• Ivelin Popov est le maître à jouer de la Bulgarie
  • Après avoir été suspendu par sa fédérations à trois reprises, il est devenu indéboulonnable au sein de sa sélection
  • Milieu offensif du Spartak Moscou, il espère fermement disputer la Coupe du Monde en Russie

26 ans - 12 sélections. Tel était le profil moyen du joueur bulgare lors de la dernière liste dévoilée par Petar Hubschev, sélectionneur des Lions, pour les derniers matches face à la Suède et aux Pays-Bas en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018. Des Lions qui, jeunes et inexpérimentés, continuent à se chercher, 20 ans après leur dernière participation à l’épreuve reine. Ils soufflent le chaud et le froid dans une campagne qualificative qui les a vus tantôt battre les Pays-Bas et la Suède, tantôt se faire battre par le Bélarus et être longtemps accrochés par le Luxembourg.

30 ans - 70 sélections, Ivelin Popov détonne forcément dans cette sélection. Il se distingue d’autant plus qu’il enchaîne les excellentes prestations. Le meneur de jeu est d’ailleurs le seul à avoir pris part aux huit matches de la Bulgarie dans ces éliminatoires. "Qu’il s’agisse d’une 100ème sélection ou d’une première, on se doit toujours de jouer avec le sens du devoir lorsque l’on porte le maillot de la sélection", explique-t-il au micro de FIFA.com. "Certes les attentes sont peut-être plus élevées lorsqu’on a davantage d’expérience, mais les responsabilités sont les mêmes. Et si pour le bien de l’équipe, je dois faire profiter de mon vécu à certains qui comptent moins d’expérience en sélection, je le ferai avec plaisir. L’important, c’est l’équipe nationale."

En bref
Nom : Ivelin Popov
Date de naissance : 26 octobre 1987
Lieu de naissance : Sofia, Bulgarie.
Clubs : Litex Lovetch (BUL), Gaziantepspor (TUR), Kuban Krasnodar (RUS), Spartak Moscou (RUS)
Poste : milieu offensif

Le discours est aujourd’hui sage et réfléchi, digne du capitaine d’équipe qu’il est. Mais lui aussi a connu des hauts et des bas avec la sélection. Enfant terrible du football bulgare, il a d’ailleurs été suspendu trois fois par sa fédération, entre 2008 et 2014, dont une fois… à vie. Sauf qu’il a été difficile pour cette équipe de se passer de lui… et réciproquement : "Depuis mon plus jeune âge, j’ai rêvé de faire partie de cette sélection. J’ai travaillé dur pour concrétiser ce rêve. Porter ce maillot est un immense honneur. Mais cela donne autant de fierté que de responsabilité",  élude-t-il lorsqu’on évoque ce passé tumultueux.

L’homme est assagi. Voilà deux ans qu’il n’a plus quitté la sélection. Deux ans qu’il est irréprochable en sélection comme en club. Deux ans qu’il s’accapare le titre de Jouer bulgare de l’année. "J’ai mûri, j’ai retenu les leçons de l’école du football comme de celle de la vie et cela m’a aidé", analyse-t-il. "D’ailleurs, je crois qu’une carrière est aussi le reflet d’une vie personnelle. En plus de ma vie de footballeur, j’ai une jolie vie de famille. Ces deux vies sont génératrices de beaucoup de bonheur mais aussi de beaucoup de responsabilités."

Des Etats-Unis… à la Russie ?
L’un des devoirs qui incombent à Popov et son équipe est de renouer avec le glorieux passé des Tricolores, quatrièmes d’USA 1994. "Ce sont mes meilleurs souvenirs d’enfance. Cette génération dorée a eu un immense impact sur ma motivation à devenir footballeur. La victoire de la Bulgarie en quart de finale face à l'Allemagne est inoubliable. Tous, enfants, parents, garçons, filles, étaient descendus dans la rue pour fêter cela, drapeau à la main. Une euphorie incroyable. J’étais jeune, je n’avais que six ans, mais je m’en rappelle comme si c’était hier."

Cela va sans dire que Popov fera tout pour tenter de vivre de telles émotions, mais cette fois en tant qu’acteur. Il faudra pour cela impérativement remporter les deux derniers matches de qualification et compter sur un coup de pouce du destin, sachant que la Bulgarie est actuellement quatrième de son Groupe A. "Une chose est sûre, c’est qu’on jouera avec nos tripes", annonce le pensionnaire du Spartak Moscou. "A titre personnel, ce rendez-vous revêt d’autant plus d’importance qu’il est en Russie et que j’y ai passé mes cinq dernières saisons. La Russie est ma deuxième maison et ce serait fantastique d’avoir l’opportunité d’y jouer avec le maillot de la Bulgarie sur le dos".