• À 28 ans, il est un titulaire indiscutable en sélection paraguayenne
  • Il analyse l'équipe et ses prochains adversaires
  • Que promet-il s'il se qualifie pour Russie 2018 ?

- Je n'y avais pas pensé, mais vous m'avez donné une bonne idée : si nous nous qualifions pour le Mondial, je me tatouerai "Russie 2018" !

Le Paraguayen Hernán Pérez part dans un grand éclat de rire en répondant à FIFA.com. Son corps est couvert de tatouages, mais aucun n'y figure par hasard. Il représente des moments importants de sa vie, à l'image de la reproduction de son épouse Carol le jour de leur mariage, de la date de naissance de sa fille, du nom de sa belle-sœur décédée ou encore du numéro 11 que portait Mauricio Alves, son ami et ancien coéquipier à Villarreal, mort dans un accident.

"Chacun d'entre eux représente une situation importante pour moi. Participer au prochain Mondial en serait une, cela ne fait aucun doute", explique le milieu offensif de 28 ans, qui évolue aujourd'hui au RCD Espanyol et est l'un des hommes de confiance de Francisco Arce en sélection.

Sa "promesse" est aussi un défi colossal au vu de la situation de l'Albirroja dans les qualifications sud-américaines pour Russie 2018 : à quatre journées du terme de la compétition préliminaire, les Paraguayens sont huitièmes avec 18 points, à quatre longueurs de l'Argentine, qui occupe aujourd'hui la cinquième place synonyme de barrage intercontinental.

Comment en est-on arrivé là ? "Il y a eu des matches où nous nous sommes précipités et n'avons pas su prendre des points qui valaient chers. Par exemple à domicile contre le Pérou (1:4), face à la Bolivie à La Paz (0:1)... Maintenant que nous avons la corde autour du cou, nous nous apercevons à quel point il était vital de prendre ces points-là."

Pérez est sincère et réaliste quant aux chances de Paraguay d'aller en Russie. Sur une échelle de un à 10, nous sommes aujourd'hui à cinq. Si nous faisons bien les choses, nous irons, si nous continuons à commettre des erreurs, nous resterons à la maison."

Hernán Pérez et l'Albirroja

  • Débuts : mars 2010 (avec Gerardo Martino)
  • Matches : 27 (14 en qualifications)
  • Buts : 1 (0 en qualifications)
  • Finaliste de la Copa América 2011
  • Il a joué la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Égypte 2009

Concernant la prochaine double journée, l'équation est simple : le Paraguay ira au Chili (4ème avec 23 points) et recevra ensuite l'Uruguay (3ème avec 23 points). "Ce sont deux rivaux directs. Si nous les battons, nous serons complètement relancés".

Pérez a vu le Chili à l'œuvre durant la récente Coupe des Confédérations de la FIFA. "C'est une équipe qui est aujourd'hui à un niveau très élevé. Son jeu est tout en circulation de balle, jusqu'au but adverse. Pour leur poser des problèmes, il faut les priver de ballon, être concentrés pendant 90 minutes et courir encore plus qu'eux."

Pour ce qui est de l'Uruguay, il espère pouvoir utiliser en sa faveur sa connaissance de quelques-unes des stars de la Celeste, qu'il affronte régulièrement depuis 2009 en Liga espagnole. "Il y a des détails qui peuvent m'aider, moi ou mes coéquipiers, à mieux les maîtriser individuellement. Mais ça reste une grande équipe."

Chico, un surnom qui lui a été donné à l'âge de 16 ans par un entraîneur qui ne se souvenait plus de son nom et a décidé de l'appeler ainsi, dit ne pas être inquiet par rapport à cette double confrontation. "Le pire a été après la défaite contre le Brésil, parce qu'on avait envie de corriger les erreurs tout de suite et de prendre notre revanche rapidement."

"Des mois se sont écoulés depuis et maintenant, il y a surtout la volonté d'être bien sur le plan physique et mental. Nous jouons quelque chose de très important", insiste Pérez, qui avait vécu la non qualification du Paraguay pour Brésil 2014. "Tout le monde était triste, les joueurs, les gens… On ne veut pas que ça se reproduise."

Hernán Pérez intime

  • Le football : "Il m'a sorti de la rue et a tranquillisé mes parents".
  • Que font ses parents ? : "Mon père était tapissier et ma mère femme au foyer".
  • Son premier souvenir avec un ballon : "J'avais 6 ou 7 ans et je dormais avec lui. C'était un cadeau de mon père. Il était blanc, mais je l'ai tellement utilisé qu'il était complètement usé et avait l'air marron".
  • Son premier souvenir mondialiste : "France 1998. Je l'ai vu en entier. Mon père me demandait de regarder les joueurs pour apprendre à me déplacer comme eux. J'admirais Chilavert et Cardozo".
  • L'idole de son enfance : "Ronaldinho. J'ai vu toutes les vidéos de ses années barcelonaises".