Le Bhoutan occupait la dernière place du Classement mondial FIFA/Coca-Cola lorsqu'ils a débuté en mars, la première campagne de qualifications de son histoire pour la Coupe du Monde de la FIFA™. Personne, pas même ses supporters, ne lui donnait alors beaucoup de chances de passer le premier obstacle, face au Sri Lanka, une équipe qu'il n'avait encore jamais battue.

Même la victoire 1:0 des Bhoutanais à l'aller, grâce à un but de Tshering Dorji dans les dernières minutes, était perçue comme un heureux coup du sort. Mais le pays du Dragon Tonnerre a également remporté le match retour 2:1, à domicile, avec un doublé de Chencho Gyeltshen. Buteur lors de chaque mi-temps, le joueur de 19 ans s'est montré à la hauteur de son surnom, le "Cristiano Ronaldo du Bhoutan", pour permettre à son pays de poursuivre l'aventure à la surprise générale.

"C'est un rêve devenu réalité, mais ce n'est pas terminé. Nous avons prouvé que nous étions une bonne équipe, mais nous avons encore une marge de progression", confie à FIFA.com l'attaquant, qui porte le numéro sept, comme son idole. "Je me suis longtemps inspiré de lui. Son talent n'est pas tombé du ciel. C'est grâce à son travail et à son amour pour le football qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui. Être surnommé le Cristiano Ronaldo du Bhoutan représente beaucoup pour moi. C'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire."

Le Bhoutan, qui n'a rejoint la FIFA qu'en 2000, n'est pas vraiment réputé pour être un pays de football. Le royaume himalayen ne s'est encore jamais distingué sur la scène internationale et sa sélection n'avait pas joué pendant 18 mois avant d'affronter le Sri Lanka. Gyeltshen n'est pourtant pas surpris des progrès réalisés. "Le football s'est démocratisé au Bhoutan, beaucoup de gens aiment ce sport", explique-t-il. "Le tir à l'arc reste notre discipline nationale, mais le football est en train de se faire une place, surtout depuis notre succès en qualifications contre le Sri Lanka."

"Dans mon village, beaucoup de mes cousins et de mes amis jouaient au football", poursuit Gyeltshen. "J'ai commencé à jouer avec eux à l'âge de six ans et j'ai progressé techniquement en essayant chaque jour de corriger mes points faibles. Mon frère m'a beaucoup encouragé. Il m'a toujours dit que j'avais un style de jeu unique et m'a incité à devenir professionnel."

Le travail porte ses fruits
Le jeune homme n'a pas mis longtemps à répondre aux attentes de son frère. Recruté par le plus gros club de sa région, Yeedzin, il a ensuite mis le cap, en début d'année, sur le Thimphou FC, club de la capitale. Sa vitesse et son sens du but ont même attiré le champion de Thaïlande, Buriram United. "Je me suis entraîné pendant un mois avec Buriram cette année et on m'a demandé de revenir pour un nouvel essai, en juin", raconte-t-il. "Je ne veux pas laisser passer l'opportunité de jouer dans un grand club asiatique. Je rêve d'évoluer dans un championnat de haut niveau."

Grâce à leur succès sur le Sri Lanka, les Bhoutanais ont décroché leur billet pour le deuxième tour des qualifications de la zone Asie pour Russie 2018. Ils y retrouveront la RP Chine, le Qatar, Hongkong et les Maldives, à commencer par un déplacement à Hongkong, le 11 juin, avant de recevoir, cinq jours plus tard, la RP Chine. "Notre équipe est inexpérimentée, le plus jeune joueur a 18 ans", précise-t-il. "Plus de la moitié d'entre nous ont disputé leur premier match international contre le Sri Lanka. Mais nous avons réussi à créer une grosse surprise grâce à notre travail. Nous avons déjà affronté de nombreuses équipes asiatiques et nous savons qu'elles sont meilleures que nous. Mais nous allons continuer à travailler dur, tous ensemble, afin de pouvoir rivaliser. Le travail porte toujours ses fruits."