• Sur la photo, Jose Luis Chilavert frappe un coup-franc contre la Slovénie
  • Il est le premier gardien à avoir essayé de marquer sur coup-franc direct en Coupe du Monde de la FIFA™
  • Le légendaire gardien paraguayen a inscrit plus de 50 buts au cours de sa carrière

On est évidemment plus habitué à voir les gardiens tenter d'arrêter les coups-francs que les frapper. Si cette photo semble sortir de l'ordinaire, c'est bien parce que Jose Luis Chilavert était un gardien hors du commun.

L'emblématique portier paraguayen était un expert à son poste, ce qui lui a valu 74 sélections avec le Paraguay et une place dans l'équipe-type de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998™. Mais ce qui faisait de lui un dernier rempart pas comme les autres, c'était ses qualités de buteur, sur coup franc et sur penalty. C'est ainsi que Chilavert est devenu une légende.

L'ancienne star de San Lorenzo et de Velez Sarsfield comptait plus de 50 buts à son actif au moment de raccrocher gants et crampons. Et c'est un coup franc frappé en Coupe du Monde – la petite merveille du Péruvien Teofilo Cubillas contre l'Écosse en 1978 – qui a servi d'inspiration à Chilavert. "Quand j'ai vu ce but, j'ai décidé de tirer moi aussi les coups francs", expliquera-t-il plus tard.

Quand il a pris cette décision, Chilavert n'évoluait pas au poste de gardien. "J'ai débuté comme attaquant dans les matches que nous faisions avec mes amis dans le quartier. J'étais très fort à ce poste", confiait-il à FIFA.com en 2010. "Un jour, on a disputé un match célibataires contre mariés et mon frère m'a fait garder les buts pour me protéger. 'Je ne veux pas qu'ils te cassent', m'a-t-il dit. Nos adversaires étaient plus grands, évidemment. J'ai réussi deux ou trois arrêts et ça m'a plu.."

On connaît la suite. Les qualités de Chilavert comme tireur de coups francs et de penalties ont ajouté une dimension unique à son jeu. "Normalement, c'est le moins bon joueur, le plus gros ou alors celui qui apporte le ballon que l'on met entre les poteaux. Pour ma part, le fait d'avoir joué attaquant m'a beaucoup aidé, car j'étais capable de frapper la balle fort et des deux pieds."

"Au début, beaucoup de gens étaient contre ma façon de jouer. Au Real Saragosse en 1988, quand les supporters me voyaient sortir balle au pied, ils me criaient de revenir vers mon but. Mais si vous avez un gardien qui a une bonne frappe, pourquoi ne pas vous en servir ? Un peu plus tard, j'ai commencé à vraiment travailler les penalties et les coups francs, et on a fini par me les confier."

Chilavert a marqué plusieurs coups-francs en équipe nationale et en club, dont un de sa propre moitié terrain, avec Velez contre River Plate. En revanche, il n'a jamais réussi à marquer sur coup-franc en Coupe du Monde. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé.

À France 1998, le capitaine paraguayen est devenu le premier gardien à tenter un coup franc direct, forçant son homologue bulgare à s'employer de fort belle manière. Sur le cliché ci-dessus, Chilavert essaie de nouveau de convertir un coup de pied arrêté, contre la Slovénie en 2002. Il faut encore une parade du numéro un adverse pour empêcher le ballon de terminer sa course au fond des filets.

"Les entraîneurs ne sont pas d'accord avec ça. Ils pensent que cela met l'équipe en danger. Mais si votre gardien sait mieux tirer les coups de pied arrêtés que vos joueurs de champ, il serait dommage de ne pas tenter le coup", avait un jour analysé Chilavert.

"J'ai vu et fait toutes sortes de choses dans le football, mais ce qui m'a rendu le plus fier sur l'ensemble de ma carrière, c'est d'avoir changé à jamais l'image qu'on se fait des gardiens" avait-il également confié. "Avant, nous étions considérés comme des joueurs tout juste bons à végéter sur notre ligne et à endosser toutes les responsabilités à chaque but encaissé. Nous avons changé ça. Nous avons montré que le gardien était capable de beaucoup plus, et même de gagner un match à lui seul, pas seulement par ses arrêts, mais aussi par ses frappes."

Le saviez-vous ?
Chilavert a longtemps été le gardien le plus prolifique de tous les temps jusqu'en 2006, où il a été dépassé par le légendaire Rogerio Ceni, de São Paulo.