• Le sélectionneur champion du monde Joachim Löw en visite au Musée du Football mondial de la FIFA 
  • Son seul objectif : conserver le titre suprême
  • "J'avais déjà eu l'occasion de toucher le trophée avant la Coupe du Monde 2014. Ça m'avait porté chance."

Il y a quelques semaines, le champion du monde Christoph Kramer s'était rendu au Musée du Football mondial de la FIFA à Zurich pour évoquer la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™ au Maracana. L'international allemand avait été titularisé pour ce match mais, victime d'une commotion cérébrale, il avait été contraint de quitter ses partenaires prématurément. À ce jour, il ne conserve aucun souvenir des événements. Le Musée du Football mondial de la FIFA était donc l'endroit idéal pour lui rafraîchir la mémoire. Des chaussures, des maillots et des scènes de matches font voyager les visiteurs à travers le temps et les tournois pour leur faire revivre les temps forts des différentes éditions.

Ce mardi 5 décembre, c'était au tour du sélectionneur champion du monde Joachim Löw de franchir les portes du musée pour se replonger dans l'année 2014. Contrairement à Kramer, le technicien allemand ne souffre pas de troubles de la mémoire, mais il lui a également fallu du temps pour prendre la mesure de ce que son équipe a réalisé au Brésil. "J'ai vécu cette soirée à Rio comme un film. Ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai pu me souvenir de certains détails bien précis", explique l'intéressé. "Le sentiment qui reste, c'est que nous avions réussi à former un groupe uni et que l'équipe a pu bénéficier des efforts de chacune des individualités."

Aux côtés du président de la Fédération allemande de football Reinhard Grindel, Löw a pu parcourir les allées agréablement chauffées du bâtiment afin de s'imprégner de l'histoire du tournoi, bien loin du temps maussade qui sévissait au-dehors. Vêtu de son traditionnel col roulé noir, le sélectionneur a pu revoir les buts de la demi-finale contre le Brésil (7:1) ou encore poser la main sur le Trophée de la Coupe du Monde. Loin d'être superstitieux, Löw voit dans ce contact un signe prometteur : "J'avais déjà eu l'occasion de toucher le trophée avant la Coupe du Monde 2014. Ça m'avait porté chance".

"Nous voulons à nouveau remporter la Coupe du Monde"

Joachim Löw, sélectionneur de l'Allemagne

Six mois avant le grand rendez-vous mondial en Russie, il affiche une concentration et une détermination à toute épreuve. "Je ne ressens aucun stress pendant la compétition. Ces matches représentent des moments particuliers pour moi, en tant qu'entraîneur. Je m'en réjouis à l'avance." Mais ceux qui s'imaginent que le sacre mondial vécu au Brésil est à l'origine de cette sérénité font fausse route. "Pendant huit semaines, nous avons travaillé ensemble pour atteindre un même objectif. Nous avons vécu un joie énorme. Mais, une fois rentré à la maison, il a bien fallu se poser la question : 'Et maintenant ?' Je me réveillais la nuit et je voyais défiler devant mes yeux des scènes de la Coupe du Monde", poursuit l'architecte du triomphe allemand en 2014.

Heureusement, Löw n'a pas mis bien longtemps à se fixer de nouveaux objectifs. Celui qui aurait pu se contenter de vivre de ses acquis a choisi de se remettre au travail, avec son équipe. La Coupe des Confédérations de la FIFA a été l'occasion pour lui d'offrir du temps de jeu et de l'expérience à de jeunes internationaux prometteurs. En ce qui concerne l'entraînement et la préparation, le perfectionniste ne laisse rien au hasard. Il utilise donc les derniers progrès de la technique pour améliorer les performances de ses joueurs aux niveaux technique et tactique. "Je pense que nous sommes en train de franchir un cap", souligne-t-il. "À l'avenir, les capacités cognitives et mentales des joueurs tiendront un rôle de plus en plus important. C'est la raison pour laquelle nous devons porter une attention particulière à la formation."

Toutefois, une seule chose compte à ses yeux pour l'instant : défendre le titre conquis au Brésil... même s'il se refuse à employer cette expression. "Nous voulons remporter à nouveau la Coupe du Monde", précise-t-il. En ce qui concerne le possible recours aux l'arbitres assistants vidéo (VAR), il se déclare en faveur du projet et apporte sa caution à la preuve par l'image. "Il faut donner du temps aux nouvelles technologies. Les arbitres assistants vidéo rendront le football plus équitable", estime Löw.

Arrivé au terme de sa visite, le technicien de 57 ans s'est attardé pour apposer sa signature sur le Mur des Champions. Son œil expert a immédiatement noté la présence de l'autographe de Christoph Kramer. "Qu'est-ce qu'il a bien pu raconter sur la finale ?", s'est-il interrogé en guise de conclusion, un sourire plein de malice aux lèvres.