À l’approche, à Doha, de la réunion du conseil d’administration du Comité Organisateur Local de Qatar 2022 de novembre 2016, la Secrétaire Générale de la FIFA, Fatma Samoura, a accompagné une délégation de la FIFA lors d’une visite en bus qui a montré l’avancée rapide des préparatifs pour la Coupe du Monde de la FIFA 2022™. Cette visite comprenait cinq des huit sites amenés à accueillir la compétition, ainsi qu’une vue d’ensemble du réseau de transport : infrastructures routières, sites ferroviaires et aéroport international Hamad. La représentante sénégalaise s’est félicitée, dans un entretien à www.sc.qa, du niveau de préparation du Qatar et de l’enthousiasme dont il fait preuve.

Quel bilan tirez-vous de votre première visite au Qatar ?
Fatma Samoura :
Cette visite m’a ouvert les yeux, en ma qualité de Secrétaire Générale de la FIFA, mais également ceux de la nouvelle équipe dirigeante chargée de réformer l’organisation. Nous avons pu voir pendant deux heures que les Qataris maîtrisent leur sujet. Les travaux avancent bien, avec l’accent mis sur la sûreté et la sécurité de tous les travailleurs. Nous avons également pu nous rendre compte du caractère compact de cette Coupe du Monde, qui permettra aux supporters d’assister à plus d’un match au cours d’une même journée. Cela donne une perspective nouvelle, en termes d’organisation, par rapport à la Russie, à l’Afrique du Sud ou même au Brésil. Le degré d’implication du Comité Suprême pour la Livraison et l’Héritage et l’enthousiasme montré par le Comité Organisateur Local depuis que je suis arrivée ici nous confirment qu’attribuer la Coupe du Monde au Qatar était un bon choix et que l'événement attirera les foules.

Vous avez été en mesure de visiter cinq sites différents, en plus de l’aéroport international Hamad, en l’espace de deux heures seulement. Dans quelle mesure ce concept de Coupe du Monde compacte offrira-t-il au public une expérience unique en 2022 ?
On m’avait fait savoir avant mon arrivée qu’il était possible de visiter en quelques heures la quasi-totalité des sites et je peux vous confirmer que c’est le cas. Je m’interrogeais sur la façon dont l’infrastructure routière sera aménagée afin d’optimiser les déplacements des supporters et, d’après les explications qui nous ont été fournies, il semble que plusieurs moyens de transport seront utilisés, y compris le bateau. Cela impliquera forcément des différences importantes dans l’aménagement des sites par rapport aux autres pays ayant précédemment accueilli la Coupe du Monde.

Comment jugez-vous l’avancée des préparatifs à six ans du coup d’envoi de la compétition, en novembre 2022 ?
Je peux voir que tout est planifié en avance, ce qui est un signe fort de la détermination du peuple qatari à organiser la meilleure Coupe du Monde de l’histoire.

Après l’Afrique en 2010, que signifie pour la FIFA le fait de voir la Coupe du Monde être organisée dans une nouvelle région, à savoir le Moyen-Orient et le monde arabe ?
Cela veut simplement dire que le monde du football s’ouvre à la diversité et intègre vraiment la dimension planétaire de ce sport. Nous devrions offrir à des régions comme le Moyen-Orient davantage d’opportunités de prouver qu’elles peuvent être aussi des terres de football et de montrer au reste du monde que le football rassemble les peuples de différentes cultures et religions.

C’est, selon moi, le message le plus fort que la nouvelle équipe dirigeante de la FIFA peut envoyer au reste du monde. Je suis la première femme et la première représentante de l'Afrique à remplir la fonction de Secrétaire Générale de l’instance dirigeante du football mondial. Cela signifie déjà beaucoup en soi, mais le fait que la Coupe du Monde soit organisée par des pays comme le Qatar, dont la taille de la population est inversement proportionnelle à sa passion pour le football, montre que nous ne nous intéressons pas uniquement aux grandes nations. C’est l’esprit du football. Les compétitions internationales ne représentent que 2% de la discipline, contre 98% pour le football de base. La seule façon dont nous pouvons façonner l’avenir de la FIFA est de développer le football à la base et d’accueillir davantage de pays dans la compétition. Élargir la Coupe du Monde à 40 ou 48 équipes est simplement, d’après moi, un autre moyen de montrer à tous que nous souhaiterions voir plus de monde jouer au football, y compris les femmes et les plus jeunes.

Compte tenu de votre expérience personnelle et de votre travail, pendant 21 ans, sur des programmes des Nations Unies, pensez-vous que cette compétition puisse servir à rassembler les gens ? 
Nous prévoyons de vendre trois millions de billets au Qatar et une large partie d’entre eux devrait revenir à des étrangers. Cela donnera au reste du monde un autre point de vue sur la façon dont la Coupe du Monde est organisée en dehors des principales nations du football.