Le deuxième tour des qualifications de la Zone Asie pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ aura marqué un tournant pour plusieurs nations. Plutôt discrètes jusqu'ici sur la scène internationale, certaines équipes ont défriché de nouveaux territoires.

La Thaïlande a confirmé les bons résultats de ses clubs en Ligue des champions de l'AFC en atteignant le troisième tour des qualifications, après avoir terminé à la première place de son groupe. La Syrie, de son côté, a dépassé toutes les attentes en franchissant l'obstacle du deuxième tour, avec six victoires en huit matches, malgré les affrontements qui ont actuellement lieu sur son sol.

La campagne de Russie 2018 a en revanche pris fin pour d'autres, dont les performances historiques ne sont cependant pas passées inaperçues. Le tour d'horizon de FIFA.com.

Afghanistan 
L'Afghanistan est sur une trajectoire ascendante après avoir traversé près de deux décennies d'instabilité politique. Depuis leur retour sur la scène internationale, en 2002, les Afghans ont réalisé d'importants progrès, encore plus marqués ces dernières années. Incapables d'enregistrer le moindre succès lors de leurs trois dernières campagnes de qualification pour la Coupe du Monde, ils en ont cette fois signé trois, dont un de prestige face à Singapour, quadruple champion d'Asie du sud-est. Contraint de disputer ses matches à domicile en Iran, l'Afghanistan a néanmoins pu compter sur sa large diaspora pour l'aider à décrocher cette victoire, la plus belle de son histoire en Coupe du Monde. Les Afghans peuvent légitimement rêver d'une première participation à la Coupe d'Asie de l'AFC après avoir gagné leur billet pour les qualifications.

Guam 
Difficile d'imaginer une île de 170 000 habitants prendre le meilleur sur un pays qui en compte plus d'un milliard. C'est pourtant ce que Guam est parvenu à réaliser, face à l'Inde, sur la route de Russie 2018, après avoir concédé seulement 15 ans auparavant une défaite record (19:0) en match de qualification pour la Coupe du Monde. Ce grand écart traduit les progrès réalisés, à la fois techniquement et mentalement, grâce à l'entraîneur anglais Gary White. Sous ses ordres, l'équipe a pleinement épousé sa culture indigène chamorro. Nation isolée du Pacifique nord, Guam a atteint des sommets étonnants au regard de sa population. La victoire des Matao face à l'Inde, en juin dernier, avait été précédée d'une première, quelques jours plus tôt, lors d'un match à domicile face au Turkménistan. Mise à part sa double confrontation contre l'Iran, Guam, quatrième de son groupe, n'a concédé que trois buts en six matches.

Hongkong 
Hongkong possède une riche histoire footballistique, qui remonte au début du siècle dernier, bien avant la fondation de la Confédération asiatique de football, dans les années 1950. Place-forte du football asiatique il y a plusieurs décennies, ce territoire situé sur la côte de la RP Chine est en voie de retrouver son lustre d'antan. Son résultat le plus marquant en qualifications pour la Coupe du Monde reste un succès improbable face aux Chinois, en 1985, mais ses deux matches nuls face au puissant voisin ont contraint cette fois le pays le plus peuplé du monde à patienter jusqu'à la toute dernière journée. Hongkong a finalement terminé à la troisième place du groupe, à trois points seulement de la qualification. Dirigée par le sud-coréen Kim Pangon, l'équipe nationale bénéficie du travail effectué à la base, ces dernières années, par la Fédération hongkongaise.

Palestine 
Après avoir disputé sa première Coupe d'Asie au début de l'année 2015, la Palestine a poursuivi sur sa lancée lors des qualifications pour Russie 2018. Troisième de son groupe, elle a enregistré d'excellents résultats en dépit de circonstances particulières. Les Palestiniens ont ainsi décroché un match nul et vierge face aux Émirats Arabes Unis, qui disposent pourtant de l'une des meilleures attaques du continent. Une performance confirmée, sur le même score, face à l'Arabie Saoudite en plein renouveau, alors que la rencontre se disputait en terrain neutre, en Jordanie. La Palestine n'avait jamais fait aussi bien jusqu'ici, avec trois victoires en huit matches. Dotée de joueurs à la fois techniques et puissants, elle peut envisager l'avenir sereinement.

Philippines 
Longtemps considérées comme l'un des maillons faibles d'Asie du sud-est, les Philippines ont réussi à se défaire de cette étiquette au cours des dernières années. Le travail initié par le technicien allemand Michael Weiss a été poursuivi plus récemment par l'ancien capitaine américain Thomas Dooley et les Azkals sont désormais en mesure de donner la réplique à n'importe quelle équipe du continent. Ils l'ont prouvé en revenant au score s'imposer 3:2 face à une équipe qualifiée pour la Coupe du Monde 2010, la RDP Corée, pourtant réputée pour sa solidité défensive. Ce résultat est d'autant plus probant qu'un succès aurait permis aux Nord-Coréens de rester dans la course pour Russie 2018. Les Philippins n'avaient plus participé aux qualifications de la Coupe du Monde depuis la campagne pour Afrique du Sud 2010. Mais leur nouvelle équipe, dont beaucoup de joueurs ont évolué à l'étranger, a remporté trois de ses huit matches, faisait nettement mieux que la seule victoire enregistrée lors de ses 13 sorties précédentes.