Marseille a joliment rempli samedi devant Rennes lors de la 38e journée de L1 sa part du contrat en pliant le match en sept minutes après la pause (4-0) mais, 17 ans après son dernier titre de champion de France, devra encore patienter pour retrouver les joies d'un sacre.
L'OM peut au moins s'enorgueillir d'un trophée: celui de la meilleure attaque de L1, qui a flambé samedi comme au premier match de la saison devant la même victime (4-4)...
Ce carton-là vient cruellement raviver les regrets marseillais. Car c'est sur sa pelouse que l'OM a précisément "jeté des points", comme le répétait encore le coach marseillais Eric Gerets. Soit quatre défaites et cinq nuls: rédhibitoire pour un prétendant au titre.
N'empêche: pour la 3e année consécutive, l'OM retrouve la Ligue des champions, cette fois sans passer par la périlleuse case "tour préliminaire". Le bilan sportif est donc satisfaisant, celui du coeur plus mitigé. Manque en effet l'ivresse du titre, la folie sur le Vieux-Port, la sensation d'avoir enfin forcé la porte du destin, 17 ans après le dernier titre... Marseille a eu les cartes en main, mais les a galvaudées devant Lyon lors de la 36e journée, au Vélodrome bien sûr (1-3).
Sous le chaud soleil de la Commanderie plus tôt dans la journée, le président marseillais Pape Diouf avait livré par anticipation son analyse de la saison: "Nous serions déçus de ne pas être champions mais en aucune manière nous ne pourrions parler d'un échec. Cette saison aura été remplie".
Pour toucher au rêve, il fallait, condition nécessaire mais bien sûr non suffisante, un OM de combat devant des Bretons minés par les blessures. Gerets, encore acclamé au coup d'envoi, devait, lui, faire sans trois titulaires suspendus (Cana, Brandao et Valbuena).
La première période laissait en la matière le Vélodrome sur sa faim. Car en guise d'occasion franche, seul un coup-franc splendide de Zenden que Douchez repoussait sur sa barre valait d'être signalé (36). L'OM avait certes la main, et M'Bami sortait un match de gros calibre, comme Niang qui ne lâchait rien seul en pointe en l'absence de Brandao et Ben Arfa tranchant dans l'axe. Mais le dernier geste n'était pas toujours le bon et Rennes savait resserrer ses lignes à bon escient. Douchez faisait aussi il est vrai valoir ses talents.
Rendu silencieux par le but de Bordeaux à Caen, le Vélodrome trouvait finalement le réconfort auprès des siens... En sept minutes, Rennes prenait en effet l'eau sous l'impulsion quasiment d'un seul homme, Baky Koné. D'une frappe croisée sur un service de Taiwo, l'Ivoirien, peu à l'aise avant la pause, ouvrait la marque (1-00, 52). Il offrait ensuite la balle du 2e but à Niang, décalé (2-0, 57), avant de crucifier Douchez d'une frappe enroulée qui touchait le poteau pour rebondir sur le dos du malheureux portier breton et finir dans ses filets (3-0, 59).
Et comme pour enflammer les choses, le Vélodrome crut un instant à un but caennais et poussa un cri rageur. Fausse info! Ce qui n'empêchait pas Niang d'alourdir la note sur une passe subtile de Cheyrou (4-0, 71). Et le stade d'acclamer de nouveau Gerets au coup de sifflet final. Le technicien belge salua le public comme au théâtre, avant de disparaître dans le tunnel du Vélodrome...
