A 67 ans et fort d'un onzième titre de champion d'Angleterre remporté samedi, l'entraîneur de Manchester United, Alex Ferguson, ne veut pas entendre parler de retraite, convaincu que lui et son équipe vont continuer à se couvrir de gloire dans les années à venir.

Aux supporteurs, il a lancé samedi: "Maintenant, on a un joli voyage à faire à Rome", siège de la finale de la Ligue des champions contre le FC Barcelone le 27 mai. "Et on va ramener la Coupe."

Mais conserver le trophée majeur du football de clubs (ce qu'aucune formation n'a fait depuis l'AC Milan en 1990) ou rejoindre l'entraîneur de Liverpool Bob Paisley comme seul technicien à le gagner trois fois, ne suffira pas à assécher la soif de victoires de l'Ecossais.

Ferguson veut toujours plus. Il veut installer Manchester comme la force hégémonique d'une époque, la marquer de son sceau comme le Real Madrid, l'Ajax Amsterdam, Liverpool et l'AC Milan ont pu le faire lors des décennies précédentes.

"Nous en sommes évidemment capables", juge le vétéran Ryan Giggs, qui a été de toutes les campagnes victorieuses de son mentor. "Gagner à Rome nous apporterait une confiance incroyable pour recommencer la saison prochaine".

Le titre remporté samedi est le 18e de Manchester United, soit autant que Liverpool, club le plus titré du pays.

"Patient"
Ferguson aurait pu tirer sa révérence sur cet énième triomphe, après 23 ans de bons et loyaux services. "Je ne l'envisage même pas", a-t-il immédiatement rétorqué à la suggestion. "Je ne cherche pas à égaler quiconque. Je veux que nous soyons les meilleurs."

"Je vais continuer. Je resterai entraîneur jusqu'à ce que ma santé me dise d'arrêter", poursuit-il.

Pourtant, quand Chelsea a remporté deux titres de rang sous la houlette du jeune et brillant Jose Mourinho, Ferguson a senti la commisération dans les regards qui le réduisaient au rang de monument d'une époque révolue. Il a même brièvement pensé raccrocher, sa "plus grande erreur", dira-t-il après.

Mais durant cette période de doute, "il a été patient, car il savait que cette équipe serait bonne dans les deux ans", raconte Giggs. "Nous avons fait ce que nous faisons toujours: identifié les secteurs qui avaient besoin d'être renforcés, amener à maturité des jeunes joueurs, mais uniquement ceux dont nous pensions qu'ils allaient devenir très spéciaux", raconte Ferguson.

L'apport des Cristiano Ronaldo, Wayne Rooney, Darren Fletcher, Nemanja Vidic, Patrice Evra, recrutés année après année, a finalement payé. Comme paieront sans doute à l'avenir ceux des Rafael, Fabio, Anderson, Federico Macheda, Danny Welbeck, et de ceux que les recruteurs du club repèrent aujourd'hui, du Lancashire au Brésil.

"Cette équipe a encore du chemin à faire", prévient Ferguson qui prévoit d'être encore là "cinq ans". Il prévient déjà: "La saison prochaine, on veut le refaire".