Lukaku.

Les grosses cylindrées peuvent pourtant trouver une source de réconfort dans leurs prestations en demi-teinte. L’histoire de la Coupe du Monde de la FIFA™ atteste en effet que les futurs vainqueurs se sont souvent montrés laborieux au stade des huitièmes. Sur les six derniers vainqueurs, un seul a remporté son premier match du second tour avec plus d’un but d’écart. Il s’agit du Brésil version 2002, qui avait battu la Belgique 2:0. Le premier match couperet semble ainsi être devenu un rite de passage placé sous le signe de la douleur.

Résultats
Argentine 1:0 a.p. Suisse, Homme du Match Budweiser : Lionel Messi (ARG) 
Belgique 2:1 a.p. Etats-Unis, Homme du Match Budweiser : Tim Howard (USA)

Dans les mémoires
Hitzfeld tire sa révérence : Il n’y aura pas eu d’envolée lyrique ni de geste spectaculaire. Ottmar Hitzfeld, l’un des plus grands entraîneurs de sa génération, savait qu’il venait de diriger son dernier match. Un match qui s’est soldé par une défaite rageante, qui plus est au lendemain du décès de son frère, Winfried. Malgré ces circonstances, le sélectionneur de la Suisse a conservé la dignité et la discrétion qui le caractérisent, se contentant de "dire au revoir avec le cœur rempli d’émotions". Interrogé sur le discours qu’il a tenu à ses protégés à la sortie du terrain, l’ancien entraîneur du Bayern Munich a répondu : "Je leur ai juste dit ‘Merci’", a-t-il répondu. Nul doute que c’est toute une nation qui lui renverra le même message.

Tout vient à point à qui sait attendre : Il paraît que la patience est une vertu très précieuse. Les buteurs de ces huitièmes de finale sont là pour le prouver. Si les filets ont tremblé en première mi-temps de Brésil - Chili et Colombie - Uruguay le samedi 28 juin, le tableau d’affichage était bloqué à 0:0 à la pause des six confrontations suivantes. Cela ne nous a pas empêchés de vivre des money times riches en buts. Au lendemain de la réalisation la plus tardive de l’histoire de la Coupe du Monde, réussie par l’Algérien Abdelmoumene Djabou au bout de 120 minutes et 51 secondes face à l’Allemagne, Di Maria l’a pratiquement imité. À la 118ème minute, l’ailier argentin a signé le but le plus tardif dans une victoire en Coupe du Monde depuis les coups de poignard de Fabio Grosso (119ème minute) et Alessandro del Piero (121ème) face à la Nationalmannschaft en demi-finale d’Allemagne 2006. Il s’agit également du but le plus tardif de l’Argentine en Coupe du Monde, le record étant jusque-là détenu par Daniel Bertoni, buteur à la 115ème minute de la finale de l’édition 1978. Quant à De Bruyne, Lukaku et Julian Green, ils ne sont pas en reste puisqu’ils ont respectivement frappé aux 93ème, 105ème et 107ème minutes. Ils ont ainsi porté à sept la série de buts consécutifs inscrits en prolongation.

Une affaire de gardiens : Rarement depuis le début de cette Coupe du Monde a-t-on vu un joueur autant incarner le titre d’Homme du Match. Tim Howard n’a pas volé cette distinction. Sur un nuage, le gardien américain a neutralisé 16 des 18 tentatives qui lui ont été proposées, souvent de façon miraculeuse. Il a ainsi battu le record de Brésil 2014, établi par son confrère algérien Raïs M'Bolhi. La Belgique doit, elle aussi, une fière chandelle à son portier. Car même s’il a été beaucoup moins sollicité que son homologue américain, Thibaut Courtois n’a toujours pas perdu un seul des 21 matches qu’il a débutés en tant que titulaire dans les cages des Diables Rouges.

La stat du jour
5 C’est le nombre de huitièmes de finale de Brésil 2014 qui se sont décidés en prolongation. Le record d’Italie 1990 est donc battu. Une seule édition de la Coupe du Monde, celle de 1938, a vu autant de rencontres d’un tour à élimination directe aller au bout des 120 minutes.

Le tweet du jour

À suivre
France - Allemagne, 4 juillet 2014, 13h00, Maracanã, Rio de Janeiro 
Brésil - Colombie, 4 juillet 2014, 17h00, Estadio Castelão, Fortaleza 
(horaires en heure locale)

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