Real Madrid-Liverpool n'est pas seulement un match entre deux des clubs les plus titrés d'Europe, c'est aussi le duel entre deux buteurs d'exception, tous deux nés à Madrid: le légendaire Raul, 31 ans, et son successeur à la pointe de l'attaque de l'Espagne, le "Red" Fernando Torres.

+ Forme actuelle: l'été indien de Raul, premiers nuages pour Torres
Raul vit, à 31 ans, une seconde jeunesse, devenant cette saison le meilleur buteur de l'histoire du club (311 buts). Tombé à seulement cinq buts en Liga lors de la saison 2005-2006 et sept buts en 2006-2007, Raul en a marqué 18 la saison dernière et déjà 13 pour cet exercice.

Comme l'avait prédit Rafael Benitez en début d'exercice, Fernando Torres vit une saison délicate après une première année étincelante. Il semble moins explosif, moins rapide. "Il est clair que depuis le début de saison, les blessures (récurrentes à une cuisse, ndlr) m'ont empêché d'avoir la régularité que je souhaitais et que ça m'inquiète", regrette le joueur.

Illustration de cette influence moindre, il n'a inscrit que neuf buts en 25 apparitions pour les Reds quand l'an passé il en était mi-février à 21 en 31 matches. Autre signe: son match transparent contre Manchester City ce week-end.

+ Importance dans l'équipe: Raul N.1 du Real, Torres N.2 des Reds
Raul est le capitaine, le leader incontournable et même le symbole du Real Madrid. Celui qui applaudit et motive ses partenaires, leur crie dessus quand la passivité guette. Il est aussi un interlocuteur privilégié de l'entraîneur et des dirigeants du club "merengue", pour lequel il joue depuis 1994.

Torres, lui, n'est pas l'atout majeur de Liverpool, il vient après l'idole d'Anfield, Steven Gerrard, qui porte le brassard. Torres connaît même une certaine +Gerrard dépendance+. A l'exception de son but à Portsmouth, +El Kid+ (on l'appellait +El Nino+ à l'Atletico Madrid, son club formateur) n'a jamais trouvé le chemin des filets quand le milieu anglais n'était pas sur le terrain.

Torres lui-même l'admet: "Il n'a pas de remplaçant. Chaque grande équipe a un joueur de référence. Ici c'est Gerrard, Liverpool c'est lui plus dix autres." Or, Gerrard est très incertain contre le Real et s'il devait jouer ce serait son premier match depuis le 4 février.

+ Points forts: Raul marque beaucoup, Torres marque des buts décisifs
Raul est un vrai finisseur. Il a toujours su être au bon endroit au bon moment, même quand il n'était pas en réussite. Son statut de meilleur buteur de l'histoire de la Ligue des champions (62 buts) fait de lui un joueur terriblement craint.

S'il est moins prolifique que l'an dernier (il en est à huit buts), Torres continue de marquer des buts systématiquement cruciaux: en fin de match face à Sunderland (1-0) ou à Portsmouth (3-2) ou ses doublés à Everton (2-0), à Manchester City (2-3) ou contre Chelsea (2-0). Ce match montre qu'il faut toujours se méfier de lui puisqu'il avait été insignifiant, avant de marquer sur ses deux premières occasions dans le dernier quart d'heure.