
Le défenseur Mapou Yanga-Mbiwa est l'un des grands espoirs français à son poste. A 23 ans, le champion de France 2012 avec Montpellier a fait le pari osé de quitter son club formateur à la trêve pour rejoindre Newcastle, où pas moins de dix Français figurent désormais dans l'effectif.
En pleine conquête d'une place de titulaire dans la charnière centrale des Magpies, il a accordé un entretien à FIFA.com où il évoque ses ambitions avec son nouveau club et en équipe de France.
Mapou, vous êtes en train de travailler pour vous imposer à Newcastle. Comment cela se passe-t-il pour vous ?
Ça n'est pas facile. C'est un nouveau championnat, une nouvelle équipe. Mais ça n'est pas non plus comme si je repartais de zéro. J'ai appris beaucoup de choses en France, à moi d'en faire bon usage et de gagner ma place malgré la concurrence. Il faut que je m'adapte à tout ça, et que je commence à jouer pour de bon.
Newcastle doit avant tout sauver sa place en Premier League. Mais considérez-vous que l'UEFA Europa League peut également sauver votre saison ?
C'est certain que ça pourrait rajouter une couche de bonheur, et tout le monde joue le jeu. Il faut se sauver le plus rapidement possible en championnat, mais nous avons aussi un coup à jouer dans cette compétition. Nous avons l'effectif pour aller au bout en tous cas.
La Premier League était-ce quelques chose dont vous rêviez ?
C'est un championnat qui m'attire depuis que je joue au football, et j'ai toujours beaucoup regardé les matches de Premier League. Il y a du beau jeu et les gens sont passionnés. Les supporters ici vivent pour leur club, ils sont toujours derrière leur équipe et font tout pour qu'elle se porte le mieux possible. Il y a aussi une grande culture tactique et une reconnaissance pour les beaux gestes, même défensifs. Il y a tout ici pour m'épanouir.
Il semble que les Français ont été accueillis à bras ouverts par le club et ses supporters…
On se sent les bienvenus. Les gens essaient de nous parler en Français, le restaurant du club propose des menus français, on entend souvent la Marseillaise… Il y a une ambiance bon enfant et on sent que les gens aiment la France. Après, nous sommes conscients que c'est aussi grâce aux bons résultats. Ça aurait pu se retourner contre nous, et aussi contre ceux qui ont fait le recrutement. Mais tous ceux qui sont arrivés à la trêve avaient envie de montrer ce qu'ils savent faire et de s'intégrer le mieux possible.
Avez-vous eu des conseils de vos coéquipiers en Bleu pour signer à Newcastle ?
Chacun parle un peu de son équipe lors des rassemblements, et Yohan Cabaye nous avait dit beaucoup de bien de Newcastle. C'est certain que quand quelqu'un que l'on connait parle ainsi de son expérience, ça donne envie. J'étais bouche bée en arrivant ici, et je me dis que j'ai bien fait de prendre ses propos au sérieux. C'est magnifique !
Yohan Cabaye, Moussa Sissoko, Mathieu Debuchy… Cette concentration d'internationaux dans un seul club peut-elle profiter à l'équipe de France ?
Jouer ensemble toute l'année crée forcément des automatismes, et permet de mieux connaître les uns et les autres Si nous nous retrouvons en sélection, c'est certain que ça peut aider l'équipe de France.
Vous aviez été convoqué puis recalé par Laurent Blanc avant l'UEFA EURO 2012. La confiance affichée par Didier Deschamps dès son arrivée vous a-t-elle fait du bien ?
Même si je n'avais pas pu aller à l'Euro, pour moi c'était déjà grandiose d'avoir été dans la pré-liste. Le fait d'avoir été convoqué dans la foulée m'a apporté beaucoup de bonheur. Ça donne encore plus de motivation pour travailler au quotidien, pour continuer à faire partie de cette aventure dans les années à venir.
La fameuse deuxième mi-temps contre l'Espagne en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™ a-t-elle été un déclic dans le groupe France ?
Tout le monde sait ce que représente l'Espagne. Le fait de réussir cette performance là-bas a donné beaucoup de confiance à l'équipe. C'est une belle récompense pour tout le travail effectué, et un encouragement à continuer sur cette lancée. Ce genre de match permet aussi d'installer plus de crainte chez nos adversaires. Mais il faut savoir garder la tête sur les épaules et continuer à se battre pour enchaîner sur d'autres bons résultats, mais je pense que nous avons toutes les cartes en main pour nous qualifier. L’Espagne vient jouer chez nous au match retour, et il faudra bien négocier ce match à la maison.
Avez-vous été tenté plus jeune de répondre favorablement aux convocations de la République centrafricaine, votre pays natal ?
Sans faire injure à quiconque, la France fait partie des meilleures nations du monde. Mon but était de tout faire pour mettre un pied dans cette sélection. Être international français est pour moi un ingrédient indispensable pour faire une grande carrière, et c'est précisément ce que j'ai envie de faire. J'ai envie de jouer avec les meilleurs et de jouer dans des grands clubs, donc ça passe par là.
Vous avez déclaré vouloir continuer à jouer jusqu'à 40 ans. Comment cela se prépare-t-il ?
Je suis en train de chercher la recette pour garder la forme et jouer le plus longtemps possible. Je me suis déjà un peu renseigné pour connaître les secrets de Manchester United. Apparemment, Ryan Giggs, Paul Scholes et David Beckham font du yoga et mangent beaucoup de pâtes à l'huile d'olive. Mais je continue à enquêter ! (rires)







