A 28 ans, le sélectionneur des Îles Cook Drew Sherman est l'un des plus jeunes entraîneurs engagés dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018. Après avoir évolué avec les juniors de Swansea City, Sherman a décidé que la carrière de footballeur professionnel n'était pas pour lui. Le Gallois s'est alors tourné vers le métier d'entraîneur. Les analyses et les discussions tactiques l'ont toujours passionné.

Rien d'étonnant quand on sait que son père, Rob, est l'actuel sélectionneur de la Nouvelle-Zélande. "Si vous demandez son avis à ma mère, elle vous dira probablement que chaque match de foot à la télévision était un cauchemar", raconte Drew au micro de FIFA.com. "Quand j'étais petit, mon père et moi discutions de chaque détail tactique du match que nous étions en train de regarder. Ça a duré pendant toute mon enfance et mon adolescence. En ce sens, je peux dire qu'il a eu une influence énorme sur moi. Il a longtemps travaillé dans la formation des entraîneurs. Il a également entraîné des joueurs de très haut niveau comme Gareth Bale et Aaron Ramsey. Il connaît le métier. C'est bien d'avoir quelqu'un comme lui, qui peut réagir à vos idées et vous soutenir. En dépit du fait d'habiter à 20 000 kilomètres de distance, il a réussi à me donner pas mal de conseils."

Drew Sherman est passé par Everton et Wolves, avant de prendre en charge le centre de formation d'Aldershot Town. Il a ensuite travaillé avec les équipes de jeunes à Southampton, un club réputé pour ses qualités de formation. "J'ai commencé dans le métier 10 ou 15 ans plus tôt que la plupart des entraîneurs", admet-il. "À 21 ans, j'avais déjà ma licence A de l'UEFA. Je dois être l'un des plus jeunes Britanniques à avoir obtenu ce diplôme."

Tirer le meilleur de chacun
Ensuite, l'opportunité s'est présentée de travailler dans un coin éloigné d'Océanie. "Sur le plan footballistique, mais également sur un plan humain, c'est une occasion formidable", poursuit Sherman au sujet de la vie sur l'île principale de Rarotonga. Il est également responsable du développement général du football dans l'archipel. Certains joueurs de sa sélection sont plus âgés que lui, mais cela ne lui pose aucune espèce de problème. "Si vous avez des joueurs qui veulent apprendre et progresser et si de votre côté, vous faites tout pour les y aider, alors ils vous suivront", assure-t-il. "Tout le travail de l'entraîneur revient à ceci : essayer de tirer le meilleur de chaque joueur et lui donner les moyens de réaliser tout son potentiel."

Sherman et ses joueurs vont bientôt avoir l'occasion de montrer ce dont ils sont capables sur la scène internationale. Presque quatre ans jour pour jour après leur dernière apparition dans les qualifications pour Brésil 2014, les insulaires s'apprêtent à retrouver le tournoi préliminaire océanien, qui débutera le 31 août prochain à Tonga et réunira quatre nations : le pays hôte, les Iles Cook, les Samoa américaines et les Samoa. Une seule sélection émergera avec en poche un billet pour le deuxième tour de la zone.

L'effectif réuni par le sélectionneur est constitué de trois sous-groupes, l'un basé sur les Iles Cook, l'autre en Nouvelle-Zélande et un troisième en Australie. Les Iles Cook présentent la particularité d'avoir plus de citoyens à l'étranger que sur leurs propres terres. "C'est un véritable défi de trouver les meilleurs joueurs originaires des Iles Cook. Il y a à peu près 14 000 habitants ici, mais il y en a 70 000 en Nouvelle-Zélande et 20 000 en Australie", explique Sherman.

Surprendre et grandir
La sélection n'est en outre pas aidée par le calendrier du championnat local, qui débute cette semaine. Les internationaux dirigés par Sherman risquent donc de manquer de rythme. Malgré cela, Sherman affiche une ambition solide au moment d'entamer la sixième campagne des Iles Cook dans les qualifications pour la Coupe du Monde. Lors de la dernière édition, les insulaires avaient terminé à la dernière place de la zone Océanie. De plus, ils n'ont encore jamais gagné un match de qualification contre une sélection d'une association membre de la FIFA.

"Il ne faut pas se tromper d'objectif. Le nôtre est d'essayer d'être fidèle au système sur lequel nous travaillons depuis un certain temps. Pour cela, nous devons faire preuve d'une grande cohésion", annonce Sherman au sujet du tournoi à Tonga. "J'ai confiance. Nous avons un groupe de joueurs doués, qui ont fait preuve jusqu'ici d'une attitude exemplaire. La dernière fois, nous avons terminé derniers de notre groupe et personne n'attend beaucoup de nous. Par conséquent, notre défi est de surprendre les gens. L'objectif est de faire le mieux possible avec nos moyens et d'aider le football à grandir dans ce pays. Si nous y parvenons, nous aurons accompli notre mission."