Un désastre national se profilait. L'Argentine n'avait plus passé les quarts de finale en Coupe du Monde de la FIFA™ depuis 1930 et près de deux décennies la séparaient de son dernier titre en Copa America. Son capitaine, entre autres, avait quitté le navire. Mais face aux rois Platini, Zoff, Rossi, Boniek, Lato, Zico, Krol et Neeskens, personne n'a mieux manié le ballon sur les terrains argentins que les hommes de Menotti. Voici leur passionnant récit en chiffres.

48 ans, c’est le temps depuis lequel l’Argentine n’était plus remontée sur le podium de la Coupe du Monde de la FIFA™, une série qui a pris fin en 1978. Il s'agit de la plus longue période pour une sélection entre deux podiums mondiaux. Viennent ensuite la Suède avec 36 ans (de 1958 à 1994) et les Pays-Bas avec 32 ans (de 1978 à 2010).

25 ans et 1 mois, c'est l’âge auquel Daniel Passarella est devenu le plus jeune capitaine à soulever le trophée mondial. El Gran Capitán devance Bobby Moore (25 ans et 4 mois), et Diego Maradona (25 ans et 8 mois). Passarella s'est vu remettre le brassard de capitaine car peu de temps avant le début du tournoi, Jorge Carrascosa, alors premier choix pour le rôle, avait quitté le groupe pour raisons personnelles.

13 jours avant le début du tournoi, trois joueurs ont été écartés de l'équipe par Menotti : Humberto Bravo, Victor Bottaniz et... Diego Maradona ! Le jeune prodige de 17 ans, qui avait fait ses débuts en sélection 15 mois plus tôt, s'est effondré sous un arbre, en larmes, après cette annonce.

12 ans s'étaient écoulés sans que l'Argentine ne conserve ses cages inviolées dans un match de Coupe du Monde de la FIFA™, jusqu'à ce qu'Ubaldo Fillol enchaîne une série d'invincibilité de trois matches à Rosario. Exceptionnel, le Canard avait arrêté un penalty du Polonais Kazimierz Deyna et ainsi permis à l'Albiceleste de signer son premier match sans encaisser de but en neuf rencontres dans la compétition. Le gardien argentin a gardé ses cages inviolées pendant 6 heures et 15 minutes, jusqu'à ce que Dick Nanninga trouve le chemin des filets en finale.

11 heures et 38 minutes - sur un total de dix apparitions en 1974 et en 1978 - c'est le temps de jeu qu’il aura fallu à Mario Kempes pour inscrire son premier but en Coupe du Monde de la FIFA™. À l’aube du match contre la Pologne au deuxième tour de la compétition, Menotti avait convaincu Kempes de se raser la moustache afin de mettre un terme à cette disette. Débarrassé de toute pilosité faciale, El Matador a ensuite été étincelant, avec six buts en 3 matches.

8 buts avaient été marqués par les Pays-Bas lors de leurs deux seules confrontations face à l'Argentine avant la finale pour autant de victoires sans appel (4:1 et 4:0) en 1974.

6 buts ont été inscrits par l’Argentine face au Pérou pour se hisser en finale, à la différence de buts, et enregistrer ainsi sa plus large victoire (6:0) face aux Incas mais aussi en Coupe du Monde de la FIFA™. L’Albiceleste a inscrit plus de buts dans cette rencontre que sur l’ensemble de ses sept matches lors d’Italie 1990, édition que les Argentins ont bouclé à la deuxième place. Ce record de la plus large victoire dans l’épreuve reine a été égalé face à la Serbie et Monténégro en 2006, grâce à un but dans les derniers instants de Lionel Messi, alors âgé de 18 ans.

5 victoires consécutives, tel était le bilan du Brésil face à l'Argentine jusqu'au match nul vierge qui a sanctionné leurs débats dans le Groupe B. Ce résultat fait néanmoins partie de la série record de 13 rencontres sans défaite pour la Seleção face à l'Albiceleste.

5 joueurs ont marqué plus d’un but lors de trois matches de Coupe du Monde de la FIFA™ : Guillermo Stabile, Sandor Kocsis, Just Fontaine, Gerd Müller et Mario Kempes.

4 comme le nombre de matches consécutifs que l'Argentine a joués face à une sélection européenne avant le début de la compétition, sans parvenir à s'imposer. Les Argentins se sont inclinés 3:1 devant l'Allemagne de l'Ouest et ont été largement dominés au cours des nuls face à l'Angleterre, l'Écosse et la France. Les rencontres ont été disputées à la Bombonera, où les supporters ont exigé le remplacement de Menotti par l'entraîneur de Boca Juniors, Juan Carlos Lorenzo. La  Fédération argentine de football (AFA) a rapidement annoncé que les matches de groupe de la sélection se disputeraient à l'Estadio Monumental. Menotti, lui, a conservé son poste et n'a sélectionné aucun joueur de Boca Juniors pour le tournoi.

3 comme la place de la photo The embrace of the soul dans un classement établi à l'issu d'un vote par des représentants des médias et des fans pendant Corée/Japon 2002, afin de désigner les photos les plus emblématiques de l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA™. Cette émouvante image montre un fan amputé des deux bras qui avait envahi le terrain après la finale, utilisant les manches de son pull pour enlacer Fillol et Alberto Tarantini. La photo en tête du classement représente un autre Argentin : Maradona, seul face à six Belges, dans un cliché fascinant bien que trompeur (il venait de bénéficier d'un coup franc court et ses adversaires s'étaient placés dans le mur).

2 attaquants seulement figuraient dans la liste des 22 de Menotti, tandis que de nombreuses équipes en comptaient sept. Blessé, Leopoldo Luque a manqué deux rencontres et disputé le reste du tournoi dans des conditions difficiles, tant sur le plan physique qu’émotionnel. En effet, son frère a été tué dans un accident de la route le jour où l’Argentine affrontait l’Italie.

1,73 et 1,74 mètre font de Daniel Passarella et Luis Galvan la plus petite charnière centrale à remporter une Coupe du Monde de la FIFA™. Mats Hummels et Jerome Boateng, vainqueurs de l’édition 2014, composent la plus grande paire, avec 1,91 et 1,92 mètre.

1 joueur a remporté la Coupe du Monde de la FIFA™ alors qu’il n'évoluait pas en club : Alberto Tarantini en 1978, qui était alors sans club depuis six mois suite à un différend contractuel avec Boca Juniors. Menotti a tout de même sélectionné le Lapin, qui était aussi le plus jeune joueur de son équipe. L'arrière gauche a joué chaque minute de chaque match avec l’Argentine. Lorsqu’il a quitté ses fonctions en 1982, Menotti a déclaré : "Je vous laisse avec de bons joueurs : Tarantini et dix autres". Parmi ces autres figurait un certain Diego Maradona.

0 joueurs évoluant à l'étranger, telle était le mantra de Menotti au moment de composer son équipe pour le tournoi. Six internationaux avaient représenté l'Argentine, quatre ans plus tôt en RFA. El Flaco a cependant dû revenir sur sa promesse en convoquant au dernier moment Kempes, joueur du FC Valence, qui venait de remporter un deuxième titre consécutif de Pichichi. Carlos Bianchi (Paris Saint-Germain), Carlos Morete (Las Palmas), Osvaldo Piazza (Saint-Étienne), Hector Scotta (Séville) et Quique Wolff (Real Madrid), tous basés à l'étranger, ont n'ont pas été appelés.