En 1994, le Brésil se retrouve plongé dans un désarroi inédit avec la mort d'Ayrton Senna, qui avait formulé le souhait de voir son pays remporter la Coupe du Monde de la FIFA™. La mission s'annonce toutefois difficile : le Brésil n'a plus soulevé le trophée depuis 24 ans et les performances de la Seleção n'incitent guère à l'optimisme. Mais les Brésilien de Carlos Alberto Parreira vont quand même réussir leur pari. FIFA.com revient sur les chiffres de ce sacre.

58 jours avant le coup d'envoi d'États-Unis 1994, Ayrton Senna donne le coup d'envoi d'un match amical entre le Brésil et un XI du Paris Saint-Germain au sein duquel figurent Bixente Lizarazu, David Ginola et George Weah. Après la rencontre, le triple champion du monde de Formule 1 sort dîner avec les joueurs brésiliens. "Il a parlé à tout le groupe puis il s'est entretenu individuellement avec chacun d'entre nous pour nous conseiller et nous encourager", se souvient Taffarel. "Nous étions captivés. D'un seul coup, nous nous sommes mis à y croire." Onze jours plus tard, Senna perd la vie au Grand Prix de Saint-Marin. Dans les secondes qui suivent la finale, Dunga et ses coéquipiers déploient une banderole sur laquelle on peut lire : "Senna, nous avons accéléré ensemble, le quatrième titre est à nous !"

32 matches sans défaite pour le Brésil en qualifications pour la Coupe du Monde, telle est la série qui a pris fin en juillet 1993 face à la Bolivie. Durant les 11 mois qui précèdent États-Unis 1994, la Seleção est tenue en échec (0:0) par l'Équateur et concède deux nuls inquiétants face au Mexique à domicile, et au Canada.

30 minutes de sommeil ont été accumulées par Ronaldao lors de ses deux premières nuits aux États-Unis. Ces insomnies n'ont pourtant rien à voir avec le décalage horaire avec le Japon, son pays de résidence. Elles sont dues aux ronflements de son partenaire de chambrée, Ronaldo !  "Personne ne voulait partager sa chambre avec lui parce qu'il ronflait !", assure le défenseur, appelé de la dernière heure dans le groupe brésilien. "Je me suis retrouvé avec lui parce que j'étais le dernier arrivé. C’était incroyable."

26 minutes figuraient à l'horloge lorsque le Brésil a inscrit son but le plus rapide aux États-Unis. Aucun autre futur champion du monde n'a mis si longtemps à débloquer son compteur. Finaliste malheureuse de l'épreuve en 1954, la Hongrie avait marqué 11 buts dans les 25 premières minutes lors de ses six matches en Suisse.

23 matches ont été disputés par le duo Bebeto-Romario à la pointe de l'attaque du Brésil, sans que leur équipe concède la moindre défaite (17 victoires et six nuls). Les deux hommes se sont partagé 33 réalisations au cours de cette séquence, dont huit aux États-Unis.

21 joueurs se roulaient par terre, hilares, dans les vestiaires du Rose Bowl, quelques minutes avant le coup d'envoi du match le plus important de leur vie. Les Brésiliens se tenaient la main pour prier avant la finale quand Ricardo Rocha, sentant ses coéquipiers un peu nerveux, a décidé de motiver tout le monde. "On a lutté durement pour en arriver là ! Maintenant, il ne nous reste plus qu'à faire comme ces guerriers japonais, les kawazakis." Le malheureux défenseur venait de confondre les kamikazes de la Seconde Guerre mondiale avec un fabricant de motos !

12 ans après Socrates, capitaine et buteur pour ses débuts en Coupe du Monde contre l'URSS, Rai, son frère cadet, a porté le brassard de capitaine et marqué pour ses débuts en Coupe du Monde contre... la Russie. Trois autres fratries ont eu la chance de marquer dans l'épreuve mondiale : Fritz et Ottmar Walter, Rene et Willy van de Kerkhof, et Michael et Brian Laudrup.

11 joueurs de moins de 18 ans ont participé à la Coupe du Monde, mais seuls Pelé (en 1958) et Ronaldo (en 1994) ont réussi l'exploit de remporter le titre. Du plus jeune au plus âgé, la liste s'établit comme suit : Edu, Norman Whiteside, Samuel Eto’o, Femi Opabunmi, Theo Walcott, Walter Brom, Salomon Olembé, Pelé, Bartholomew Ogbeche, Ronaldo et Rigobert Song.

10 pour cent des Brésiliens à peine pensaient que la Seleção était en mesure de remporter le titre aux États-Unis, selon un sondage mené à Sao Paulo à la veille du tournoi. L’Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas étaient donnés favoris. Miné par une campagne de qualification médiocre et les absences pour blessure, Parreira a dû faire face à un tir nourri de critiques à l'annonce de son groupe. Les absences de Roberto Carlos, Rivaldo, Edmundo et Evair ont notamment été très commentées.

5 défenseurs centraux étaient donnés titulaires devant Aldair et Marcio Santos, qui ont pourtant formé l'une des meilleures paires de l'histoire de la Seleção. Julio Cesar a quitté l'équipe nationale suite à une querelle en interne, Valber a été écarté pour raisons disciplinaires, Mozer et Ricardo Gomes ont été renvoyés à la maison après avoir été appelés et Ricardo Rocha a dû sortir dès le premier match contre la Russie.

4 ans et deux mois se sont écoulés sans que Romario n'inscrive le moindre but pour le Brésil jusqu'à ce qu'un doublé de l'attaquant permette au Brésil de valider son billet pour les États-Unis. Buteur face au Venezuela en 1989, Romario est resté muet pendant six matches, avant d'être exclu de la sélection pour 18 rencontres suite à une sanction disciplinaire. Parreira n'avait pas souhaité l'appeler pour le match de qualification décisif contre l'Uruguay mais le sélectionneur a changé d'avis en raison de la blessure de Muller, lui qui était déjà privé des services de Careca et Evair.

4 buts ont été inscrits du pointu par Romario aux États-Unis, un geste devenu sa marque de fabrique. Deux d'entre eux resteront dans les mémoires : une frappe de 15 mètres qui a terminé sa course dans l'angle du but suédois et une volée spectaculaire face aux Pays-Bas.

1 homme a débuté la campagne mondialiste de son équipe en tant que capitaine et n'a pas soulevé le trophée. Rai a perdu le brassard en même temps que sa place de capitaine au profit de Mazinho, dès le début des matches à élimination directe. Jorginho, qui avait déjà tenu ce rôle à de multiples reprises, était pressenti pour lui succéder, mais Parreira a créé la surprise en choisissant Dunga.