Un an après sa remontée en Ligue 1, le FC Nantes, proche de retrouver l'étage inférieur avec son avant-dernière place, à 3 points du premier non-relégable, se demande de quoi demain sera fait, en L2 ou en L1.

"Par définition, je ne peux pas vous parler des conséquences avant le 31 mai. Nous pouvons encore nous en sortir", rappelle Pascal Praud, le directeur général délégué du club octuple champion de France.

+ Baup va-t-il rester ?
"Ici, il y a tout pour travailler. Ca transpire le foot, les habitudes du haut niveau", lançait l'homme à la casquette peu après son arrivée. Aujourd'hui, l'entraîneur champion de France avec Bordeaux en 1999, apparaît résigné et fatigué, malgré un discours volontairement positif. Appelé au chevet de la maison jaune le 2 septembre en remplacement de Michel Der Zakarian, alors que le club était dernier, Baup a un temps relancé les Canaris, avec 3 victoires lors de ses cinq premiers matches de L1. Au soir de la 22e journée et d'une victoire au Mans le 31 janvier, Nantes pointait à la 13e place, son meilleur classement. Depuis, Baup semble avoir perdu la main sur ses joueurs. "Je ne pensais jamais voir ça", a-t-il même lâché après la déroute de ses hommes à domicile contre Le Havre (1-2) début mai. Baup, qui accepte beaucoup de couleuvres, comme de faire entrer Ivan Klasnic face au Havre à la demande du président, partira sous d'autres cieux si le FCN descend.

+ Quid de l'effectif ?
Pléthorique, "c'est une force qui tire un peu le groupe vers le bas", notait Baup en novembre 2008. Malgré les départs de Goussé (Libourne/Nat, prêt) ou Gravgaard (prêt à Hambourg qui ne lèvera pas l'option d'achat), la situation n'a pas franchement évolué depuis. Surtout, le recrutement a été raté, à commencer par Ivan Klasnic, le serial buteur du Werder Brême auteur de seulement 5 buts. Klasnic, dont le contrat court sur encore trois saisons, a des touches en Allemagne. Le FCN ne pourrait assurer son salaire en L2. "En revanche, ils ne faut pas que les joueurs croient trouver des portes de sortie en cas de descente", répétait dernièrement un technicien du club. La masse salariale est élevée, à l'image des 60.000 euros versés à Bagayoko. "Dans le vestiaire, il n'y jamais eu des heurts entre joueurs, des accrochages forts, des bagarres comme j'ai pu le connaître dans d'autres groupes", explique Baup. "Après, il y a peut-être des non-dits comme partout mais pas un vestiaire divisé", insiste-t-il. Descente ou non, le vestiaire sera en tout cas à recomposer.

+ Comment les supporteurs accepteraient-ils une nouvelle descente ?
Depuis plusieurs semaines, leur mécontentement se fait plus pressant. Au point même de s'exposer loin de la Beaujoire, avec une échauffourée entre le président Kita et certains supporteurs le soir de la finale de Coupe de France, à Saint-Denis (les - de 18 ans Canaris jouaient la finale de la Gambardella). Cette semaine, la Brigade Loire a publié un communiqué où ses membres se disent "convaincus que M. Kita n'est pas l'homme de la situation". Dans le texte, transparaît l'idée que leur soutien sera le même quoi qu'il arrive pour le FC Nantes "mais certainement pas pour les personnes à sa tête ni pour les pseudo-joueurs souillant le maillot jaune".

+ Kita va-t-il rester ?
C'est une question déjà tranchée, au moins officiellement. "Waldemar Kita restera quoi qu'il arrive, il l'a dit", répète Pascal Praud. "Autrement, il perdra tout son investissement, donc la seule chose dont on est sûr aujourd'hui c'est qu'il restera." De fait, peu de repreneurs semblent tentés par le flambeau, surtout en L2. Si Kita reste, les supporters lui mèneront la vie dure. Est-il prêt à le supporter après avoir investi plus de 30 millions dans le FCN et perdu autant dans des placements financiers à risque ?