Alors que sur le continent africain, la durée de vie des sélectionneurs semble devenir de plus en plus courte, Bobby Williamson fait figure d'exception. Le technicien écossais est resté quatre ans et demi à la tête de l'Ouganda jusqu'en avril 2013. Deux mois plus tard, il retrouvait un banc de touche, celui du club kenyan de Gor Mahia, qu'il menait à un premier titre de champion en 18 ans. Lorsqu'Adel Amrouche, sélectionneur du Kenya, a été remercié en août 2014, c'est vers lui que les dirigeants de la fédération se sont tournés.

L'ancien attaquant, passé notamment par les Glasgow Rangers et West Bromwich Albion, espère bien sûr connaître le même succès et la même longévité à la tête des Harambee Stars. "L'une des raisons de ma réussite avec l'Ouganda, c'est que je me suis beaucoup appuyé sur les entraîneurs locaux", révèle-t-il au micro de FIFA.com. "Ils connaissent bien les joueurs et il faudrait être fou pour ne pas travailler avec eux. Au Kenya, j'ai essayé d'adopter une approche similaire. Mon adjoint est Musa Otieno, qui a joué au plus haut niveau au Kenya et en Afrique du Sud. Il connaît parfaitement son sujet et il m'aide énormément."

Avec leur nouveau sélectionneur, les Kenyans n'ont pas connu de grosses difficultés pour rejoindre le deuxième tour des qualifications africaines pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, dominant l'île Maurice 5:2 sur l'ensemble des deux matches. Lors du match aller de ce deuxième tour, ils l'ont emporté 1:0 à domicile devant le Cap-Vert, 32ème du Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Les hommes de Williamson n'occupent pour leur part que le 125ème rang, ce qui les met sans conteste dans la peau des outsiders à l'heure de défendre ce maigre avantage au retour. "Le Cap-Vert a disputé les deux dernières phases finales de la Coupe d'Afrique des Nations et n'y a connu la défaite qu'à une seule reprise. Nous, on ne s'est qualifiés qu'une seule fois depuis 1994 et c'était déjà il y a 11 ans", précise l'Écossais. "Donc si on veut rejoindre la phase de groupes, on a une véritable montagne à franchir, ce qui ne nous empêche pas de croire en nos chances."

Mélange de jeunesse et d'expérience
Le contraire serait étonnant, le Kenya ayant déjà su faire fi du Classement mondial à l'aller pour disposer des Cap-Verdiens grâce à un but de Michael Olunga dès la neuvième minute. L'attaquant de 19 ans compte parmi les nouvelles pousses à qui Williamson a décidé de donner une chance. "On a un groupe de jeunes joueurs capables de faire progresser le Kenya", assure-t-il. 'Il faut leur donner les moyens de s'exprimer et je suis content qu'ils aient prouvé qu'ils pouvaient répondre présent. Je travaille beaucoup avec les jeunes. Les qualifications pour la Coupe du Monde arrivent peut-être un peu tôt pour eux, mais je veux développer cette équipe."

Quelle que soit l'issue du duel face au Cap-Vert, Williamson a en tout cas réussi à bâtir un ensemble équilibré, avec des joueurs en devenir comme Olunga, mais aussi des hommes plus expérimentés tels que Victor Wanyama, titulaire à Southampton, en Premier League. "Wanyama et les autres cadres adorent jouer pour le Kenya. Ils apprécient de rentrer à la maison et ils sont toujours très motivés", croit savoir l'Écossais.

Au-delà du simple cas de ses Harambee Stars, Williamson se veut également optimiste quant à l'avenir du football africain : "Ce qu'il faut, c'est de la continuité. C'est très important", estime-t-il. "En Ouganda, on m'a donné du temps, mais uniquement parce qu'on a gagné la Coupe CECAFA des nations et qu'on a fait des progrès. En Coupe du Monde, l'Afrique manque souvent de chance. Souvenez-vous par exemple du Ghana en 2010. Cette équipe est passée si près des demi-finales. Il ne lui a manqué qu'un seul petit penalty. Il y a plusieurs aspects qui empêchent l'Afrique d'exploiter pleinement son potentiel, les soucis administratifs notamment. Si on règle tout ça, alors on pourra voir les sélections africaines en position d'être sacrées. Elles en ont largement les capacités."