Depuis la défaite à Sochaux synonyme de relégation officieuse en Ligue 2, le FC Nantes a vécu une semaine au scénario mouvementé, entre colère des supporteurs et rumeurs insistantes, qui trouvera son épilogue samedi avec la venue d'Auxerre pour la dernière journée de Ligue 1.

A Nantes cette semaine, le festival des Canaris a pris le relais du rendez cinématographique cannois. Et la palme revient, par ordre chronologique, aux supporteurs du club octuple champion de France, acteurs principaux de l'après-match, ulcérés par le niveau de jeu affligeant de leurs protégés.

Dans la nuit de samedi à dimanche, quelques heures après la défaite de trop à Sochaux (1-2) qui, sauf miracle, a envoyé Nantes en L2 pour la 2e fois en trois ans, une petite dizaine d'entre eux a accueilli joueurs et staff à l'aéroport, sans violence.

Dimanche matin, le ton a changé quand ceux qui avaient fait le déplacement en bus dans le Doubs arrivèrent à la Jonelière, le centre d'entraînement, après 28 heures de route.

"On voulait leur faire comprendre que nous sommes allés à Sochaux, et qu'on en revenait seulement à cette heure-là. On voulait qu'ils le comprennent, qu'ils voient ce que ça signifie alors qu'eux, les joueurs, étaient arrivés tranquille depuis longtemps", explique Romuald, un des membres de Brigade Loire.

Manifestation ou marche funèbre ?
De fait, les joueurs ont rapidement compris, un peu moins les quelques forces de l'ordre dépêchées en prévention aux abords du centre, vite débordées par la cinquantaine de jeunes gens dont certains étaient encagoulés.

Quelques coups sur le capot de la voiture de Djamel Abdoun plus tard, le calme est revenu. C'était avant la tempête du lundi, venue cette fois des coulisses.

La rumeur de la prochaine arrivée de l'entraîneur de Lorient Christian Gourcuff a ainsi déferlé sur les bords de l'Erdre, au point d'obliger la direction du club à la démentir par voie de communiqué. Restent que des contacts ont bien été pris avec le technicien, sous contrat avec les Merlus jusqu'en 2010 et que son club ne veut pas lâcher. Jeudi, le feuilleton a semblé trouver une issue, Gourcuff ayant décider d'honorer sa dernière année de contrat, tout en refusant de prolonger...

Le coach nantais Elie Baup n'a pas voulu entrer dans ce débat, invitant à "la dignité". Sous contrat jusqu'en 2010, il ne cache quasiment plus son envie d'aller voir ailleurs.

Mardi, les joueurs ont de nouveau capté les projecteurs, surtout Capoue et Dossevi qui se sont livré une belle joute verbale, séparés par Guirane N'Daw durant l'entraînement.

Le lendemain, le club a repris la main, dévoilant les tarifs d'abonnement pour la saison prochaine, divisés par deux, pour revenir au niveau de la précédente saison en L2. L'objectif est d'éviter les représentations à vide.

Samedi, le rideau tombera sur la saison avec la réception d'Auxerre. Vers 18h00, la Brigade Loire a appelé tous les amoureux des Canaris à manifester, mais le défilé aura plutôt des allures de marche funèbre. A l'issue de la rencontre, les supporteurs, "résignés", n'imaginent même pas possible un remake de 2007, lorsque le terrain de la Beaujoire avait été envahi. Mais à Nantes, un scénario peut toujours en cacher un autre.