Aussi surprenant que cela puisse paraître, le football hongkongais repose sur une longue et riche tradition. La Fédération hongkongaise de football a été créée dès 1914 et le club de South China est quant à lui  l'un des plus titrés au monde. À l'échelle continentale, Hongkong a participé à la fondation de la Confédération asiatique de football en 1954. Deux ans plus tard, ce petit territoire situé sur la côte sud de la RP Chine organisait l'édition inaugurale de la Coupe d'Asie des Nations. La sélection locale avait alors atteint le dernier carré et réédité cette performance huit ans plus tard.

Mais tout cela remonte à une époque lointaine et la participation à une Coupe du Monde de la FIFA™ n'est toujours qu'un rêve. La sélection actuelle, justement, est peut-être en passe d'écrire la plus belle page de l'histoire du football hongkongais. Le 24 mars prochain, Hongkong se rend au Qatar afin d'y disputer son dernier match du deuxième tour des qualifications pour Russie 2018. En cas de victoire, il pourrait atteindre la dernière étape des qualifications asiatiques pour la première fois depuis la campagne 1978.

Hongkong accuse quatre points de retard sur le Qatar, leader du groupe, mais en possède trois d'avance sur la RP Chine, qui compte un match en moins. Les hommes de Kim Pan-gon espèrent garder le grand rival à distance et ainsi conserver toutes leurs chances d'obtenir une place de meilleure deuxième en vue du troisième tour. "Les joueurs travaillent très dur pour réussir", affirme le défenseur central hongkongais Festus Baise au micro de FIFA.com. "Nous avons absolument besoin de points contre le Qatar pour avoir l'opportunité de jouer contre des équipes comme la République de Corée, le Japon ou l'Iran."

L'attaquant Paulo Carreira confirme les dires de son coéquipier et insiste sur la détermination de l'équipe : "Le Qatar est très fort et obtenir un bon résultat là-bas sera très compliqué. Mais aucun de nous n'a peur de relever ce défi, il faudra tout donner et se battre tous ensemble", annonce-t-il.

Le Projet Phénix
Sous l'égide de leur sélectionneur sud-coréen, les Hongkongais forment un ensemble solide et bien organisé. Lors de ce deuxième tour qualificatif, ils n'ont même concédé que trois buts en l'espace de sept matches, tous survenant lors d'une courte défaite 3:2 à domicile contre le Qatar. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous qualifier et nous sommes beaucoup plus en confiance que les années précédentes", ajoute Baise, d'origine ghanéenne. "Kim Pan-gon a permis aux joueurs de prendre conscience de leurs capacités. Il a mis en place la tactique et le système de jeu qu'il voulait. Il pousse les joueurs à travailler toujours plus dur. Les progrès se sont rapidement fait sentir."

Baise, qui est actuellement sous contrat avec la formation chinoise de Guizhou Hengfeng Zhicheng, a acquis une petite renommée planétaire en 2011 en inscrivant un but contre son camp d'un fameux "coup du scorpion". Aujourd'hui, c'est pour des raisons complètement différentes qu'il espère entrer dans les annales. "Nous pouvons changer beaucoup de choses dans le football hongkongais. Nous avons la possibilité de nous qualifier pour une Coupe du Monde et d'écrire l'histoire. Cela attirerait l'attention sur nous et l'équipe nationale gagnerait le respect des gens", espère-t-il.

Ces dernières années, toutes les composantes du football hongkongais se sont énormément développées grâce au Projet Phénix initié par la fédération. La sélection a désormais l'opportunité unique de valider tous ces progrès en frappant un grand coup sur la scène internationale.