Le football sud-africain n'a pas souvent eu l'occasion de se réjouir au cours des derniers mois. L'équipe nationale du pays hôte de la Coupe du Monde de la FIFA 2010 a loupé la qualification pour Allemagne 2006, subissant des défaites contre le Ghana et le Burkina Faso. Même lors de la dernière rencontre de la compétition préliminaire, à domicile contre la République Démocratique du Congo, les Bafana Bafana n'ont pas fait mieux qu'un match nul (2:2).

Pourtant, loin des frontières du pays, un Sud-africain véhicule la joie et la bonne humeur. Son nom est Sibusiso Zuma. Le club de l'Arminia Bielefeld l'a engagé il y a environ cinq mois dans l'espoir qu'il marche sur les traces de son compatriote Delron Buckley, aujourd'hui au Borussia Dortmund. "Zuma qui ?", ont demandé, incrédules, les supporters de Bielefeld à l'intersaison. L'entraîneur du club, Thomas von Heesen, n'a pourtant pas tardé à faire l'éloge des qualités de ce joueur de Durban : "Il est capable de passer un ou deux hommes et de trouver l'ouverture grâce à sa vitesse. Il est fort techniquement et très dangereux devant le but".

Le premier tiers de la saison a confirmé les propos de von Heesen. Le nom de Buckley n'est plus sur toutes les lèvres et les spectateurs de l'Arminia encensent leur nouveau chouchou à l'image d'un artiste brésilien. Déjà auteur de quatre buts malgré son tempérament altruiste, il n'est pas étranger aux bonnes performances de l'Arminia Bielefeld, qui occupe la onzième place du classement actuel, à six points seulement du quatrième. À l'entame de la saison, tout le monde ou presque présentait Bielefeld comme un candidat à la relégation à la suite du départ de l'entraîneur, Uwe Rapolder, et de la perte de nombreux joueurs, parmi lesquels Buckley, Ervin Skela et Patrick Owomoyela.

Avec son football élégant et artistique et son apparence extravagante et exotique, Zuma ne semble pas du tout correspondre à l'image de la région westphalienne, où le football a toujours été un travail plutôt qu'une fête. Mais l'habit ne fait pas le moine. Zuma n'est pas un extraverti, comme ses cheveux blonds décolorés pourraient le laisser croire. Le trentenaire a la réputation d'être quelqu'un de très réservé en dehors du terrain. Ses cheveux, il les a teints en blond pour sa grand-mère, pour qu'elle puisse le reconnaître à la télévision.

Les magnifiques buts de "Zuma le puma"
On se demande comment le Sud-africain a pu évoluer cinq ans au Danemark sans se faire remarquer avant d'atterrir finalement à Bielefeld. Dans son ancien club, le FC Copenhague, il a marqué 40 buts en 141 matches. Il n'est toutefois pas totalement satisfait de ses années passées dans le championnat nordique : "Certains joueurs ne jouaient pratiquement pas et gagnaient beaucoup plus que moi", explique "Zuma the Puma", comme l'ont surnommé les Danois en raison de son agilité.

Zuma ne rate jamais une occasion d'inscrire des buts extraordinaires. Qu'il s'agisse d'un ciseau retourné, élu but du siècle au Danemark, ou d'exploits en solitaire contre le Hertha BSC Berlin et le 1. FC Nuremberg en Bundesliga, il semble avoir le sens du but dans le sang. "C'est un bijou. On doit simplement le laisser évoluer comme il en a envie sur le terrain", ajoute son entraîneur. En plus de ses nombreuses qualités individuelles, Zuma n'a aucun mal à se fondre dans le collectif de l'équipe.

Zuma n'a coûté que 800 000 euros au club allemand, qui lui a immédiatement proposé un contrat de trois ans. Les supporters de Bielefeld pourront donc continuer à s'enthousiasmer devant les exploits de Zuma. Dans les années 90, il avait déjà failli signer dans un club de Bundesliga, le VfB Stuttgart. "Winfried Schäfer voulait me faire venir, mais il a été licencié peu après et l'affaire est tombée à l'eau", raconte Zuma.

Zuma aurait adoré faire étalage de toute sa classe lors de la Coupe du Monde de la FIFA en Allemagne. Le onze sud-africain n'a pourtant pas réussi à se qualifier. Maigre consolation, les Bafana Bafana participeront à la Coupe d'Afrique des Nations en Égypte en janvier et février 2006. Bielefeld devra donc se passer de son chouchou pendant au moins trois matches…