Du haut de ses 20 sélections en équipe de France, Louis Saha connaît la marche à suivre pour réussir dans de grandes compétitions internationales. Avec les Bleus, l’ancien attaquant - passé par Newcastle, Manchester United, Tottenham et la Lazio de Rome notamment - a atteint la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™. Alors, quand approche le coup d’envoi d’un tournoi tel que l’UEFA EURO 2016, P'tit Louis a un avis, mais pas forcément de favori !

"Cela va être très serré", confie le natif de Paris, devenu "consultant-agent" pour un groupe anglais de sport management, dans un entretien à www.sc.qa. "Je ne peux miser sur une victoire française, dans la mesure où il y a des équipes comme l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique, sans oublier l’Angleterre et d’autres sélections de grande qualité." Mais plutôt rares étaient ceux qui pronostiquaient sur un sacre de la France il y a 18 ans dans l’épreuve mondiale…

"Nous sommes dans le même esprit de 1998, ça peut être un avantage", souligne d’ailleurs Saha. "La mentalité était peut-être légèrement différente, puisqu’à cette époque il y avait 15 véritables leaders dans l’équipe. Aujourd’hui, l’équipe a l’air plus jeune. Elle est également pleine de talents, mais elle manque peut-être de leaders justement. Mais qui sait ? Le football est plein de surprises, on a bien vu Leicester City remporter la Premier League", ajoute celui qui a été champion d’Angleterre 2007 et 2008, sous le maillot des Red Devils.

Embarras du choix et choix de l'embarras
En ancien buteur des Bleus qu’il est, Saha a évidemment eu un regard attentif sur les choix offensifs de Didier Deschamps à l’heure de la divulgation de sa liste des 23. Le choix de se passer de Karim Benzema a particulièrement interpellé l’ancien Messin : "C’était une décision attendue compte tenu de ce qui s’est passé. Ce n’est jamais bon d’être impliqué dans de telles histoires. Un problème dans un groupe peut potentiellement diviser un vestiaire, comme ça a pu être le cas par le passé", souligne-t-il.

Et d’ajouter : "Les choix du sélectionneur sont compréhensibles, mais c’est dommage de se priver d’un tel joueur, qui est pour moi l’un des trois meilleurs Français. Et on peut s’imaginer combien cela a dû être difficile pour Didier Deschamps de prendre une telle décision. Quand vous avez à votre disposition des joueurs du calibre de Samir Nasri, Hatem Ben Arfa, ou encore Mathieu Valbuena, c’est triste mais vous devez tout de même trancher ! La compétition est longue, on vit ensemble, il faut que tout le monde s’entende, joueurs et sélectionneur."

De passage au Qatar, à Doha, Saha a également évoqué la longue et belle compétition que le pays va accueillir en 2022. Un rendez-vous qu’il connaît donc bien pour l’avoir vécu du début jusqu’à la fin, il y a 10 ans : "Tous les pays arabes vont apporter leur soutien et feront en sorte que cette Coupe du Monde soit inoubliable. Ils ont la capacité de le faire, tout est question de ne faire qu’un, de ne faire qu’une équipe", note le Français, avant de conclure : "Je suis convaincu que ce sera un très beau tournoi parce que ce sont les fans qui en ont les clés. Les fans réaliseront à quel point tout a été organisé selon leurs attentes".