Les grands joueurs ne font pas toujours de grands entraîneurs. Considéré comme l'un des meilleurs footballeurs brésiliens de l'histoire, Zico, lui, a brillamment réussi sa reconversion sur un banc de touche. Nommé à la tête de la sélection du Japon en 2002, il a offert à l'équipe nippone une victoire en Coupe Kirin en 2004 et une qualification à la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006.

Déçu par l'élimination précoce de son équipe en terres allemandes, le "Pelé blanc" préfère jeter l'éponge. Mais c'est pour mieux rebondir en signant dans la foulée pour Fenerbahçe, l'un des clubs les plus populaires de Turquie. Le géant stambouliote s'offre ainsi un joli cadeau pour son centenaire tandis que Zico relève un premier défi à la tête d'un club du Vieux Continent. "J'avais envie d'entraîner un club européen et je suis heureux de le faire à Fenerbahçe, qui vit un moment spécial avec son centenaire" déclare-t-il lors de sa signature. "C'est un beau challenge et je ferai de mon mieux pour faire du bon travail et obtenir de bons résultats."

Pour y parvenir, l'ancienne star de Flamengo a décidé de donner l'accent brésilien à sa nouvelle équipe. Sur le banc, c'est même une affaire de famille puisque Zico est assisté par son propre frère, Edu Coimbra, qui occupait déjà ces fonctions avec la sélection japonaise. Ajoutez au staff technique Moraci Sant'Anna, le préparateur physique de la Seleçao, et c'est toute l'équipe qui se met à l'heure brésilienne.

Recrutement brésilien et malin
Sur le terrain également, le Brésil est à l'honneur. Le défenseur Fabio Luciano et les milieux de terrain Marco Aurelio et Alessandro de Souza, dit Alex, faisaient déjà partie de l'effectif vice-champion de Turquie en 2006. Deux compatriotes sont venus grossir le contingent sud-américain cet été. Le défenseur Edu Bracena est arrivé de Cruzeiro tandis que l'attaquant Deivid a débarqué en provenance du Sporting Lisbonne. L'ex-buteur de Bordeaux et de Santos aura la délicate mission de faire oublier l'international français Nicolas Anelka, de retour en Angleterre après deux bonnes saisons sous le maillot marine et jaune.

Autre joli coup réussi par Zico sur le marché des transferts, la signature de l'attaquant de l'Atletico Madrid, Mateja Kezman. Après deux saisons en demi-teinte, sous le maillot madrilène en 2005/2006 et de Chelsea l'année précédente, l'international serbe espère retrouver le niveau qui lui avait permis d'affoler les défenses néerlandaises sous les couleurs du PSV Eindhoven quatre années durant.

Un recrutement malin ajouté à un effectif comptant déjà quelques valeurs sûres telles que le milieu de terrain ghanéen Stephen Appiah et les internationaux turcs Rüstü Reçber et Tuncay Sanli, et voilà Fenerbahçe armé pour mener à bien les joutes nationales et européennes.

Des débuts mitigés
Pourtant, sans ses recrues estivales, le club stambouliote a connu un début de saison mitigé. Impérial en championnat avec trois victoires pour ses trois premières rencontres, Zico a connu sa première désillusion sur la scène européenne. Défaits 3:1 par le Dynamo Kiev lors du troisième tour préliminaire aller de la Ligue des champions de l'UEFA, les Stambouliotes espéraient refaire leur retard dans leur antre de Sükrü Saracoglu. Mais un doublé de Maksim Shatskikh rendait inutiles les buts d'Appiah et Kerim Zengin.

Coup dur pour l'entraîneur brésilien et pour son club qui ne disputera pas de Ligue des champions pour son centième anniversaire. "Nous avons laissé échapper la qualification au match aller" analysait Zico après la rencontre. "Mais l'important, c'est que l'équipe s'est battue pour la victoire jusqu'au coup de sifflet final."

Loin de se laisser abattre par la déception, l'ancien capitaine de la Seleçao préfère se fixer de nouveaux objectifs. "Malheureusement nous ne nous sommes pas qualifiés. Mais nous allons nous battre et nous concentrer maintenant sur la Coupe de l'UEFA et le championnat". Nouveau coup dur : Fenerbahçe encaisse quelques jours plus tard sa première défaite en ligue turque sur le terrain de Sakaryaspor (2:1). Un faux pas sans conséquence puisque les hommes de Zico conservent leur première place devant Besiktas et Kayserispor grâce à une meilleure différence de buts.

Couronné à seize reprises, Fenerbahce partage aujourd'hui le record de titres nationaux avec le grand rival stambouliote Galatasaray. En guise de cadeau d'anniversaire pour le centenaire du club, Zico espère faire de sa première équipe européenne le club le plus titré du football turc. Après le Brésil et le Japon, le "Pelé blanc" deviendrait alors l'idole d'un troisième pays.