Ancien capitaine de la République de Corée, Hong Myungbo est encore considéré comme l'un des meilleurs défenseurs centraux de l'histoire du football asiatique. Aux quatre coins du continent, il inspire encore de nombreux jeunes. L'un de ces joueurs prometteurs n'est autre que Jang Hyunsoo. Le compatriote de Hong fait actuellement des merveilles au sein de l'arrière-garde des Guerriers Taeguk mais aussi à Guangzhou R&F, en Super League chinoise.

Le joueur de 24 ans a fait ses premiers pas en sélection il y a trois ans, appelé par Hong lui-même. Sa progression a suivi une courbe ascendante, ce qui lui vaut désormais d'être régulièrement convoqué par l'actuel sélectionneur, Uli Stielike. Jang a été titularisé à quatre reprises dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ et à deux journées du terme, son équipe n'a jamais été aussi proche de valider son billet pour le prochain tour. En club, il a largement contribué à propulser Guangzhou R&F sur le podium du championnat de RP Chine en 2014. La saison suivante, les Lions Bleus faisaient leurs grands débuts en Ligue des champions de l'AFC.

Les performances de Jang ne sont pas passées inaperçues au cours de cette période, au point que les médias coréens et chinois n'hésitent plus à le comparer à Hong. En dépit de ce concert de louanges, il préfère garder son profil bas. "Je suis évidemment très fier d'être comparé à quelqu'un comme Hong", confie Jang à FIFA.com. "Je suis encore très loin de son niveau. Il parle beaucoup et il m'a donné des conseils qui se sont révélés très utiles à l'entraînement et en match. Je me suis rendu compte qu'il me restait une marge de progression très importante."

Surnommé le Libéro coréen, Hong a inscrit dix buts en 136 sélections. Les supporters sud-coréens se souviennent sans doute avec émotion de son tir au but victorieux lors de la victoire (5:3) sur l'Espagne en quart de finale de Corée/Japon 2002. Comme son aîné, Jang fait preuve d'un redoutable sang-froid dans cet exercice. Depuis le début des qualifications, il a déjà transformé deux penalties qui ont fait la différence.

Et il marque en plus
Le premier a été inscrit face au Liban, un adversaire qui avait infligé une cinglante défaite (2:1) à la République de Corée au même stade de la compétition sur la route de Brésil 2014. Motivés par cette victoire et poussés par un public enthousiaste, les Cèdres ont mis la pression dès le coup d'envoi. Mais Jang a ouvert le score en milieu de première mi-temps, lançant ainsi son équipe sur la voie d'un succès sans appel (3:0). Le défenseur a renouvelé la performance dès la journée suivante face au Myanmar, en signant sur penalty le troisième but de son équipe (4:0).  

"Quand on tire un penalty, la clé, c'est la confiance", explique Jang. "Bien entendu, il faut aussi s'entraîner. C'est le meilleur moyen d'améliorer sa technique et son attitude. Il faut se sentir sûr de soi au moment de défier le gardien de but."

Jang s'est fait un nom pendant la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Colombie 2011. En tant que capitaine, il a mené son équipe en huitième de finale, avant d'échouer aux tirs au but devant l'Espagne. "J'ai beaucoup appris là-bas. Nous avions affronté de grandes équipes : la France, le pays hôte et l'Espagne. Face à de tels adversaires, on ne peut que progresser. En termes de confiance et de mentalité, nous avons franchi un palier."

En dépit de ses progrès, Jang n'a pas pu convaincre Hong de l'emmener avec lui au Brésil pour disputer la Coupe du Monde 2014. Mais le défenseur assure que cette déception l'a motivé à travailler d'arrache-pied. "Ça m'a fait prendre conscience du fait que je n'avais pas encore le niveau pour participer à une Coupe du Monde. J'ai compris quels étaient mes défauts et je suis tout de suite retourné à l'entraînement pour les gommer."

Deux ans plus tard, Jang fait partie des habitués de la sélection. Compte tenu de l'excellent parcours de la République de Corée dans la compétition préliminaire, l'espoir coréen peut légitimement espérer être du voyage en Russie en 2018. Les plus beaux accomplissements se font souvent dans l'adversité, et le  "nouveau Hong" pourrait être la plus belle source d'inspiration pour tout un pays.