En football, la taille, ça compte. C'est la raison pour laquelle, dans tous les pays du monde, les plus grands clubs se disputent chaque année les principaux trophées.
S'il y a fort à parier que, d'ici dix ou vingt ans, Manchester United, l'Inter et l'AC Milan, le Real Madrid ou le FC Barcelone seront encore en haut de l'affiche, l'histoire se charge de nous rappeler qu'aucun club, aussi puissant soit-il, n'est totalement à l'abri d'un revers de fortune. Quelques-uns des plus grands noms du football européen et mondial ont même appris à leurs dépens que la gloire, les trophées et les paillettes peuvent parfois déboucher sur d'interminables séjours au purgatoire.
Le chemin de croix de Leeds
Les Red Devils n'ont pas à chercher bien loin pour trouver le meilleur exemple d'une chute vertigineuse. De l'autre côté de la chaîne Pennine, à un peu plus de 50 kilomètres de Manchester, Leeds United n'en finit par de mourir. Pourtant, les supporters des Whites se souviennent encore avec émotion des trois titres de champion d'Angleterre du club, des épopées européennes qui les avaient menés en demi-finale de la Coupe UEFA et de la Ligue des champions de l'UEFA en 2000 et 2001... Mais tout ça, c'était avant. Aujourd'hui, Leeds s'apprête à boucler sa deuxième saison consécutive en troisième division et, à moins de parvenir à remonter un handicap d'un but face à Millwall, ce soir en match retour des barrages, l'ancien géant du Yorkshire devrait prolonger son bail à ce niveau.
En cas d'échec, les supporters de Leeds pourront au moins se consoler en constatant qu'ils seront en bonne compagnie la saison prochaine en League One. En effet, les trois formations de l'étage supérieur qui viennent d'être reléguées sont toutes d'anciennes habituées de la Premier League. Outre Southampton, finaliste de la FA Cup en 2003, Charlton Athletic et Norwich City se préparent à vivre l'enfer. Néanmoins, tous les grands ne sont pas condamnés à se retrouver aussi bas. Nottingham Forest, champion d'Europe 1979 et 1980, a ainsi réussi à sauver sa place en Championship. Mieux encore, Wolverhampton Wanderers, trois fois champion d'Angleterre dans les années 50, est de retour en Premier League.
Parmi les autres clubs au passé prestigieux qui s'apprêtent à retrouver l'élite, le cas de Lens est particulièrement intéressant. Relégué à l'issue de la saison 2007/08, le champion de France 1998 a fait le nécessaire pour éviter de s'éterniser en Ligue 2. Strasbourg, Montpellier et Metz sont toujours à la lutte pour les deux autres accessits. A l'autre bout du classement, on retrouve cependant un autre géant déchu. Après avoir régné sans partage sur le football français pendant les années 50 et 60, le Stade de Reims végète aujourd'hui juste au-dessus de la zone de relégation.
L'époque où les Raymond Kopa et autres Just Fontaine avaient permis au club champenois de disputer deux finales de Coupe d'Europe des Clubs Champions semblent aujourd'hui bien loin. Reims n'a plus que trois matches pour sauver ce qui peut l'être. Pour ce faire, les dirigeants miseront sur l'expérience de Luis Fernandez, qui a déjà mené avec succès d'autres opérations survie en Espagne, notamment avec l'Espanyol et le Betis Séville.
Espagnols à la peine, Allemands à la lutte
En sauvant le Betis en 2007, l'ancien international français avait indirectement condamné deux équipes historiques de l'élite espagnole. Deux ans plus tard, aucune de ces deux vieilles gloires ne semble en mesure de reconquérir son statut. Championne d'Espagne à deux reprises dans les années 80, la Real Sociedad compte huit points de retard sur les formations de tête. Le Celta Vigo, lui, a d'autres préoccupations : il ne compte en effet que cinq longueurs d'avance sur le premier relégable. Dans ce contexte morose, c'est finalement le Real Saragosse qui s'en tire le mieux. Los Blanquillos, vainqueurs de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupes en 1995 et finalistes de la Coupe d'Espagne en 2006, occupent actuellement la troisième place, synonyme de promotion en Liga. Leur marge de manœuvre reste cependant limitée, puisqu'ils ne totalisent qu'un et trois points d'avance sur Hercules et le Rayo Vallecano.
En Allemagne, Nuremberg s'accroche toujours au dernier strapontin pour l'élite. L'équipe aux neuf titres de champion d'Allemagne reste à la lutte avec Kaiserslautern, qui était entré dans l'histoire en 1998 en devenant le premier promu à remporter la Bundesliga. A deux journées de la fin de la saison, les roten Teufel possèdent néanmoins une confortable avance de quatre longueurs sur leur premier poursuivant.
Ailleurs, Bari et Parme semblent bien partis pour faire leur grand retour en Serie A la saison prochaine. En Hongrie, Ferencvaros a d'ores et déjà son billet en poche. Après trois années passées en deuxième division suite à des problèmes financiers, le club le plus titré et le plus populaire du pays effectuera son retour sur le devant de la scène en 2009/10.
Triomphes et déchéances
Bien entendu, l'Europe n'a pas le monopole des chefs-d'œuvre en péril. En Afrique du Sud, Jomo Cosmos a validé son billet pour la Premier League ce dimanche, à la faveur d'une victoire à l'arraché (2:1) sur les Carara Kicks en barrage.
Liaoning, sacré champion de RP Chine à dix reprises entre 1978 et 1993, espère lui aussi connaître un dénouement aussi heureux. Le club de Jinzhou a récemment perdu la place de leader de deuxième division au profit de Shanghai Dongya, mais l'arrivée aux commandes de l'ancien buteur Ma Lin en début de saison suscite toujours un énorme enthousiasme du côté des fans. L'humeur est loin d'être aussi excellente du côté de Tokyo Verdy qui, malgré son palmarès et son prestige, se languit actuellement à la huitième place de la J-League Division 2, à 14 longueurs des leaders.
Si le Cosmos a gagné son pari et si les clubs asiatiques en savent déjà un peu plus sur leur avenir à court terme, Vasco da Gama entame tout juste le long chemin de croix qui devrait le ramener parmi l'élite. Ce n'est pas la première fois qu'un ténor brésilien se retrouve à fréquenter les bas-fonds de la Serie B : ces dernières années, les Corinthians, l'Atlético Mineiro, Botafogo et Palmeiras y ont tous fait des séjours plus ou moins prolongés. Cependant, la relégation de Vasco a été très mal vécue par les supporters car le club de Rio de Janeiro faisait jusqu'alors partie d'un groupe de quatre équipes qui n'avait jamais manqué une seule édition du Brasileirao depuis son lancement en 1971.
O Gigante da Colina a débuté son parcours sur une victoire 1:0 face à Brasiliense, ce samedi. La présence d'un joueur d'expérience comme Carlos Alberto, championd'Europe 2004 avec Porto, aux côtés du jeune prodige Philippe Coutinho fait de Vasco l'un des grands favoris pour le titre. Il lui reste désormais à justifier sa réputation sur le terrain.
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