De l'accident cardiaque de Sommeil à la fracture de Lacourt en passant par une phase aller catastrophique, Valenciennes, qui a sauvé sa place en L1 avant son dernier match samedi à Saint-Etienne, a vécu une saison douloureuse humainement et sportivement.

Le 20 août, c'est comme si le club et les joueurs avaient été aussi foudroyés. La troisième année de suite en L1 des Nordistes débute à peine lorsque, à l'issue d'un banal entraînement, le défenseur et chef de vestiaire David Sommeil s'écroule, victime d'un très grave malaise cardiaque.

Le joueur ne se remettra jamais totalement de cet accident. Sa carrière est terminée. Ses coéquipiers, eux, digèreront difficilement l'absence de leur copain au chevet duquel ils se succèdent. Sans que l'entraîneur Antoine Kombouaré établisse un lien de cause à effet, l'équipe plonge sportivement.

Certes, au surlendemain de ce drame, les Nordistes ont battu Lorient (3-1). Mais ensuite, c'est une longue et douloureuse descente aux enfers qui s'est dessinée. Les défaites se suivent et se ressemblent. L'équipe ne joue pas si mal mais elle n'y arrive plus. Comme s'il y avait un blocage...

L'ambiance est devenue lourde autour de Nungesser. La présence de Sommeil imprègne toujours les esprits et les vestiaires. Mais il n'y a pas de révolte. Et le VAFC semble tomber inéluctablement vers la L2: vingtième après treize journées avec seulement neuf points....

La tension monte encore d'un cran à l'image du défenseur Jacques Abardonado qui claque la porte à la mi-temps du match contre Sochaux (2-2), fin novembre. Mais finalement, le groupe se ressoude autour de son chef de clan Kombouaré, mis sous pression par le président Francis Decourrière mais qui ne change pas ses méthodes.

L'effet Darcheville
Paradoxalement, c'est un calendrier difficile qui va permettre aux Nordistes de reprendre espoir. Un nul à Lyon dans des conditions climatiques dantesques (0-0), une défaite très encourageante à Bordeaux (1-2), une victoire devant Monaco (3-1) puis un nul à Paris (2-2) vont les remettre sur pied avant la trêve.

L'effectif n'est pas pléthorique et surtout pas épargné par les blessures. Mais cette difficulté supplémentaire n'affecte pas une équipe dont l'esprit est loué par tous les observateurs. VA n'a pas effacé sa douleur mais a retrouvé un peu le sourire en sortant enfin de la zone rouge.

Entre le 13 décembre et le 11 avril, Valenciennes signe une série de 6 victoires et 7 nuls. Avec comme élément moteur du renouveau l'attaquant Jean-Claude Darcheville, appelé à l'aide par Antoine Kombouaré lors du mercato hivernal. Le Guyanais ne sera pas tout le temps sur le terrain mais va toujours dynamiser le vestiaire.

Dans la série des coups du sort, les Nordistes vont encore subir la grave blessure de Jonathan Lacourt en mars. Pion important au milieu de terrain, il est victime en mars d'une fracture tibia-péroné après un tacle avec son copain rennais Kader Mangane.

Ce coup dur du printemps ne glacera pas la formation nordiste. Lyon qui a perdu ses illusions d'un huitième titre de rang repart battu (2-0) de Nungesser où s'évanouissent également les rêves de Ligue des champions du Paris SG, défait (2-1). Kombouaré peut partir au... PSG l'esprit tranquille.