Le Ronaldo de France 1998 semble n'avoir marqué les mémoires que par le mystérieux malaise qui l'a saisi avant la finale. Il est vrai que l'émotion soulevée par cet épisode, qui a laissé le Brésil sous le choc, a éclipsé le parcours de la Seleçao dans l'Hexagone. "J'ai été pris d'une convulsion dans l'après-midi, après le déjeuner", se souvient Ronaldo. "Je suis resté inconscient pendant trois ou quatre minutes. Je ne sais pas pourquoi. Personne ne le sait. Le stress ou les nerfs, peut-être. Quand on vit une compétition, on s'immerge dedans, plus rien d'autre ne compte. On ne peut pas se déconnecter. C'est une grosse pression."

Ronaldo l'a pourtant surmontée et a passé le tournoi à justifier sa réputation de plus grand joueur du monde. Sa méforme en finale ne doit pas faire oublier qu'il a été élu Ballon d'Or adidas en France avec plus du double des votes de son plus proche concurrent.

Son quatrième but, objet de notre photo, est l'un des bijoux qui ont fait de lui le meilleur joueur de la compétition. Il a ouvert le score d'une demi-finale épique face aux Pays-Bas et illustre à merveille le génie de l'attaquant. O Fenômeno a surgi dans le dos de la défense néerlandaise et laissé ses adversaires sur place d'une puissante accélération, avant de décocher une frappe imparable dans la cage du malheureux Edwin van der Sar. Rivaldo, qui lui avait adressé un sublime ballon en profondeur, souligne à quel point son coéquipier facilitait la tâche du passeur. "On était en symbiose", assure l'ancien joueur du FC Barcelone. "Il connaissait mon jeu et je savais où il aimait recevoir la balle. C'était un plaisir de jouer avec lui, parce qu'il était doué d'un sens du placement très sûr. Dès que je prenais le cuir, il anticipait mes mouvements."

Ronaldo a de nouveau trouvé les filets lors de l'épreuve des tirs au but qui a décidé de l'issue de la demi-finale, après l'égalisation de Patrick Kluivert. Mais sa dynamique allait être brisée net par l'incident survenu le 12 juillet 1998 après-midi, qui suscite toujours autant d'interrogations. Mais serait-il allé aussi loin dans le tournoi sans un Ronaldo au sommet de son art ?

Le saviez-vous ?
Les fameuses feuilles de match modifiées avant la finale, l'une sans, l'autre avec Ronaldo dans le onze de départ, sont exposées dans la vitrine consacrée à France 1998 au Musée du Football mondial de la FIFA à Zurich.