L'Olympique Lyonnais s'est rassuré sur le plan comptable en s'imposant samedi au Mans (3-1), avec un doublé de Benzema et un superbe Lloris, sans pour autant lever tous les doutes sur sa capacité à décrocher un 8e titre consécutif, lors de la 30e journée de L1.

Avec ce 2e succès de suite après celui contre Sochaux (2-0) avant la trêve internationale, Lyon (1er, 59 pts) est assuré de conserver la tête devant Bordeaux (2e, 56 pts) en attendant le déplacement de Marseille (3e, 55 pts) dimanche à Saint-Etienne.

"Les trois équipes qui étaient à la lutte et qui jouaient ce soir sont solides", constatait Claude Puel, l'entraîneur lyonnais après le match. "Il faudra faire preuve de régularité", a-t-il assuré, regrettant que ses joueurs aient "alterné le bon et le moins bon. On a subi un peu trop de situations contraires, Hugo (Lloris) nous a maintenus dans le match et on a su être réaliste ensuite."

L'OL peut en effet remercier son portier, une nouvelle fois décisif face aux nombreuses offensives mancelles. Dans la dernière ligne droite du championnat, ils peuvent aussi se féliciter de retrouver un Karim Benzema buteur.

"Karim (Benzema) a fait un très bon match, il a retrouvé de la lucidité, il a travaillé pour l'équipe et a été récompensé", s'est félicité Puel.

Cela ne lui était plus arrivé depuis le 21 février et un déplacement à Nancy (2-0) qui était également - et ce n'est sans doute pas un hasard - le dernier match victorieux des hommes de Claude Puel hors de leur base.

Sa frappe croisée du droit, lumineuse depuis l'angle de la surface juste avant la pause (2-0, 44e), a permis aux Lyonnais d'asseoir leur succès.

Car jusque-là, en dehors d'une entame bien gérée ponctuée de l'ouverture du score de Boumsong à la réception d'un corner de Juninho (1-0, 18e), le staff lyonnais a eu toutes les raisons de s'inquiéter.

Avec Benzema et Lloris à chaque bout du terrain, Lyon peut voir venir. Mais entre ces deux individualités, c'est le plus grand flou qui a régné dans l'entrejeu lyonnais, orphelin de Toulalan, blessé au pied gauche.

Confusion dans la surface
Puel sait toutefois qu'il peut compter sur son gardien international, imperturbable dans la tempête qui s'est abattue sur sa cage à la demi-heure de jeu. Déjà brillant face à Maïga peu après l'entame (7e), Lloris a ensuite écoeuré Coutadeur en stoppant sa tête plongeante (29e). Et comme un grand gardien a toujours le soupçon de chance qui fait la différence, il voyait Makoun le suppléer sur sa ligne après une volée de Frédéric Thomas qu'il n'avait, pour une fois, pu arrêter (31e).

Le portier lyonnais allait également être au centre d'une grande confusion lorsqu'à la 54e, l'arbitre M. Malige accordait un penalty aux Manceaux pour une faute sur Lamah. Mais après avoir consulté son arbitre assistant, il revenait logiquement sur sa décision: la sortie de Lloris était bien licite.

De quoi déclencher la colère des Manceaux. "Ce n'est pas cruel, c'est injuste", s'indignait Daniel Jeandupeux. "Ca fait quand même beaucoup de décisions qui sont litigieuses et elles sont toujours dans le même sens."

L'incident allait causer définitivement la perte des Manceaux, qui, déconcentrés, encaissaient un 3e but peu après, Benzema reprenant de près et de la tête une frappe de Kallström stoppée par Pelé (3-0, 59e).

Le Tallec profitait enfin des largesses lyonnaises pour réduire le score (3-1, 78e) dans une fin de match sarthoise. En vain, Lloris veillait toujours. Pour Le Mans (14e, 32 pts), la lutte pour le maintien reste plus que jamais d'actualité.