"Oui, on souffre ! Et comme supporter, on souffre un peu plus", admet-il avec sincérité. Mario Yepes a raccroché les crampons il y a à peine un an et cela fait un moment déjà qu'il ne porte plus le maillot de la Colombie. Mais cela n'empêche pas l'éternel capitaine cafetero, aujourd'hui âgé de 41 ans, de suivre assidûment les performances de ses anciens coéquipiers. "J'ai beaucoup d'amis qui sont encore en sélection, par conséquent je suis leurs performances de très près. Je leur souhaite tout ce qu'il y a de mieux et j'essaie de leur transmettre un maximum d'énergie", explique-t-il à FIFA.com.

Au cours des 16 années qu'il a passées en sélection, Yepes a tout connu, de la souffrance que cela suppose de lutter, toujours lutter pour rester au niveau nécessaire afin de participer à trois qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA™, aux deux plus grands succès de l'histoire du football cafetero : le sacre à la Copa América 2001 et la cinquième place à la Coupe du Monde de la FIFA 2014. Yepes est donc une voix autorisée pour analyser la situation de la Colombie dans les qualifications sud-américaines pour Russie 2018.

"Le panorama n'est pas des plus dégagés", reconnaît l'ancien défenseur. L'équipe dirigée par José Pekerman est actuellement sixième. A six journées de la conclusion du tournoi préliminaire, la Colombie est en dehors des places qualificatives pour la Russie. "Il faut dire que ce n'est facile pour aucune des équipes en lice. Tout est très ouvert dans le sens où n'importe qui peut se qualifier. C'est très serré car il n'y a pas une grande différence de points, et c'est bon pour la Colombie", veut-il croire, alors que deux points seulement séparent la Colombie de la troisième place, occupée par l'Équateur. "La prochaine journée va opposer des concurrents directs. Ça va nous donner l'opportunité de revenir parmi les places qualificatives." Le 23 mars prochain propose en efet trois chocs, entre l'Uruguay et le Brésil, respectivement premier et deuxième, entre l'Argentine et le Chili, soit le cinquième contre le quatrième, et entre l'Équateur et le Paraguay, troisième et septième.

Pour la Colombie, tout passe par de bons résultats contre la Bolivie à Barranquilla et ensuite contre l'Équateur, dans un déplacement toujours compliqué à Quito. Yepes est conscient que l'équipe aura plus que jamais besoin de l'un de ses "anciens" qui semble avoir retrouvé son meilleur niveau depuis quelques mois. "Falcao est dans une bonne passe. Ça peut faire toute la différence. Nous espérons tous qu'il soit bon, et pas seulement lui. Cela vaut pour tous les joueurs, car cette double date va être très importante", estime Yepes.

Côté banc
L'analyse est fait désormais partie de son quotidien dans son rôle d'entraîneur, métier auquel il se préparait déjà lorsqu'il évoluait à l'AC Milan et qui lui permet de ne pas avoir trop la nostalgie du ballon. "Je peux travailler autant que je veux, ça ne sera jamais pareil", reconnaît l'actuel technicien du Deportivo Cali, son club formateur. "On est proche du terrain, du vestiaire, de toutes ces choses que l'on a vécues auparavant, mais ça ne remplace pas le fait de jouer. Ce qu'on faisait comme joueur nous manquera toujours, on ne peut jamais l'oublier. Mais ce sont des étapes, et puis, vous ne pouvez pas vous battre contre le temps." 

Aujourd'hui il comprend beaucoup mieux ses anciens entraîneurs. "Lorsque vous travaillez de l'autre côté de la ligne de touche, vous compreniez mieux certaines choses, même si déjà, vers la fin de ma carrière de joueur, je comprenais parfaitement toutes les décisions de l'entraîneur", explique-t-il, prenant notamment en exemple une décision qui marquera sa carrière à jamais, prise par Reinaldo Rueda. "Sur le coup je ne l'ai pas bien pris. Je voulais continuer de jouer comme attaquant !"

Car le Mariscal de la surface a commencé dans le football en marquant des buts, avant que Rueda ne le replace en défense. "Je crois qu'à cette époque, il a vu les choses mieux que moi, et ensuite j'ai fait la carrière que l'on sait. Cela n'enlève rien au fait que personne ne peut dire ce qui serait arrivé si j'avais continué à jouer comme attaquant. On ne le saura jamais", conclut-il d'un air amusé.