Ils avaient un libéro plus habile qu'un attaquant, un joueur dont la frappe était aussi forte que sa coiffure était soignée et qui jouait où il voulait, et un buteur avec des cuisses de 64 centimètres de diamètre. Dans leur pays natal, on les surnommait Der Terrier (le chien de chasse), Die Katze von Anzing (le chat d'Anzing), Eisenfuß (pied de fer), Der Kaiser ou encore Der Bomber. Il s'agit bien évidemment de la République Fédérale d'Allemagne entraînée par Helmut Schön. Individuellement et collectivement, ses joueurs ont établi des statistiques qui font rêver au cours de trois éditions successives de la Coupe du Monde de la FIFA™ : en Angleterre (1966), au Mexique (1970) et à domicile (1974).

1980 minutes : c'est le temps passé par Uwe Seeler sur le rectangle vert en Coupe du Monde. Seuls Paolo Maldini (2 220) et Lothar Matthäus (2 052) ont fait mieux. La légende d'Hambourg a disputé 21 matches en Coupe du Monde, ce qui le place au quatrième rang de ce classement particulier, derrière Matthäus (25), Miroslav Klose (24) et Maldini (23). À noter que Seeler a réussi cela à une époque où il n'y avait que 16 équipes en phase finale de Coupe du Monde.

74 mètres : c'est la distance depuis le but adverse, à laquelle Helmut Haller a reçu le ballon lors du premier match de la R.F.A à Angleterre 1966, avant de dévaler quasiment toute la longueur du terrain d'Hillsborough pour aller battre le gardien suisse et offrir le but du 2:0 à son pays. Aucun joueur, dans l'histoire de la Coupe du Monde, n'a réussi à marquer en partant aussi loin du but adverse sans perdre le ballon.

35 minutes : c'est le retard avec lequel le coup d'envoi du match entre la Pologne et la R.F.A – décisif pour l'accession en finale de l'édition 1974 – a été donné. La raison ? Les pompiers de Francfort étaient occupés à essayer de rendre praticable une pelouse du Waldstadion complètement gorgée d'eau. Ce n'est pas le seul match de la Nationalmannschaft dans cette Coupe du Monde à domicile à ne pas avoir commencé à l'heure prévue. "J'allais siffler le coup d'envoi de la finale quand je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de drapeau sur les poteaux de corner", raconte l'arbitre Jack Taylor. "Nous avons dû attendre, alors que des millions de personnes regardaient dans le monde entier, qu'un gamin fasse le tour du terrain et pose un drapeau sur chaque poteau."

31 mètres : c'est la distance à laquelle Paul Breitner a déclenché sa frappe qui a permis à son équipe de l'emporter 1:0 sur le Chili, pour l'entrée en lice du pays hôte à Allemagne 1974. Le tir de Breitner est venu conclure une action en dix passes.

7 buts en Coupe du Monde inscrits à l'intérieur du rectangle des six mètres : ce record appartient à Gerd Müller, qui est suivi dans ce classement par son compatriote Miroslav Klose (6), le Français Just Fontaine (5) et l'Anglais Gary Lineker (5). Sur les 14 buts qu'il a marqués en Coupe du Monde, Müller n'en a pas réussi un seul de l'extérieur de la surface de réparation. La moitié de ses réalisations ont été réussies de la tête (5) ou sur reprise de volée (2).

6 semaines après avoir porté un maillot blanc et un short noir adidas dans la finale de l'Olympiastadion, Bernd Holzenbein et Jürgen Grabowski ont porté la même tenue dans une autre finale, celle de la Coupe d'Allemagne 1973/74, qui avait été reportée en raison de la Coupe du Monde. Holzenbein, qui avait obtenu le penalty grâce auquel Paul Breitner avait égalisé contre les Pays-Bas, a permis à l'Eintracht Francfort – sur un lob – de prendre l'avantage dans la prolongation. Un peu plus tard, Grabowski a donné le ballon sur lequel Wolfgang Kraus a marqué de la tête le but du 3:1 – score final – pour Francfort à Düsseldorf.

