Denis Onyango évolue au plus haut niveau depuis de nombreuses années. Pourtant, 2016 pourrait rester comme un cru exceptionnel dans la carrière du gardien ougandais. En l'espace de quelques mois, il a remporté le championnat d'Afrique du Sud avec les Mamelodi Sundowns, conduit en tant que capitaine son équipe nationale à sa première qualification pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF depuis 1978 et soulevé le trophée de la Ligue des champions de la CAF. Et comme si ça ne suffisait pas, l'Ouganda est l'une des quatre équipes à n'avoir toujours pas encaissé le moindre but dans la compétition préliminaire africaine pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018™.   

Personne ne donnait cher des chances des Grues dans ces qualifications quand Onyango et ses coéquipiers ont hérité de l'Égypte et du Ghana pour adversaires. Avec un nul vierge au Ghana et une courte victoire (1:0) sur le Congo, ils sont pourtant en course pour décrocher l'unique billet à destination de la Russie, même si les Pharaons conservent deux points d'avance en tête du classement.  "Dès le début, nous avions un projet : gagner nos trois matches à domicile. Mais notre performance courageuse contre le Ghana a réveillé nos ambitions. Nous avons compris que nous avions notre place à ce niveau. Toutes les équipes veulent être en Russie. Il faut donc se montrer réaliste. La qualification n'est qu'un rêve, mais certains rêves deviennent réalité."

On peut supposer qu'en faisant leur entrée en Ligue des champions au mois de février, les Mamelodi Sundowns rêvaient d'un sacre continental. Leurs espoirs se sont cependant envolés en fumée dès avril, malgré une victoire 2:1 sur le Vita Club. Défaits sur la règle des buts marqués à l'extérieur, les Sud-Africains ont dit adieu à la compétition. Reversés en Coupe de la Confédération de la CAF, ils ont connu une nouvelle désillusion en étant éliminés d'entrée par les Ghanéens de Medeama. La suite ressemble à un conte de fées. À la surprise générale, les Sundowns ont été rappelés en Ligue des champions pour remplacer le Vita Club, disqualifié. Ce coup de théâtre marque le début d'un parcours aussi extraordinaire qu'inattendu.

Quelques semaines plus tard, ils soulevaient le trophée le plus convoité du continent. C'est ainsi qu'Onyango est devenu le premier Ougandais à remporter la plus prestigieuse compétition de clubs en Afrique."C'était vraiment un rêve qui se réalisait. Ces moments étaient d'autant plus merveilleux que l'Ouganda venait de se qualifier pour la phase finale de la CAN. Notre pays a vraiment connu une période faste," explique-t-il. "Si nous avons réussi là où tant de nos prédécesseurs ont échoué, c'est parce que nous avons choisi de miser sur le collectif plutôt que sur le talent de nos individualités. Il existe un sentiment de fraternité très fort au sein du groupe. Les anciens se sont réunis et ils ont décidé qu'il fallait travailler ensemble. Nous avons accueilli les nouveaux comme s'ils faisaient partie de la famille. C'est ce qui nous a permis de faire la différence."

Il était une foi
La phase finale aura lieu au Gabon en janvier et février. Les Grues y retrouveront deux de leurs adversaires sur la route de la Russie : l'Égypte et le Ghana. "Je pense que tout le monde nous considère comme quantité négligeable dans ce groupe, mais nous avons de quoi créer la surprise" annonce Onyango. "Nos supporters savent que nous n'avons plus évolué à ce niveau depuis longtemps. Ils n'attendent pas de miracle, mais nous allons tout faire pour passer le premier tour."

Et d'ajouter : "C'est aussi une bonne occasion pour nous de défier l'Égypte avant nos retrouvailles en mars, dans les qualifications pour la Coupe du Monde. Depuis le nul au Ghana, nous croyons en nos chances. Si nous n'avions pas foi en nous-mêmes, ce ne serait pas la peine d'aller à la Coupe d'Afrique. Nous savons également que le vainqueur de la CAN participera à la Coupe des Confédérations. Pourquoi ne pas nous autoriser à rêver d'une telle issue ?"

Même si l'Ouganda ne parvient pas à valider son billet pour la Coupe des Confédérations ou la Coupe du Monde, Onyango est d'ores et déjà assuré de disputer une compétition mondiale, puisque les Sundowns se rendront au Japon en décembre pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Il y a pire comme lot de consolation !