Malgré des ambitions élevées, l'Ouzbékistan a mal démarré sa campagne de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ avec une défaite 4:2 face à la RDP Corée, à l'occasion de son premier match, mi-juin, au stade Kim Il-sung de Pyongyang. Auteurs de quatre victoires et de deux matches nuls lors de leurs six confrontations précédentes, les Ouzbeks n'avaient encore jamais perdu contre les Chollima.

Ce résultat a donc constitué l'une des surprises majeures de la journée, surtout lorsque l'on connaît la façon dont s'est inclinée l'ancienne république soviétique. Tombeur à deux reprises du même adversaire sur la route de Brésil 2014, l'Ouzbékistan faisait office de favori. Mais il n'a pas réussi à confirmer son dernier succès 1:0 de la Coupe d'Asie de l'AFC, en janvier, comptant déjà quatre buts de retard après 36 minutes de jeu et se faisant dominer la majeure partie de la rencontre. "Nous avons été surpris par le terrain", confie à FIFA.com le défenseur Anzur Ismailov. "Nous nous attendions à évoluer sur une pelouse naturelle, mais ce n'était pas le cas et nous n'étions pas prêts."

Piqûre de rappel
Cette défaite inaugurale fait déjà office de piqûre de rappel pour le pays d'Asie centrale. "Nous faisons partie des grosses équipes asiatiques", poursuit Ismailov, l'un des joueurs les plus expérimentés du groupe avec 68 sélections. "Nous nous appuyons actuellement sur un mélange de joueurs de qualité basés à l'étranger et de jeunes prometteurs. Nous sommes passés plus d'une fois tout près d'une qualification pour la Coupe du Monde. Mais nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour nous entraîner et évoluer ensemble."

L'absence du capitaine Server Djeparov, blessé, a sans doute pesé dans la balance, mais le milieu de terrain, élu à deux reprises Joueur asiatique de l'année, devrait être de retour lors de la prochaine sortie des Ouzbeks, en septembre, sur leur terrain face au Yémen. "Je lui ai récemment parlé au téléphone et il va de mieux en mieux", explique Ismailov à propos de son compatriote, qui évolue à Ulsan Hyundai, dans le championnat sud-coréen. "Il devrait être remis sur pied pour le prochain match."

Auteur du seul but de la rencontre lors de la victoire ouzbèke contre la RDP Corée en Coupe d'Asie de l'AFC, l'attaquant de 22 ans Igor Sergeev, également buteur plus récemment à Pyongyang, est l'une des révélations de l'équipe. "Sergeev a beaucoup de talent et travaille très dur", dit Ismailov du joueur de Pakhtakor. "C'est un attaquant qui a un très bon pied gauche et qui peut aussi se montrer efficace de la tête. Il sait conserver le ballon, éliminer les défenseurs adverses et se montrer dangereux face au but."

Un nouveau sélectionneur
L'accroc nord-coréen a compliqué les affaires de l'Ouzbékistan dans un groupe comprenant par ailleurs Bahreïn, le Yémen et des Philippines en pleine progression. Il a également coûté sa place à Mirdjalal Kasimov, remplacé par Samvel Babayan, membre du staff lors de la Coupe d'Asie de l'AFC 2004 et des qualifications pour Allemagne 2006. Le technicien de 44 ans est déjà bien connu des supporters ouzbeks a aussi eu Ismailov sous ses ordres dans son ancien club. "Je le connais depuis que j'ai rejoint Pakhtakor, à l'âge de 18 ans", raconte ce dernier. "Babayan faisait alors partie des dirigeants du club."

Il a d'ailleurs conduit en 2014 le club de Tachkent jusqu'à son dixième titre national sans perdre un seul match. "Il a l'expérience et l'expertise nécessaires pour reconstruire l'équipe. Il m'a appelé récemment pour me demander mon avis et je lui ai dit que j'étais toujours prêt à jouer pour l'équipe nationale. Babayan est un entraîneur qui travaille dur", ajoute Ismailov. "Il peut redonner confiance à l'équipe et renforcer son mental. J'ai hâte de voir les changements qu'il va apporter. C'est probablement ma dernière chance de me qualifier pour la Coupe du Monde et je ferai tout mon possible pour aider l'équipe. Nous pouvons repartir de l'avant grâce à notre nouveau sélectionneur."