5 minutes est le temps qui a séparé Erwin Kremers d'une participation à Allemagne 1974. Si cela s'était produit, lui et son frère Helmut auraient permis à cette dixième édition de la compétition d'avoir deux paires de frères jumeaux dans les diverses sélections en lice (avant cela, jamais des jumeaux n'avaient participé ensemble à l'épreuve). Oui, mais. À cinq minutes du terme du dernier match de Schalke dans le championnat d'Allemagne 1973/74, l'attaquant blond s'en est pris à l'arbitre Max Klauser, le traitant à plusieurs reprises de "porc stupide". Immédiatement exclu, Kremers a ensuite écopé d'une suspension de 14 matches, ce qui l'a empêché de participer à la Coupe du Monde 1974, contrairement à son frère et aux jumeaux néerlandais René et Willy van de Kerkhof.

5 buts en prolongation – un record en Coupe du Monde – est ce que la R.F.A et l'Italie ont présenté au monde en demi-finale de Mexique 1970. Roberto Boninsegna avait ouvert le score pour la Nazionale dès la huitième minute. Les Allemands égalisent dans le temps additionnel sur une volée de Karl-Heinz Schnellinger, qui marque à cette occasion son seul but en équipe nationale en 47 sélections. Cette égalisation est le premier d'une série de six buts en 21 minutes, le sixième et dernier – et celui de la victoire – étant inscrit par Gianni Rivera 21 secondes après le coup d'envoi qui a suivi l'égalisation de Gerd Müller. Courageusement, Franz Beckenbauer a disputé la dernière demi-heure du "Match du Siècle" avec le bras en bandoulière après s'être déboîté l'épaule peu avant la fin du temps réglementaire.

4 buts par match : c'est la moyenne de buts inscrits dans les 12 matches auxquelles la R.F.A a participé dans les éditions 1966 et 1970 de la Coupe du Monde. Pas mal pour une équipe dirigée par un entraîneur soi-disant obsédé par la défense, et à comparer avec les 2,2 buts par match en moyenne produits par les rencontres de l'Angleterre lors de ces deux compétitions.

3 minutes : c'est l'avance de Seeler sur Pelé pour devenir le premier joueur à marquer dans quatre éditions de la Coupe du Monde. Le Brésil et la R.F.A avaient entamé la Coupe du Monde 1970 au même moment, respectivement contre la Tchécoslovaquie à l'Estadio Jalisco et le Maroc à l'autre Nou Camp.

3 fois dans les trois premiers d'une Coupe du Monde : Helmut Schön est le seul entraîneur à avoir réussi à placer son équipe dans le trio de tête à trois reprises. Sous ses ordres, la R.F.A. a été deuxième en 1966, quatrième en 1970 et première en 1974. Vittorio Pozzo, Carlos Bilardo, Franz Beckenbauer et Mario Zagallo ont quant à eux réalisé la même prouesse aux commandes de la sélection de leur pays chacun à deux reprises.

2 heures de l'après-midi : c'est l'heure à laquelle Helmuth Schön est finalement sorti de sa chambre d'hôtel après la défaite de la R.F.A. contre la R.D.A (République démocratique d'Allemagne) dans le dernier match de groupe des deux équipes en 1974. Certes, au coup d'envoi, les Allemands de l'Ouest étaient déjà qualifiés pour le deuxième tour et cette défaite leur permettait d'éviter au deuxième tour l'Argentine, le Brésil (champion du monde en titre) et une équipe des Pays-Bas au sommet de son art. Mais Schön n'en restait pas moins profondément déçu d'avoir perdu contre son pays natal. Alors âgé de 58 ans, il ne s'était pas présenté au déjeuner collectif et avait annulé la conférence de presse prévue dans l'après-midi.

2 champions continentaux en titre – chiffre étonnamment bas – sont parvenus à gagner la Coupe du Monde après leur sacre continental. Il s'agit de la R.F.A. (en 1974) et de l'Espagne (en 2010).

1,4 mètre de la ligne de but : c'est là que se trouvait Lothar Emmerich quand il a déclenché sa demi-volée époustouflante contre l'Espagne en 1966. Manuel Sanchis, qui était chargé de marquer Emmerich ce jour-là à Villa Park, avait dit aux journalistes après la rencontre que c'était "la frappe la plus difficile qu'il ait jamais vue et qu'il verrait dans sa carrière". Beau compliment, de la part d'un joueur qui avait quand même comme coéquipier au Real Madrid un certain Ferenc Puskas ! Emmerich a disputé quatre matches à Angleterre 1966 mais curieusement, il n'a joué qu'une seule rencontre internationale en dehors de cela.