Le rideau vient de tomber sur la saison 2008/09 espagnole. Cet exercice aura été marqué par l'hégémonie d'un FC Barcelone qui a clôturé un parcours de rêve par le triplé Liga - Copa del Rey - Ligue des champions de l'UEFA. Le tout, grâce à un délice de football.
FIFA.com dresse le bilan du championnat espagnol.
Une machine à gagner
Une belle histoire qui se termine bien. Ainsi pourrait-on résumer le parcours du Barça sur les neuf mois de championnat. Après des débuts poussifs, une défaite contre Numancia et nul avec le Racing Santander, le nouvel entraîneur Josep Guardiola, néophyte à ce niveau mais figure de la culture blaugrana, n'avait plus beaucoup de marge de manœuvre.
La leçon de football donnée au Sporting de Gijón a agi comme un déclic et transformé l'équipe en une irrésistible machine à gagner jusqu'à la fin de la saison. La domination du Barça a été telle qu'il a compté jusqu'à 12 points d'avance sur son premier poursuivant et éternel rival, le Real Madrid.
L'effectif n'a pourtant pas bougé à l'intersaison. Comme de coutume, le club catalan s'est appuyé sur les produits de la Masia, les Carles Puyol, Xavi Hernández, Andrés Iniesta et autres Víctor Valdés. A ce groupe sont venus se greffer avec bonheur Dani Alves, Gerard Piqué et Seydou Keita pour former un ensemble très solide en défense, avec 35 buts encaissés seulement, et irrésistible en attaque avec 105 unités, soit deux de moins que le record de la Liga.
Un trident d'exception
L'une des clés de la réussite de Pep Guardiola a aussi été de récupérer deux excellents attaquants : Samuel Eto'o et Thierry Henry. Avant le début de saison, le Camerounais était pratiquement écarté du groupe. Quant à l'ancien Gunner, il s'était montré plutôt discret avec Frank Rijkaard. Pep a su trouver les mots et les systèmes pour remettre les deux hommes dans le circuit. Avec l'Argentin Lionel Messi, ils ont formé le trident offensif le plus performant d'Europe, avec 100 buts inscrits toutes compétitions confondues, parmi lesquels 72 en Liga.
Les Blaugranas ont battu pratiquement tous les record de la compétition : record de points dans un format à 20 équipes (87), record de victoires consécutives à domicile (9), 35 rencontres de rang en trouvant le chemin des filets, Trophée Zamora du meilleur gardien pour Valdés. Le seul regret sera peut-être pour Samuel Eto'o, qui n'a pu concrétiser ses rêves de pichichi et de Soulier d'or européen, la faute à Diego Forlán. Avec 32 buts à son actif, l'attaquant uruguayen de l'Atlético de Madrid a devancé le Lion indomptable au cours des dernières journées.
La Ligue des champions pour se consoler
Tenant du titre, le Real Madrid a paru bien mal en point face à la toute puissance catalane. Après une saison marquée par la polémique et les problèmes extra-sportifs, il s'attaque au chantier de la rénovation. Malgré tout, les Merengues n'ont pas lâché l'affaire... jusqu'au clásico disputé au mois de mai à Santiago Bernabéu. Après l'historique triomphe 6:2 du Barça, l'affaire était définitivement entendue.
Jusque-là, l'équipe de Juande Ramos, qui a remplacé Bernd Schuster en décembre, avait réussi à grignoter son retard pour arriver à quatre points de la tête. Grâce à un jeu efficace, les hommes de la capitale ont réalisé une excellente phase retour.
Cette bonne deuxième partie de saison a permis au Real d'assurer sa présence dans la prochaine Ligue des champions de l'UEFA. Il y sera aussi accompagné par le FC Séville, qui fait son retour dans l'élite européenne, et par l'Atlético de Madrid, qui a dû attendre la dernière journée pour renouveler son bail. Dans leur entreprise, les Colchoneros ont pu s'appuyer sur le tandem dévastateur formé par le pichichi Diego Forlán (32) et l'Argentin Sergio Agüero (17).
Les clubs valenciens en Europa League
Après s'être battus pour une place dans la cour des grands lors des dernières journées, Valence et Villarreal doivent se contenter de la nouvelle Coupe de l'UEFA, l'Europa League. Le troisième club espagnol dans la deuxième compétition de l'UEFA sera l'Athletic Bilbao, finaliste de la Copa del Rey remportée par le Barça.
Le Deportivo La Corogne et le promu Malaga, révélation de cette saison, ont pu rêver à un ticket européen jusqu'à l'épilogue.
Les larmes du Betis
Dans la lutte pour le maintien, l'Espanyol de Barcelone, lanterne rouge à l'issue de la phase aller, s'est bien ressaisi. L'arrivée aux commandes de Mauricio Pochettino n'est pas étrangère à ce redressement. L'Argentin a su mobiliser ses anciens coéquipiers pour assurer la survie du deuxième club barcelonais dans l'élite.
Lors de la dernière journée, ils étaient cinq à jouer leur peau. Au final, Getafe, Valladolid, Osasuna et le Sporting de Gijón ont eu le bonheur d'assurer le maintien. En revanche, les supporters du Betis Séville ont eu la tristesse de voir leur club descendre à l'échelon inférieur, à l'instar du doyen du football espagnol, le Recreativo de Huelva, et de Numancia.
