• Konstantin Rausch est né dans une ville de Sibérie de 8 000 habitants
  • En octobre, il a fait ses grands débuts avec la Russie, contre la République de Corée
  • "J'ai grandi en Allemagne, mais je n'ai jamais oublié ma patrie", assure-t-il

L'histoire de Konstantin Rausch semble tout droit sortie d'un scénario hollywoodien : né à Kozhevnikovo, une petite ville de Sibérie, il a rejoint l'Allemagne à l'âge de cinq ans. Depuis, il s'est fait un nom en Bundesliga. Après des années d'attente, il a enfin été appelé avec la Russie. 

"La plus belle conclusion, pour moi, serait de jouer une Coupe du Monde dans mon pays", insiste le défenseur du FC Cologne à FIFA.com. "Pendant longtemps, j'ai rêvé de gagner mes galons de titulaire dans un club de Bundesliga. Mais je rêve de faire partie de la Sbornaya depuis plus longtemps encore. Aujourd'hui, je veux prouver que je suis digne de représenter mon pays en Coupe du Monde. Participer à Russie 2018, c'est ma plus grande ambition dans la vie. Imaginez un peu : un garçon ordinaire, originaire de Sibérie, entre sur le terrain pour disputer le plus grand tournoi du monde, chez lui, dans son pays. Ce serait magique."

Si le rêve venait à se réaliser, on imagine que les 8 000 habitants de Kozhevnikovo fêteraient l'événement comme il se doit.

Pêcher le long de l'Ob
"Quand j'aurai raccroché les crampons et que j'aurai un peu plus de temps libre, je rentrerai dans ma ville pour voir comment on y vit. En toute franchise, je ne me rappelle pas grand-chose de mes années à Kozhevnikovo. Je sais seulement que nous allions souvent pêcher le long de l'Ob, avec mon grand-père et mon frère."

Malgré des conditions plus propices à la pratique des sports d'hiver, Konstantin s'est très vite pris de passion pour le football. "Mes parents disent qu'à deux ans, je jouais tout le temps avec un ballon. Quelques années plus tard, je l'emmenais partout avec moi. Les crosses et les palets ne m'ont jamais intéressé. Moi, ma passion, c'était le football."

Le froid sibérien a forgé son caractère. À 27 ans, Rausch compte déjà 240 matches parmi l'élite allemande à son tableau de chasse. "En Bundesliga, tout le monde sait d'où je viens", poursuit le latéral. "Quand les températures descendent en-dessous de zéro en Allemagne, mes coéquipiers commencent à se plaindre à l'entraînement. Je leur dis toujours : 'Vous trouvez vraiment qu'il fait froid ? Chez moi, il fait souvent moins 30 !'"

Six ans d'attente
Rausch a fait part de son désir de représenter la Russie pour la première fois en janvier 2011, lorsqu'il portait les couleurs de Hanovre 96. Finalement, cette première convocation tant attendue est arrivée six ans et demi plus tard.

Le latéral au tempérament très offensif a fait ses débuts officiels avec la Sbornaya le 7 octobre. Entré en jeu en seconde période, il a participé au succès 4:2 contre la République de Corée. Quelques jours plus tard, il était titularisé d'entrée face à l'Iran, à l'occasion d'un nul 1:1.  

Rausch compte en tout 51 sélections dans les différentes équipes de jeunes allemandes. Malgré ce beau parcours, la Nationalmannschaft n'a jamais fait appel à lui.

"À l'époque, certains journaux disaient que Joachim Löw s'intéressait à moi, mais ça n'est jamais allé plus loin. J'ai fait quelques très bonnes saisons à Hanovre, sans pour autant réussir à intégrer les rangs de l'équipe nationale. La concurrence de Phillip Lahm était trop forte à ce moment-là."

"Même si j'ai passé toute mon enfance en Allemagne, je n'ai jamais oublié ma patrie. J'ai fait mon choix il y a longtemps : si l'opportunité se présente, je défendrai les couleurs de la Russie."

La perspective de croiser l'Allemagne en Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ n'est évidemment pas pour déplaire à notre interlocuteur. "Ce serait fabuleux d'affronter l'Allemagne dans un stade russe", glisse-t-il en guise de conclusion. "Je connais personnellement la moitié des internationaux allemands : j'ai joué avec Toni Kroos et Sebastian Rudy chez les jeunes et j'étais à Stuttgart en même temps qu'Antonio Rudiger. Je suis également très proche de Lars Stindl."

Trois phrases que Rausch conseille à tous les supporters étrangers d'apprendre avant de se rendre en Russie

  • "Спасибо" merci [prononcez : spassiba]

"Quand on est invité quelque part, il faut toujours se montrer poli."

  • "Где стадион?" où est le stade ?  [prononcez : gdié stady-on]

"Pour tous les supporters, c'est la question la plus importante."

  •  "Где лучший ресторан?" où est le meilleur restaurant ?  [prononcez : gdié loutch-chiy ristaran]

"Après le match, il faut reprendre des forces."