"Le courage est la grâce sous pression", écrivait l'Américain Ernest Hemingway. Ce courage a dicté la décision du gardien Noor Sabri de sortir de sa retraite internationale et de revenir en sélection, deux ans après avoir raccroché les gants. Son objectif : contribuer à la qualification de l'Irak pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, 11 ans après avoir conduit les Lions de Mésopotamie au sacre en Coupe d'Asie des Nations de l'AFC 2007.

"J'ai décidé de prendre ma retraite durant l'un des stages avec la sélection. Certaines circonstances m'ont poussé à prendre cette décision, comme la baisse de niveau et les conditions de travail difficiles en sélection. Je voulais aussi laisser une chance aux jeunes", explique le portier de 31 ans au micro de FIFA.com. Toute son attention s'est alors porté sur son club, le Naft Alwasat, qu'il a mené sur le toit de l'Irak, pour la première fois de son histoire. 

Malgré cet exil, Sabri est resté proche de l'équipe nationale "par le cœur et l'esprit". "Je suis sentimentalement lié à la sélection et, lorsque j'ai décidé de prendre ma retraite, j'ai quand même continué à la suivre. Elle était toujours dans mon cœur. Je regardais les matches à la télévision et à chaque fois, j'avais envie d'être avec l'équipe sur le terrain", précise-t-il.

Ses performances en championnat, ainsi que l'absence d'alternative convaincante à ce poste - l'Irak a terminé deuxième plus mauvaise défense de la Coupe d'Asie 2015 avec neuf buts encaissés - ont été des éléments déterminants dans le retour de Noor Sabri, international depuis 2003. "Il y avait une grosse pression car les supporters n'étaient pas satisfaits des performances au poste de gardien. Les jeunes manquaient de confiance. Il y a eu des campagnes sur les réseaux sociaux et des demandes qui m'ont poussé à revenir" explique l'intéressé, qui a fait son retour à l'occasion du match amical face au Liban le 26 août. Il s'est immédiatement illustré en arrêtant un penalty en première mi-temps. Sous son impulsion, l'Irak s'est imposé 3:2, quelques jours avant le début des qualifications pour Russie 2018.

Faire face à la pression
Mais cette décision n'a pas été si facile à prendre pour Sabri. Le retour de l'ange-gardien des Lions intervient dans un contexte délicat : les attentes sont immenses à l'approche des qualifications pour Russie 2018. "Pour moi, cette pression fait partie du jeu. Je suis capable de la surmonter. Mon objectif est d'apporter mon expérience aux autres gardiens pour que ce poste soit entre de bonnes mains à l'avenir," annonce Sabri qui s'apprête à participer à sa troisième campagne préliminaire pour l'épreuve suprême, alors que la seule et unique participation de l'Irak remonte à 1986.

"Depuis la qualification pour Mexique 1986, chaque génération a échoué à cause de la crise que traverse le pays", explique Sabri. "L'équipe actuelle possède 14 joueurs professionnels évoluant à l'étranger, ce qui nous donne le droit d'être optimistes." Pour atteindre leur objectif, Sabri et ses coéquipiers devront réaliser un bon départ dans le Groupe F des qualifications de la Zone Asie. Ils commenceront cette aventure le 3 septembre face à Chinese Taipei, cinq jours avant de rencontrer la Thaïlande, leader du groupe. "Ces deux matches seront importants. Notre déplacement en Thaïlande sera déterminant. Certains diront que le groupe est facile, mais je ne suis pas d'accord. Les autres équipes sont de l'est du continent, ce qui nous oblige à gérer de longs déplacements et des conditions climatiques inhabituelles", prévient il.

Mais les supporters irakiens peuvent avoir confiance en leur gardien, qui a prouvé qu'il savait résister à la pression.