Parce qu'il était un monument à Arsenal, Henry était plus attendu que les autres au Barça, mais peu importe, il a réussi à mettre tout le monde dans sa poche cette saison.

A force de travail et d'efforts, mais aussi parce que le talent ne s'était pas évaporé, Henry, 31 ans et champion d'Espagne depuis samedi, a réussi à se faire définitivement adoubé par le Camp Nou.

La saison dernière, il n'échappait pas aux critiques de la presse espagnole, qui rappelait sans cesse son passé d'Henry roi d'Angleterre. Le Français se défendait arguant qu'au Barça "ce (n'était) pas pareil". "Sur le côté il faut faire plus d'efforts pour défendre et peut-être que j'arrive moins affûté dans la surface de réparation", avançait-il.

Il ne rechignait pas à la tâche pourtant, jouant à l'occasion blessé pour rendre service à l'entraîneur Frank Rijkaard. Il s'attirait ainsi les louanges du grand Johan Cruyff: "On l'a critiqué alors qu'il donnait plus qu'il ne pouvait. D'autres auraient quitté le navire avant".

Mais cela ne suffisait pas. Supporteurs et observateurs attendaient mieux du meilleur buteur de l'histoire des "Gunners" (226 buts en 370 matches).

Pire, certains lui préféraient le jeune Bojan Krkic, étoile montante du Barça et du foot espagnol.

"La saison dernière nous ne jouions pas à un bon niveau et il semblait que c'était seulement de sa faute", a souligné Samuel Eto'o cette saison, ajoutant que la presse avait souvent été injuste avec le Français.

Alors, quel changement majeur a permis à Henry, mal aimé hier, d'être adulé comme les autres aujourd'hui? Fondamentalement, pas grand chose.

Hémisphère
Si, l'attaquant français dit s'être parfaitement adapté et surtout, avoir compris un club qui se revendique "mes que un club" (plus qu'un club, en catalan).

Henry a écouté, observé, et fini par se faire une place dans cette institution.

"Avant de comprendre ce que veut dire ce maillot, il faut comprendre le club, la ville. L'an dernier, je l'ai compris tard au cours de la saison. J'étais dans l'hémisphère nord et le club dans l'hémisphère sud", a-t-il confié cette saison.

La confiance du nouvel entraîneur Josep Guardiola et un mystérieux tatouage au poignet droit ont fait le reste. Et le capitaine des "Bleus", en bon diplomate, a fini par s'adapter à son poste d'ailier gauche, renvoyant le jeune Bojan sur le banc des remplaçants.

Les chiffres parlent indéniablement pour l'international français: 26 buts cette saison (19 en Liga, six en Ligue des champions et un en Coupe d'Espagne) contre 19 au total la saison passée.

Sans oublier que "Titi", au même titre qu'Eto'o, Messi ou Iniesta, a fait basculer des matches à lui tout seul: contre Valence en Championnat (un triplé et une victoire 4-0) ou face à Lyon en Ligue des champions (auteur de l'égalisation à l'aller et d'un doublé au retour lors du succès 5-2).

Plus récemment, il a été le déclic de la mise à mort du Real Madrid lors du "Clasico" (victoire 6-2 et deux nouveaux buts).

C'est certain, beaucoup des supporteurs qui souhaitaient presque son retour en Angleterre vont désormais croiser les doigts pour qu'Henry, blessé au genou, puisse jouer contre Manchester United le 27 mai.