A l'occasion de son 57ème anniversaire, ce 30 octobre 2017, Diego Maradona ouvre la boîte à souvenirs. Au micro de FIFA.com, El Pibe de Oro revient, en détails, sur cinq grands moments de Coupe du Monde.

De son premier but dans la compétition à son son unique carton rouge, en passant par le But du siècle ainsi que d’autres gestes mémorables, l'Argentin revient dans les année 80 pour notre plus grand plaisir. Cadeau !

18 juin 1982
Argentine 4:1 Hongrie : Premier but en Coupe du Monde de la FIFA

"Moi, tout ce que je voulais, c’est envoyer le ballon au fond, rien de plus. On avait perdu contre la Belgique lors de notre entrée en lice et la situation était en train de se compliquer. J’avais déjà marqué avec les U-20, mais en Coupe du Monde, le sentiment est incomparable. C’est comme quand votre mère vient vous réveiller avec le petit déjeuner. Un moment de pur bonheur, comme embrasser ma mère sur la bouche, ce que j’avais l’habitude de faire d’ailleurs. Beaucoup de choses me sont passées par la tête à ce moment-là".

2 juillet 1982
Argentine 1:3 Brésil : Exclusion après une faute grossière sur Batista

"J’en ai parlé de longues années plus tard avec Batista et je l’ai dit aussi à Falcao. À 3:1, ils ont commencé à nous charrier et moi, je n’aime pas perdre. Il m’a dit ‘mais non, Diego, on a juste joué le football qu’on aime’. Ce qui se passe c’est que si j’ai trois buts d’avance et que je chante ‘Olé, olé, olé’ au visage de mon adversaire pendant qu’on joue à la baballe, il y a un moment où ça finit par mal se passer. Il suffit d’avoir un peu de sang dans les veines pour que ça se termine mal. Par contre, oui, je me suis trompé de joueur en faisant la faute. Incroyable".

22 juin 1986
Argentine 2:1 Angleterre : Le but du siècle

"Je n’ai jamais marqué un autre but de ce genre. J’en ai mis de beaux, mais là, c’était en Coupe du Monde. C’était un rêve de gosse. On a tous rêvé de dribbler toute l’équipe adverse, y compris Peter Shilton. Je ne comprends toujours pas ce qu’il a fait, d’ailleurs. Peut-être qu’il a été kidnappé par des fantômes ou par des ovnis. Parce qu’il ne couvrait rien ! Je n’ai pas eu besoin de me forcer pour le battre !"

"En tout cas, je n’en ai toujours pas assez de le revoir. Comme disait ma mère quand je la trouvais en train de regarder les buts à la télé, ‘Oh, maman, tu regardes encore les buts !’. Elle me disait que le fait de voir le but marqué par son fils la mettait dans un état de décontraction totale. ‘Si tu veux y aller, vas-y. Moi, je vais rester ici à regarder tes buts’".

24 juin 1990
Argentine 1:0 Brésil : But de Claudio Caniggia

"Les Brésiliens ont dit que c’était la faute d’Alemão, mais lui, je lui passe devant. Celui que je balance vraiment, que je repousse du coupe pour qu’il ne puisse pas se servir de ses mains ni de ses jambes, c’est Dunga. Donc la faute n’est pas d’Alemão, mais de Dunga, qui n’arrive pas à m’arrêter".

"Quand Cani a marqué, j’ai remercié dieu, ma mère et tous les saints du monde. Lui, il a juste fêté le but en levant le point, comme ça. Comme si de rien n’était… Quand on s’est vu après le match, je lui ai dit ‘dis-moi, il n’y avait pas d’émotion ! T’as vu ce que t’as fait aujourd’hui ?’. Il m’a dit ‘oui, un but’. ‘Mais non, pas juste un but. T’as fait taire tout un stade !’".

"Par respect pour les Brésiliens, sur le chemin des vestiaires, j’ai mis le maillot du Brésil. Celui de Careca, qui est un copain. Mais c’est aussi parce que j’ai eu un peu le sentiment non pas de leur voler la victoire, mais de moins mériter la qualification qu’eux. Ils nous ont mis la misère pendant tout le match mais on a réussi à les battre. C’est pour ça que le foot est le plus beau de tous les sports".

3 juillet 1990
Italie 1:1 Argentine (tab 3-4) : Tir au but transformé face à Walter Zenga

"C’était assez particulier parce que sur le terrain, au moment d’aborder les tirs au but, les Italiens me disaient qu’ils auraient dû gagner ce match. De Agostini et Zenga me disaient que le match nul était injuste. Mais depuis quand on peut parler de mérite à ce stade de la compétition ? Eux ils avaient cette impression-là et moi je pensais tout le contraire !".

"Moi, je venais de rater un tir au but contre la Yougoslavie. Donc en allant vers la surface depuis le rond central, j’ai commencé à me dire ‘si tu rates, t’es vraiment un salaud, si tu rates, c’est parce que tu te c… dessus, t’es vraiment en dessous de tout. Tu ne peux pas trahir tous ces gens qui t’aiment. Maman, papa, tes frères, tous les Argentins. Tous !’ Mais j’ai réussi à tromper Zenga et c’était fait. C’est moi qui les ai éliminés, les Italiens".