L'entraîneur lillois Rudi Garcia, qui a dirigé Saint-Etienne entre janvier et juin 2001 avec Jean-Guy Wallemme, garde un souvenir presque ému de Geoffroy-Guichard où il y a le "meilleur public de France" et où il se déplace avec son équipe, lors de la 32e journée de Ligue 1 samedi.
Allez-vous rééditer à Saint-Etienne, l'option ambitieuse que vous aviez choisie dimanche dernier contre Paris (0-0) avec notamment Eden Hazard ?
A l'aller (3-0), Eden avait fait l'un de ses premiers matches comme titulaire, l'un de ses premiers bons matches. On avait joué avec quatre joueurs offensifs, pratiquement quatre attaquants. Mais c'est du passé. Le contexte est différent. Il n'y a rien de décidé. Il y a plusieurs options. C'est ça le plus important. Plus j'ai du choix, mieux je me porte. On maîtrise plusieurs systèmes et la priorité est de poser des problèmes à Saint-Etienne. La priorité est de tout faire pour gagner. On mettra l'équipe au début ou au cours du match pour le faire.
Est-il plus compliqué de jouer contre une équipe qui lutte pour sa survie à Geoffroy-Guichard qu'ailleurs ?
Non. Ce ne sera pas plus compliqué qu'à Caen (0-1), à Nantes (0-2) ou à Valenciennes. C'est la même chose. Sauf peut-être sur un plan personnel. Pour moi, c'est un plaisir. Je vais le dire : "c'est le meilleur public de France, Saint-Etienne". Effectivement, les Verts sont mal placés, luttent pour garder leur place en première division. Le public peut les pousser. Mais le public est exigeant, aime le beau jeu. A nous de montrer un LOSC séduisant parce que c'est avec ce visage qu'on peut envisager de prendre les trois points.
Êtes-vous embêté que l'ASSE, monument du football français, soit en danger ?
Oui, c'est gênant. Mais j'ai joué à Caen et j'étais bien embêté que Caen soit aussi dans ces eaux-là. Maintenant, je m'occupe du LOSC et pas de Saint-Etienne, Caen ou des clubs pour lesquels je peux avoir de l'affection. Ce sera un plaisir de retrouver le Chaudron et le public. J'ai connu là-bas des grands moments de bonheur et des périodes plus difficiles comme l'année des faux passeports... J'ai vécu la remontée en L2 et une sixième place en tant qu'adjoint (de Robert Nouzaret). C'est magique de vivre ces moments à Saint-Etienne. Ca vous forge l'expérience et vous enrichit pour l'avenir. Mais je garde surtout les grands moments. Notamment la remontée en L1. En L2, en une semaine et en jouant Gueugnon en championnat et en Coupe de la Ligue puis Istres -je crois-, on avait fait 100.000 spectateurs (le stade compte 33.000 places). C'est révélateur de l'engouement du public.
