Dans le football néo-zélandais, Rory Fallon est associé au but qui a mis fin à la traversée du désert du pays en Coupe du Monde de la FIFA™, lors du barrage intercontinental contre Bahreïn qualificatif pour Afrique du Sud 2010. Ce but a mis un terme une absence de 28 ans des All Whites en Coupe du Monde, depuis Espagne 1982. Lors de cette édition, le père de Rory, Kevin, officiait en tant qu’entraîneur adjoint, avant d’occuper le poste de sélectionneur au milieu des années 80. Kevin Fallon, qui approche des 70 ans, est toujours actif puisqu’il était récemment aux commandes du Puaikura FC, premier club des Îles Cook à avoir atteint la phase de groupes de la Ligue des champions de l’OFC.

Ce n’est que deux mois avant le barrage pour Afrique du Sud 2010 que Rory a décroché, à 27 ans, sa première sélection. Il inscrira finalement de la tête le seul but de cette double confrontation décisive. Après son coup d’éclat, Fallon disputera les trois matches de groupe de la Nouvelle-Zélande à Afrique du Sud 2010, notamment un mémorable nul 1:1 face aux champions du monde italiens. Mais l’échec dans les qualifications pour Brésil 2014 a semblé sonner le glas de sa carrière internationale.

Passé par Swansea City et Aberdeen entre autres, Fallon a écumé les clubs sans jamais parvenir à trouver un temps de jeu régulier. En 2016, pourtant, il a reçu un appel inattendu. Bien qu’engagé dans un projet faisant la part belle à la jeunesse, le sélectionneur de la Nouvelle-Zélande, Anthony Hudson, est allé chercher ce joueur alors âgé de 33 ans chez les semi-pros de Truro City, dans l’anonymat de la sixième division anglaise. Et voilà Fallon embarqué dans une nouvelle aventure internationale, la Coupe des Nations de l’OFC en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Attaquant au physique imposant, Fallon prend aussi de la place dans le vestiaire. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, son apport s’est matérialisé par deux buts, mais aussi par son rôle de cadre sur et en dehors du terrain. Si les All Whites ont réussi à reconquérir le titre continental, leur vétéran n’y est  pas pour rien. Ce nouveau sacre océanien a offert aux Néo-Zélandais un billet pour la Coupe des Confédérations de la FIFA, Russie 2017, et une qualification pour la troisième phase des qualifications de l’OFC pour la Coupe du Monde de la FIFA.

Le juste dosage
Aux yeux de Fallon, ce tournoi a constitué un tournant pour une équipe en construction. "Cette compétition nous a vraiment apporté des fondations", assure Fallon au micro de FIFA.com. "Notre équipe a vécu beaucoup de choses ensemble. Nous commençons à atteindre notre niveau réel. Il faut de l’expérience et de la jeunesse. Les jeunes joueurs apportent de l’énergie, quelque chose de différent. Les joueurs plus âgés apportent leur vécu, ils connaissent les ingrédients qu’il faut mettre pour réussir. Le défi consiste à trouver le juste dosage et jusqu’ici, ça se passe vraiment très bien."

La Nouvelle-Zélande a entamé la troisième phase des qualifications pour la Coupe du Monde par une victoire et un nul face à la Nouvelle-Calédonie. Ce mois-ci, elle affronte les Fidji à deux reprises. Les Kiwis feront ensuite le voyage en Russie pour leur première participation à la Coupe des Confédérations depuis 2009. Ils ont été versés dans le groupe du Portugal, du Mexique et du pays organisateur. "La Nouvelle-Zélande fait toujours figure d’outsider face aux grosses cylindrées. Du coup, l’équipe est toujours très soudée", annonce Fallon. "Sans cet esprit de corps, c’est impossible de battre les grandes nations. Sur le papier, elles nous sont peut-être légèrement supérieures, mais les équipes très soudées peuvent être difficiles à battre."

La preuve, en fin d’année dernière, la Nouvelle-Zélande a concédé une courte défaite 2:1 face au Mexique et obtenu un nul 1:1 aux États-Unis. "On n’est pas à des années-lumière", répond Fallon lorsqu’on l’interroge sur les chances de qualification de son pays pour Russie 2018. Le champion d’Océanie rencontrera le cinquième des qualifications sud-américaines en fin d’année pour un ticket pour l’épreuve mondiale. "Nous devons maintenir la bonne dynamique et progresser au fil des matches. Sur le plan technique, cette équipe est bien supérieure à celle de 2010. Maintenant, il s’agit de trouver cette pugnacité et cet esprit d’équipe, et de construire une dynamique."

Après l’échec des qualifications pour Brésil 2014, Fallon estime que la sélection actuelle se doit de réussir afin d’entretenir la croissance du football néo-zélandais. "Nous devons gagner en régularité. Pour notre football, ce n’est pas bon de connaître ces longues périodes creuses", admet-il. "Si nous nous qualifions régulièrement pour les Coupes du Monde et si nous battons de grandes équipes, alors cela donnera envie aux enfant de jouer", conclut celui espère encore un beau chapitre à écrire dans sa longue histoire avec la sélection kiwi.