Trois défaites, aucun but inscrit et 14 encaissés. Tel est le bilan peu reluisant de la RD Congo en phase finale de Coupe du Monde de la FIFA. Appelé à l’époque Zaïre, le pays avait subi la loi du Brésil, de l’Écosse et de la Yougoslavie, et vécu ainsi à Allemagne 1974 un véritable cauchemar… Pour autant, pour les supporters congolais, ces trois matches restent sans nul doute les plus importants de l’histoire du football de leur nation.

"La RD Congo est un vrai pays de football. Ce souvenir de 1974 y est extrêmement présent. Participer à une Coupe du Monde, il n’y a pas mieux. Cela reste une grande fierté pour notre peuple", confirme au micro de FIFA.com Gabriel Zakuani, défenseur et capitaine des Léopards. "Mais aujourd’hui, plus que l’honneur d’avoir déjà participé à une Coupe du Monde, il y a surtout le rêve d’y retourner. Il est temps d’écrire une nouvelle page, et j’ai le sentiment que c’est le moment idéal".

Depuis quelques années, on assiste effectivement à une montée en puissance congolaise. Entre 2010 et 2016, les Léopards sont passés de la 139ème à la 49ème place au Classement Mondial FIFA/Coca-Cola. L’arrivée de Florent Ibenge aux commandes de la sélection en 2014 a accentué cette progression. Entraîneur parmi les plus longtemps en poste en Afrique, le technicien congolais a ramené de la stabilité au sein d’une équipe orpheline de son légendaire capitaine Robert Kidiaba. Longtemps en délicatesse avec la sélection, Dieumerci Mbokani est revenu pour de bon, ainsi que Zakuani qui a hérité du brassard.

"Florent Ibenge a su rassembler et fédérer des joueurs aux profils et âges différents. Il a une part essentielle dans nos bons résultats. Il est très proche de ses joueurs, il nous suit, reste en contact continuellement avec nous", souligne Zakuani à propos d’un sélectionneur qui occupe également la fonction d’entraîneur à l’AS Vita. "Pour ma part, j’ai été très touché qu’il me confie le brassard. C’est autant une fierté qu’une grande responsabilité. Mais j’ai une longue expérience du capitanat pour avoir souvent porté le brassard en club, et j’ai une longue expérience - tout court - avec l’équipe nationale que j’ai rejointe en 2005 !"

De la D3 à  Russie 2018 ?
Voilà 11 ans en effet que Zakuani fréquente de près ou de loin la sélection. Pilier de la défense, il a tout vécu avec les Léopards : de la déception en qualifications pour les CAN 2008, 2010 et 2012 et pour Afrique du Sud 2010 jusqu’à la rédemption en 2012 avec une belle troisième place décrochée à la CAN 2015. "J’aurais tout connu avec les Léopards !", confirme-t-il. "De Shabani Nonda à Yannick Bolasie, en passant par Lomana Lua-Lua ou Dieumerci M’Bokani, j’ai joué aux côtés de joueurs de grande qualité. Mais je suis convaincu que la génération la plus talentueuse avec laquelle j’ai joué est celle d’aujourd’hui ! Et en plus du talent, dans cette équipe, il y a de l’ambiance, de l’enthousiasme, du respect…"

C’est vrai qu’il y a de tout dans ce groupe congolais, à la fois hétéroclite et homogène. Et si les Bolasie et Cédric Bakumbu, attaquant d’Everton et de Villarreal respectivement, sont indispensables, Zakuani fait tout autant figure de star de la sélection, en tant que capitaine,  bien qu’il évolue à Northampton Town Football Club… en troisième division anglaise. "Je n’ai aucun souci par rapport à ça, et je ne pense pas que ça puisse poser de problème non plus à mes coéquipiers", confie-t-il. "Je suis tout simplement heureux d’être en sélection et de pouvoir savourer l’expérience que je suis en train de vivre avec les Léopards."

"Globalement, je n’ai aucune frustration. J’ai pu avoir un bon aperçu de ce qu’était la Premier League, lorsque j’ai joué à Fulham, entre 2006 et 2009, même si je vivais cela beaucoup du banc. Ensuite, j’ai vécu de superbes moments en aidant Stoke City à décrocher son billet pour l’élite en 2008", ajoute cet Anglais d’adoption, arrivé outre-manche à l’âge de neuf ans après que son père, traducteur, a trouvé du travail à Londres. "Ma carrière en club me satisfait pleinement, quand à ma carrière en équipe nationale, elle me comble évidemment. C’est un immense honneur de pouvoir porter les couleurs de son pays. Et il y a encore plus de fierté et de plaisir lorsqu’on on porte le brassard et qu’on gagne…"

Cela a été le cas, en octobre dernier, lors du premier match de la RD Congo dans le troisième tour des qualifications africaines pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018. Les Léopards se sont imposés 4:0 face à la Libye. "Cela ne pouvait pas mieux commencer", résume le défenseur d’1m86. "Gagner, à domicile, sur ce score, prendre la tête du groupe, engranger de la confiance, c’est idéal ! Bien sûr ce match n’était qu’une étape, et il y en a une autre qui arrive à l’horizon, avec ce match face à la Guinée. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on est sur la bonne voie," conclut le capitaine, le cap mis sur la Russie.