Pendant deux jours, les représentants des 54 associations membres de l'UEFA se sont retrouvés à Saint-Pétersbourg pour confronter leurs analyses de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™. Au cours des débats, les participants ont rendu un hommage appuyé à Joachim Löw, sacré champion du monde deux mois auparavant. Très touché par ces témoignages d'estime, le technicien allemand a cependant tenu à rappeler qu'un tel triomphe n'était pas le fait d'un seul homme, mais de tout un groupe. "Tous les rouages doivent s'assembler. Il faut réunir toutes les pièces du puzzle pour que l'image d'ensemble finisse par prendre forme", confiait l'intéressé dans une conversation avec Ioan Lupescu, directeur technique de l'UEFA et membre du Groupe d'Étude Technique (TSG) de la FIFA pour la Coupe du Monde 2014.

À la tête de la Nationalmannschaft depuis 2006, Löw est également revenu sur les conditions de travail pendant une grande compétition internationale. "La tâche principale d'un sélectionneur consiste à bien composer son groupe. Dans ces circonstances, il faut avant tout prendre en compte la mentalité des joueurs", estime-t-il.

Le héros du tournoi brésilien a en outre tenu à saluer le travail réalisé par les éducateurs, principaux artisans, selon lui, du succès de l'Allemagne. "Les entraîneurs des centres de formation ont fabriqué nos champions du monde", a-t-il ainsi souligné. La victoire de l'Allemagne vient effectivement valider les profonds changements opérés par la Fédération allemande dans ce domaine, après le passage à vide de la Nationalmannschaft aux alentours des années 2000.

Deschamps : "Rien de plus beau"
En marge de l'analyse technique de la Coupe du Monde présentée par Jean-Paul Brigger, directeur du TSG de la FIFA, Gérard Houllier, Mixu Paatelainen et Ginés Meléndez, eux aussi membres du TSG, sont revenus sur divers aspects des nouvelles tendances du football mondial. Lors d'un débat public, cinq sélectionneurs présents au Brésil ont exposé leurs méthodes de travail, avant et pendant l'épreuve suprême.   

Pour Didier Deschamps, la Coupe du Monde restera comme une grande aventure. "Que l'on soit joueur ou entraîneur, il n'y a pas de plus belle compétition. L'esprit d'équipe est une donnée essentielle", a rappelé le Français, battu en quart de finale par l'Allemagne. "Au Brésil, neuf de mes joueurs avaient moins de 25 ans. C'était pour eux une magnifique expérience, qui leur permettra d'aborder le prochain EURO à domicile avec encore plus de détermination."  

Fabio Capello a fait écho aux propos de l'ancien champion du monde. Selon lui, la Russie a emmagasiné de l'expérience à quatre ans de "sa" Coupe du Monde. L'Espagnol Vicente Del Bosque a quant à lui félicité l'Allemagne, en qui il a vu "un modèle de patience". "Parfois, les individualités peuvent faire la différence, mais la Nationalmannschaft a gagné collectivement", juge-t-il.

L'Anglais Roy Hodgson et le Croate Niko Kovac ont dressé un bilan très positif de leur participation, malgré l'élimination prématurée de leurs équipes. Ce dernier, qui était le deuxième sélectionneur le plus jeune de la Coupe du Monde, a évoqué la difficulté à diriger des joueurs aux côtés desquels il évoluait encore quelques mois plus tôt.  

Plus de fair-play, moins de blessures
La deuxième journée a été consacrée à l'arbitrage et aux questions médicales. Jiri Dvorak, médecin en chef de la FIFA, est revenu sur le tournoi d'un point de vue médical, avant de s'attarder sur les spécificités du contrôle antidopage avant et pendant la compétition. Massimo Busacca, chef du Département de l'Arbitrage de la FIFA, a apporté quelques précisions sur la préparation et le choix des arbitres pour la Coupe du Monde. Au cours de leurs présentations, les deux responsables ont insisté sur la notion de fair-play et rappelé que le nombre de blessures enregistrées était en diminution de 40 % par rapport à l'édition sud-africaine.  

En guise de conclusion, le secrétaire général de la Fédération anglaise Alex Horne a expliqué la nouvelle structure de l'International Football Association Board (IFAB) et invité les entraîneurs à s'emparer du débat en formulant des propositions.

Après deux jours de conversations intensives, d'échanges et de débats, les sélectionneurs nationaux sont rentrés chez eux avec de nouvelles idées à méditer. Le fruit de cette conférence se retrouvera sans doute lors des prochains entraînements de leurs équipes respectives.

Les conférences organisées par les trois confédérations restantes auront lieu entre fin septembre et fin octobre. La FIFA et la CAF donneront rendez-vous aux associations membres africaines le 30 septembre et le 1er octobre au Caire. Enfin, l'AFC et l'OFC fermeront le ban du 29 au 31 octobre à Kuala Lumpur.