2016 n’a été presque que réjouissances pour Aymen Mathlouthi. Avec l’Etoile du Sahel, club auquel il est fidèle depuis 14 ans, le gardien de but international a été sacré champion, neuf ans après son dernier sacre. En sélection, il a décroché sa qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2017 et débuté le troisième tour des qualifications africaines pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018 par deux succès. Hors terrain, il s’est marié en grandes pompes, en mai, sous le regard de nombreux et prestigieux convives parmi lesquels Aymen Abdennour. Bref, Mathlouthi a été à la fête ces derniers mois.

"C’est vrai que cette année a été pleine tant sur le plan sportif que sur le plan personnel", analyse le portier de 32 ans, au micro de FIFA.com, à l’aube de 2017. "Tout s’est bien enchaîné. Il me serait difficile de détacher un évènement par rapport à un autre, si ce n’est peut-être le point de départ de tout cela, qui date de 2015 : notre victoire en Coupe de la CAF. Au-delà de déclencher cette bonne dynamique, ce titre a fédéré la Tunisie qui en avait bien besoin. J’ai eu le sentiment que tous les clubs et tout le peuple tunisien étaient derrière nous. C’était beau."

Rassembler et mobiliser un groupe vers un objectif, telle est l’une des prérogatives du capitaine. L’intéressé, qui fait l’unanimité en Tunisie, porte à la fois le brassard en club et en sélection. Un rôle qu’il apprécie tout en lui reconnaissant des limites. "C’est autant de fierté que de responsabilités. On doit vraiment donner de sa personne. Mais je fais partie des 'anciens' en club comme en sélection, j’imagine que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai été nommé capitaine", souligne le portier, sans plus s’appesantir sur son rôle.

Une véritable fixation
 Il faut dire que le joueur est modeste. Il n’aime pas tellement parler de lui et de son immense talent. Mais si l’Etoile du Sahel et les Aigles de Carthage ont connu une année riche en succès, c’est en partie grâce à lui. Les chiffres ne trompent pas. L’Etoile du Sahel a terminé première du championnat 2015/16 avec la meilleure défense de la ligue (17 buts encaissés), la sélection tunisienne est, elle, parmi les quatre équipes - avec le Gabon, le Maroc et l’Ouganda - à n’avoir pas encaissé le moindre but dans le troisième tour des qualifications africaines qui a débuté en octobre dernier : "Honnêtement, je ne tire aucune gloire personnelle à tout cela. Je ne fais que mon métier qui est de rassurer une équipe, de donner le maximum et d’apporter de la stabilité", martèle-t-il. "Et je pars toujours du principe qu’on peut faire mieux."

Au vu du palmarès déjà bien garni du joueur - il a tout gagné en club sur le continent, de la Coupe de la CAF en 2006 et 2015, à la Ligue des Champions de la CAF en 2007 en passant par le championnat tunisien en 2007 et 2016 -, c’est en sélection qu’il peut écrire des nouvelles lignes à son CV. Cela tombe bien, la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2017 est sur le point de débuter, et une Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018 se pointe également à l’horizon. "On va évidemment faire notre possible pour obtenir le meilleur résultat dans cette CAN . C’est une compétition qui nous tient à cœur. Mais à titre personnel, si je devais choisir entre un titre à la CAN et une participation à une Coupe du Monde, j’opte pour le Mondial sans hésiter !"

Et de poursuivre : "J’échangerais même deux titres de champion d’Afrique contre une participation à la Coupe du Monde !", confie-t-il. "J’ai déjà eu un petit avant-goût en 2007 puisque j’ai eu la chance de disputer une Coupe du Monde des Clubs, au Japon. Nous avions battu Pachuca en quart de finale, mais nous avons été battus par Boca Juniors en demi-finale et par Urawa Reds dans le match pour la troisième place. Malgré ces défaites, cela reste un très grand souvenir. Mais au-delà de tout, je rêve de prendre part à 'LA' Coupe du Monde avec mon pays. J’avoue : je fais une véritable fixation."

Les combats de Belbouli

Mathlouthi s’est donné les moyens d’y parvenir. Après deux journées, les hommes d’Henryk Kasperczak ont fait le plein de points dans un Groupe A scindé en deux, puisque les Aigles de Carthage se partagent la tête de la poule avec la RD Congo et que la Guinée la Libye n’ont toujours pas gagné le moindre point : "Certes, on a gagné contre la Libye et la Guinée qui sont de très bonnes équipes, notre départ dans cette compétition a été bon, mais ce n’est que le début. Il faut se tourner vers 2017 : ce sont les deux prochains matches qui vont réellement être décisifs. Ce sont ces matches qui vont éclairer ou assombrir notre route vers la Russie", note-t-il à propos de la double confrontation à venir face aux Leopards, qui se jouera à l’été 2017.

Avant cela, Belbouli - un surnom qu’il tient de sa ressemblance physique avec Taoufik Belbouli champion du monde de boxe en 1989 - a quelques autres combats à gagner, à commencer par le Tunisie-Sénégal de ce 15 janvier, premier match des Aigles de Carthage dans la CAN 2017. Son but : ne pas en prendre, et débuter une année d’une aussi bonne manière qu’il a conclu la précédente.