• Jorge Burruchaga inscrit, sur cette photo, le but de la victoire en finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986™
  • Alors qu’elle menait 2:0, l’Argentine avait été rejointe, avant de finalement s'imposer 3:2
  • Burruchaga : "Ce fut la course la plus longue et la plus exaltante de ma vie"

Il ne reste que neuf minutes à jouer lors de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1986™. L’Argentine, qui menait confortablement 2:0 quelques minutes auparavant, vient d’encaisser deux buts presque coup sur coup. L’Allemagne semble à présent clairement prendre l’ascendant.

"On pensait que les Allemands ne reviendraient jamais après notre second but", se souvient Jorge Burruchaga. "Mais notre entraîneur, Carlos Bilardo, nous disait toujours qu’ils continuaient à se battre aussi longtemps qu’il leur restait un souffle de vie. Il avait raison."

C’est pourtant à cet instant crucial, alors qu’ils voient le trophée leur filer entre les doigts et que les insultes et les regards accusateurs fusent autour d’eux, que Burruchaga se tourne vers Diego Maradona. Ses mots ?

"Bon, il faut y aller et ça va passer."

C’est, bien entendu, exactement ce qu’ils ont fait. Trois minutes plus tard, sur une passe en profondeur, Maradona permet à Burruchaga d’inscrire un but qui restera à jamais le symbole de sa carrière. "Quand j’ai vu le ballon arriver dans les pieds de Diego, je me suis dit que la défense allemande allait jouer le hors-jeu", confiait Burruchaga dans entretien avec FIFA.com en 2007. "C’est pour cette raison que je suis venu de l’autre côté et que j’ai crié en direction de Diego, qui me tournait quasiment le dos à ce moment-là. Plus tard, il m’a dit qu’il ne m’avait pas entendu, ce qui est tout à fait possible. Diego jouait comme s’il avait des yeux dans le dos. Alors il m’a envoyé le ballon et j’ai démarré."

L’action était cependant loin d’être terminée. Il restait encore beaucoup de chemin à parcourir. Burruchaga aurait très bien pu vaciller sous la chaleur écrasante de l’Estadio Azteca, ou perdre ses moyens alors que le but – et l’impressionnant Harald Schumacher – se profilaient devant lui. Cette course, qu’il décrira comme "la plus longue et la plus exaltante de sa vie", s’achèvera finalement en apothéose.

"C’est incroyable le nombre de choses que les gens ont racontées à propos de ce but", soulignait-il en 2007. "On a dit que j’avais poussé le ballon trop loin devant moi, que j’avais ignoré Valdano qui demandait le ballon sur ma gauche, que Briegel m’avait presque rattrapé. Moi je ne pensais qu’au but et à la distance qui m’en séparait."

"Ce que je voyais clairement, en revanche, c’était Schumacher", poursuit-il. "Il était habillé tout en jaune, ce qui le rendait d’autant plus visible et me permettait de savoir à quelle distance je me trouvais du but. Après une course de près de 40 mètres, j’ai conclu d’un tir du droit. J’avais prévu de faire une pichenette, mais j’ai fini par glisser le ballon entre ses jambes."

"En guise de célébration, je me suis mis à genoux et j’ai levé les bras, puis j’ai vu Sergio Batista. Il est arrivé, épuisé, et s’est agenouillé devant moi. Comme il était barbu, je dis toujours que c’était comme si Jésus était apparu pour nous annoncer que nous allions devenir champions du monde. Lorsque nous sommes revenus vers le rond central, Valdano m’a dit : ‘Cette fois, ça y est, nous sommes champions du monde’."

Le saviez-vous ?
Un maillot et des chaussures portés par deux célèbres joueurs de cette finale passionnante occupent une place d’honneur dans l’exposition Mexico 1986 du Musée du Football mondial de la FIFA.