• Les îles Salomon disputent leur premier barrage de la zone Océanie depuis 12 ans
  • Seule la Nouvelle-Zélande peut briser le rêve salomonais d’affronter un géant sud-américain
  • L’attaquant vedette Benjamin Totori évoque une "occasion de marquer l’histoire nationale"

Et si Lionel Messi, Alexis Sanchez ou Luis Suarez, en quête d'un billet pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, débarquait aux îles Salomon en fin d'année ? Ce scénario a priori improbable pourrait se réaliser à l’issue d’une double confrontation. La Nouvelle-Zélande et les îles Salomon se disputent le droit de représenter l’Océanie en barrage intercontinental, face au cinquième de la zone Amérique du Sud.

Les Néo-Zélandais partiront largement favoris de ce troisième tour, dont la première manche se jouera à Auckland ce 1er septembre, avant le match retour à Honiara quatre jours plus tard. Mais les Salomonais, qui attendent pareil rendez-vous depuis 12 ans, ont l’intention de jouer leur carte à fond.

En 2005, l’Australie avait atterri aux îles Salomon pour disputer le barrage de la zone Océanie. Dans le public, un jeune espoir local rêvait de fouler un jour la même pelouse. Aujourd’hui, Benjamin Totori est l’un des joueurs-clés de l’attaque salomonaise, même si sa carrière touche à sa fin. Premier joueur de son pays à disputer une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Totori est aussi le premier Salomonais à avoir évolué hors de l’hémisphère sud, sous le maillot de Portland Timbers.

De quoi devenir ne idole dans la petite nation mélanésienne obsédée par le football. Les affluences à cinq chiffres sont monnaie courante au Lawson Tama Stadium, alors que la population de l’île principale avoisine les 200 000 habitants. "Chaque match disputé à domicile est un grand moment", explique Totori à FIFA.com. "Jouer à Honiara, c’est toujours incroyable. Les Salomonais sont dingues de football : c’est donc un honneur et une fête pour nous de jouer à la maison. Décrocher un résultat ici, ce serait énorme."

Motivation et concentration
Cette année, l'archipel a fait appel à l’Espagnol Felipe Vega-Arango au poste de sélectionneur, espérant trouver l’alchimie idéale entre le pragmatisme européen et l’inspiration mélanésienne. "Ces derniers mois, nous avons senti une grande différence en matière d’entraînement et de style de jeu",  analyse Totori. "Chaque jour qui passe nous apporte un peu plus de confiance pour aborder ce match. Nous, les Salomonais, n’analysons pas toujours le jeu en profondeur, mais avec Felipe, nous avons désormais une approche plus réfléchie et professionnelle. Notre style de jeu a changé par rapport aux années passées. Nous sommes plus forts mentalement. Nous apprenons à penser plus vite. L'entraîneur nous apporte beaucoup."

Suffisamment pour tenir tête aux favoris Néo-Zélandais ? "Nous sommes à quelques minutes d’un choc avec une grande nation sud-américaine ; ce match est donc très important. La motivation est énorme. Nous sommes prêts et concentrés"', assure Totori qui, lors de ces rencontres décisives, repensera aux rêves de gloire qu’il nourrissait à l'adolescence en supportant ses aînés. "L’âge commence à se faire sentir, mais il me reste 180 minutes pour réussir une performance historique", conclut-il. "Après 13 années de présence sur le terrain, il est temps pour moi de marquer enfin l’histoire."