Première saison à la tête de l'Inter, premier scudetto: Jose Mourinho n'a pas tardé à conquérir l'Italie au terme d'un championnat où son équipe, en mêlant puissance physique et réalisme offensif, n'a pas laissé l'ombre d'une chance à ses adversaires.
Après ses sacres avec le FC Porto et Chelsea, l'entraîneur portugais de 46 ans, dont l'arrivée à Milan avait constitué "le" transfert de la dernière intersaison, triomphe dans un troisième grand championnat.
Avant la saison prochaine, où un défi bien plus considérable encore l'attend, soit remporter la Ligue des Champions, voici une revue en mots-clés de sa saison :
Puissance, solidité, réalisme: au départ, Mourinho prônait un jeu ambitieux en 4-3-3. Mais devant le manque d'efficacité des ailiers Mancini et Quaresma qu'il avait recrutés, il est vite revenu à d'autres principes, ceux qui ont fait sa réputation: une défense de fer, un milieu travailleur, plus physique que technique et, devant, un grand buteur (Ibrahimovic) pour faire la différence.
Malgré quelques coups d'éclat comme contre la Roma (0-4), l'Inter a le plus souvent gagné grâce à un écart minimum après s'être appliquée à empêcher l'adversaire de faire son jeu. A ce titre, la victoire fin novembre contre la Juve (1-0) est emblématique: les Turinois n'ont tiré qu'une seule fois au but.
C'est ainsi que l'Inter a pris la tête début novembre et ne l'a ensuite plus lâchée jusqu'à son sacre samedi, à trois journées de la fin. Malgré un fléchissement au cours du printemps, elle est toujours parvenue à maintenir un écart conséquent sur ses adversaires, l'AC Milan (2e) et la Juve (3e), grâce à un gros coup d'accélérateur en novembre-décembre (huit succès de rang).
Expérience: Mourinho s'est vite reposé sur un groupe de joueurs cadres à qui il a confié les clés de l'équipe: le gardien Julio Cesar - qui, et ce n'est pas un mince exploit, est désormais considéré comme le meilleur gardien de Serie A devant Gianluigi Buffon -, le défenseur latéral Maicon, les milieux défensifs Zanetti et Cambiasso et, enfin et surtout, Ibrahimovic. Ce dernier a toujours été déterminant, ses 21 buts rapportant à eux seuls 27 points (soit près de 35% du total).
Jeunesse: deux des plus grands espoirs italiens, l'attaquant Mario Balotelli et le latéral Davide Santon, 18 ans, sont d'ores et déjà profondément marqués par Mourinho. Au cours de l'hiver, mécontent de la faible implication du premier lors des entraînements, Mourinho l'a expédié en Primavera, l'équipe de jeunes: un séjour qui a porté ses fruits, puisque Balotelli est revenu transformé au printemps. Quant à Santon, le Portugais l'a lancé dans le grand bain en janvier et, deux matches plus tard, il était déjà titulaire.
Style: comme attendu, le Portugais a régalé les médias italiens. Bons mots, petites phrases, provocations, coups de sang... toute la palette y est passée et ses collègues, Claudio Ranieri (Juve) en tête, en ont pris pour leur grade. Ses déclarations début mars sur la Juve, le Milan et la Roma qui, prédisait-il, auront "zéro titre" en fin de saison, sont désormais devenues culte chez les tifosi qui, samedi pour fêter le scudetto, n'ont pas manqué de le chanter.
